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Le coach du NMF, garant de l’identité de jeu nantaise depuis la naissance du club en 2017, devrait sans aucun doute s’installer de nouveau sur le banc des Eléphants à la reprise. Oui, mais quand ? La question est plus que jamais d’actualité, en plein épisode de Covid-19. Bilan de la saison, mercato et objectifs à la rentrée : on fait le point avec le technicien.

Fabrice, tout d’abord comment allez-vous, après ces huit longues semaines de confinement ?
On s’adapte. Comme tout le monde, j’ai pris mon mal en patience au fil de cette période galère. J’ai grandi à Madrid, épicentre de l’épidémie en Espagne, et là-bas la population a vécu un véritable chaos, des proches ont d’ailleurs été concernés par ce satané virus... Aujourd’hui, on essaie de retrouver un semblant de normalité.

La FFF a décidé de stopper le championnat de D1 au terme de la 15e journée, le NMF terminant 8e de ce top 12. Comment jugez-vous l’exercice écoulé ?
Honnêtement, le classement est anecdotique, d’autant que l’on aurait pu terminer nettement plus haut, car notre calendrier était favorable sur les derniers matches à disputer. Ce que je retiens surtout, c’est que les instances ont retenu la seule et unique solution envisageable : il fallait tout arrêter, sans ambigüité. C’était la seule option possible pour éviter une seconde vague, pour ne pas mettre trop en péril non plus la saison à venir. Nous étions concernés au premier plan, car pas mal de joueurs étrangers, notamment Espagnols, évoluent sous nos couleurs. En Espagne par exemple, les trois premières divisions de futsal vont reprendre, en configuration play-offs, sur un seul et même site. Honnêtement, je ne suis pas certain que ce soit le meilleur choix.

Avez-vous pu tirer des enseignements d’un point de vue collectif ?
Oui, dans l’ensemble on a été trop inconstants. On a vécu des périodes compliquées, d’autres avec un pic de forme, mais on n’a jamais su être au top mentalement. On avait un bel effectif, mais on n’a pas forcément su en tirer le meilleur. L’été dernier, on avait perdu deux très bons éléments (Josete et Mike Guerra) et il a donc fallu se réadapter collectivement. Il y a tout de même des motifs de satisfaction à noter : notre modèle de jeu a évolué, notamment en position 3-1, avec l’apport de Wilmer Cabarcas sur le poste de pivot. Cela a fait évoluer notre style, mais j’aurais aimé que l’on soit capable aussi d’être efficace dans d’autres systèmes tactiques. Dans ce registre, nous sommes encore nettement perfectibles.

S’appuyer sur une ossature de 7-8 joueurs majeurs à la reprise

Arrivez-vous à vous projeter sur un retour sur les parquets ?
Non, du tout. Aujourd’hui, les salles ne sont pas accessibles, les regroupements de joueurs sont interdits donc impossible d’envisager une quelconque reprise. On fera avec le calendrier, on s’adaptera. Septembre, octobre : on ne sait pas quand on pourra reprendre le championnat. Aucune date n’est également fixée concernant la prépa.

fabrice gacougnolle 1 credit marta ros photography

Et quid du recrutement ?
Dans ce registre-là en revanche, on avance (sourire). On est resté en contact régulier avec les joueurs, le staff, le bureau pour envisager la suite. On s’est fixé une ligne directrice : les cadres resteront, mais on s’appuiera sur un effectif plus dense la saison prochaine, sur 7-8 joueurs majeurs (début juin, le club avait seulement officialisé les départs de l’international algérien Bryan Melki et de l'international français Steve Bendali, NDLR). Des jeunes intégreront également l’équipe fanion, puisque l’on peut s’appuyer sur un gros réservoir au club. Compter sur la formation nous semble logique, d’autant qu’au regard du contexte économique, on ne pourra pas se permettre de folies ! Comme tous les clubs, des interrogations se posent question budget, concernant le sponsoring, les subventions. On devra scruter chaque dépense à la loupe, la situation l’impose.

Quelles ambitions nourrirez-vous la saison prochaine en D1 ?
On le sait, à la rentrée, il faudra composer avec une nouvelle donnée : en D1, il y aura deux monstres : ACCS FC Paris 92 et Orchies (les deux premiers du classement déjà, au moment du confinement, NDLR). Ils évolueront dans une autre galaxie, avec des joueurs de calibre mondial, donc le titre est promis à une de ces deux équipes, j’en suis persuadé. D’autant que comme cette saison, il n’y aura pas non plus de play-offs, le Champion de France étant sacré au terme des 22 journées. Derrière, exister et se démarquer passera par le jeu. On devra tenter de réaliser quelques coups, notamment en Coupe par exemple, car on espère bien que la finale de la Coupe nationale se jouera à la maison, à Nantes, comme c’était initialement prévu fin mai cette année... Mais là non plus, on n’a pas encore de réponse. On est donc dans le flou, mais croyez-moi, on se battra !