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Chef de la rubrique handball chez beIN SPORTS et commentateur des affiches de Lidl Starligue, Thomas Ferro Villechaize a pris le temps de nous livrer son regard sur la situation actuelle du handball professionnel. Avec franchise et bonheur de parler simplement handball, dans un contexte nous privant de notre passion, voici un entretien qui, tout simplement, fait du bien !

Le hand est à l’arrêt, la fin de saison en Lidl Starligue ayant été sifflée après 18 petites journées. Comment allez-vous dans cette période difficile, qui l’est également pour la profession de journaliste ?
Le contexte est très particulier, on ne s’attend jamais à ça, c’est sûr. Je me sens aujourd’hui un peu frustré de ne plus aller sur les matches, de ne plus avoir cette adrénaline. On se sent orphelin de notre passion et surtout, totalement en manque de tout : du jeu, des moments de partage avec les techniciens, les collègues mais aussi les joueurs. C’est dur. Néanmoins, il faut aussi être conscient que la situation actuelle est extrêmement difficile pour de nombreuses personnes et je ne suis pas à plaindre. Je suis aux côtés de ma famille, j’ai cette chance, et professionnellement, à beIN SPORTS, nous sommes très bien encadrés. 

Comment est né « l’Apéro-visio », proposé sur les réseaux sociaux de la LNH pendant le confinement, réunissant de nombreux joueurs ?
C’est un moment de convivialité, de bonne humeur, qui a permis de maintenir le lien entre les joueurs, les médias, le public. L’émission était organisée par beIN SPORTS et la Ligue Nationale de Handball et on m’a confié l’animation, mais avec ces mecs-là, je deviens un simple « passeur de plats ». C’est ce que j’aime dans le hand, cette accessibilité, ce naturel des gars. Il y a du respect et de l’amitié et peu de prises de tête ou d’égos démesurés, et cela fait du bien.

Que pensez-vous de la décision d’avoir stoppé la saison de Lidl Starligue et du passage à 16 équipes dans l’élite la saison prochaine ?
Franchement, dans le contexte actuel, on ne pouvait pas faire mieux. Qu’il n’y ait pas eu de descente, c’est très bien et équitable, comme il est légitime de voir Cesson et Limoges, les deux clubs les plus solides et les plus structurés de Proligue, monter. Le projet était dans les cartons et le moment était approprié pour le mettre en route. Deux clubs de plus, cela représente 60 matches supplémentaires en tout, et cela va permettre une meilleure visibilité, encore, du handball, d’élargir la gamme. Cela entre dans une logique de progression en termes de diffusion, même s’il faudra encore réussir à mettre en place un calendrier cohérent.

 « Bravo au HBC Nantes d’avoir proposé un tel spectacle »

beIN SPORTS a tenté le pari l’an passé de diffuser tous les matches de Lidl Starligue. Un an après, quel est le bilan ? Les téléspectateurs sont-ils au rendez-vous ?
Nous diffusions le championnat depuis quatre saisons et souhaitions continuer d’évoluer et d’améliorer l’offre déjà présente pour nos abonnés, tant qualitativement que quantitativement. Nous avons alors discuté avec la Ligue et cette diffusion en multi-canaux a été choisie. Ce sont beaucoup d’investissements, techniques, humains et la première année nous prouve que nous ne nous sommes pas trompés. Ce qui compte, bien avant les chiffres d’audience, c’est la satisfaction de nos abonnés mais aussi la possibilité de faire découvrir le handball de club au plus grand nombre. Nous cartonnons sur les matches des Bleus ou certaines rencontres de Coupe d’Europe, mais pour des affiches peut-être moins clinquantes, avec tout le respect que j’ai pour tous nos clubs, il y a moins de monde, c’est sûr. Cependant, les gens qui découvrent accrochent et reviennent ensuite vers nous, apprécient le spectacle. C’est un travail engagé sur le long terme avec la Ligue pour faire progresser le handball et en tant que diffuseur, nous devons proposer le meilleur spectacle possible aux abonnés. 

 

hbc nantes papier

Quel regard portez-vous sur la saison du HBC Nantes, qui a bouclé son exercice à la seconde place ?
Impressionnante, énorme, vraiment bravo à Alberto Entrerrios et Grégory Cojean d’avoir proposé un tel spectacle, un schéma de jeu malin, intelligent, d’avoir tiré le meilleur d’un groupe exceptionnel, bien que n’étant pas épargné par les blessures, à l’image de l’absence de Gurbindo. J’ai adoré le retour au premier plan d’Olivier Nyokas, l’avènement d’Aymeric Minne qui a pris les clés du camion, le côté insubmersible de Rock Feliho et que dire d’Emil Nielsen, ce gardien tout juste incroyable qui va très rapidement devenir un monstre sur le plan international. Franchement, cette saison, qui était celle de tous les dangers avec le départ de la figure de proue du projet « H », Thierry Anti, est réussie en tous points. Et puis à Nantes, il y a aussi ce fameux public ! Je tiens sincèrement à le saluer, à dire un immense bravo tant l’ambiance est fabuleuse là-bas. Quand on me demande où se trouve le meilleur public français, je réponds toujours que je ne comprends même pas que l’on me pose cette question… Il est même, pour moi, parmi les tout meilleurs d’Europe et mérite une telle équipe ! Ce club travaille très bien à tous les étages, sur le terrain avec un staff technique et des joueurs ultra performants, dans les coulisses, les bureaux où tout le monde est efficace et investi. Nantes est un grand club, aux structures incroyables et très bien géré, que ce soit par les salariés en poste mais aussi porté par ses bénévoles.