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Après 8 semaines de confinement à soigner son cardio sur home-trainer depuis son domicile de La Roche-sur-Yon, Kévin Reza a retrouvé le macadam avec un plaisir non dissimulé ! A tout juste 32 ans, le puncheur peut désormais envisager plus concrètement une 3e participation au Tour de France, la 107e édition débutant à Nice, le 29 août prochain.

D’ici là, le poisson-pilote de Bryan Coquard au sein de l’UCI Pro Team B&B Hotels-Vital Concept peaufinera les réglages avec son leader. L’été est lancé… Kévin Reza aussi !

Kévin, comment s’est articulé ce retour à la normale pour vous, depuis mi-mai ?
Au moment du déconfinement, la reprise a été progressive : les 2-3 premières semaines, on a d’abord roulé individuellement. C’était important de se recentrer sur soi-même, de reprendre du rythme, d’être à l’écoute de ses sensations aussi, après de longues semaines sur le home-trainer. Je l’avoue : je suis ravi de goûter de nouveau au bitume (sourire) ! Je vis ma 10e saison chez les professionnels, et évidemment, c’est de loin la plus inédite, la plus délicate à gérer aussi. La crise sanitaire chamboulant le calendrier, ce fut très compliqué de se projeter, on ne savait absolument pas où l’on allait mettre les roues pendant plusieurs mois. Fort heureusement, on a désormais nettement plus de visibilité. En juin, on a repris des séances collectives pour véritablement passer en mode préparation. Aujourd’hui, on sait clairement pour quelles échéances on s’entraine (sourire)…

Début juin, votre manager Jérôme Pineau a dévoilé une pré-sélection de 10 coureurs* pour le Tour de France, sachant que 8 seulement pourront être alignés au départ. Pour vous, la Grande Boucle a-t-elle déjà commencé ?
Le staff a été clair : rien n’est acquis, rien n’est figé. En tant que coureur, surtout lorsque le Tour se profile, c’est logique d’être sous pression, car on doit rester 100% mobilisé. Nous sommes 10 en lice pour 8 places, nous le savons, mais cette concurrence est saine, elle fait partie du job. A chacun de faire ses preuves sur les courses estivales, pour démontrer qu’il a un rôle à jouer dans ce collectif.

Mi-juin, la direction sportive a organisé une semaine de stage pour effectuer une reconnaissance de certaines étapes du Tour. Un mot sur le tracé que vous avez découvert ?
Effectivement, les 10 coureurs figurant dans la pré-sélection pour le Tour étaient scindés en deux groupes. Les 5 grimpeurs/puncheurs ont reconnu le circuit proposé lors de la 2e semaine (étapes pyrénéennes), alors que notre côté, dans la cellule sprint, nous nous sommes concentrés sur les 5 premières étapes (Pays niçois, Millau, Sisteron, Gap…). Pendant une semaine, ce stage itinérant s’est révélé très plaisant… mais également exigeant ! Je peux le confirmer : les étapes seront corsées, il ne faudra pas arriver avec le moindre kilo en trop (rire) ! J’ai déjà participé deux fois au Tour (2013, 2014) et le parcours invitait à monter en puissance. Là, ce ne sera pas le cas, cette édition sera inédite. Il faudra être au taquet d’entrée (sourire)…

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Après 6 ans d’attente, on imagine que vous trépignez d’impatience ! 
Cette course reste la plus belle au monde. Elle sublime, le coureur s’y épanouit et je peux en attester (en 2013, sur la 5e étape, il avait pris part à une échappée sur 220km, finalement rattrapée à 4 km de l’arrivée, NDLR). J’ai hâte de retrouver le parfum du Tour, même si on ne sait pas encore véritablement à quoi s’attendre. Nous serons en septembre, on ne peut pas deviner si le public sera là en masse. On vivra donc une édition particulière, mais une chose est sûre : nous serons là pour bien figurer.

Quel sera votre programme d’ici au 29 août ?
Là encore, on a décomposé le calendrier entre sprinteurs et grimpeurs. Pour les grimpeurs, le Critérium du Dauphiné fera office de répétition générale (12-16 août). Pour notre cellule sprint, l’équipe a ciblé deux courses à étapes, qui permettent de progresser rapidement, de se jauger aussi. Je vais donc prendre part, au contact de Bryan Coquard notamment, à La Route d'Occitanie (1er-4 août) puis au Tour de Wallonie (16-19 août). Avant cette double échéance, nous participerons à un autre stage collectif, programmé du 18 au 25 juillet à Argelès-Gazost (Hautes-Pyrénées), qui nous permettra d’affiner les derniers réglages collectifs.

Vous évoquez Bryan Coquard. Quel type de relation entretenez-vous avec « Le Coq » ?
Avec Bryan, on se connait depuis longtemps maintenant, puisque je l’ai vu arriver en tant que néo-professionnel chez Europcar (en 2013). Notre complicité dépasse le cadre du vélo. Bryan est plus qu’un coéquipier, c’est un ami, nous sommes d’ailleurs déjà partis en vacances ensemble.
En course, on n’a pas forcément besoin de communiquer, on se comprend, la confiance est réciproque, notre relation est comme fusionnelle. On sait se dire les choses quand ça ne va pas, mais on sait également profiter lorsque tout roule. Quand j’ai débuté ma carrière, j’étais un coureur « passe-partout ». Aujourd’hui, le cyclisme a changé, les déroulés des compétitions aussi, donc je suis vraiment considéré comme un équipier, mon rôle étant d’épauler au maximum Bryan sur les derniers kilomètres. En tant que poisson pilote, je suis positionné devant Bryan à l’approche des sprints massifs. Ce sont les consignes, mais après, chaque course a évidemment son histoire.

 

* Bryan Coquard et Pierre Rolland, les deux leaders emblématiques du club, sont entourés de Frederick Backaert, Cyril Barthe, Jens Debusschere, Cyril Gautier, Quentin Pacher, Maxime Chevalier, Sebastian Schonberger et Kévin Reza dans cette pré-sélection