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Les matches défilent, les frustrations aussi. Depuis janvier, à chaque fois que les Jaune et Vert ont eu l’opportunité de basculer du bon côté du classement, en revenant dans la roue du wagon européen, le virage a été mal négocié, à l’image de la prestation insipide livrée face au LOSC (0-1). Dos au mur, le FC Nantes se retrouve au carrefour de ses ambitions. En cas de nouvelles sorties de route en mars, les Canaris verraient l’Europe définitivement s’envoler. A contrario, réaliser une bonne série ce mois-ci permettrait de maintenir l’espoir en vie. Oui, les hommes de Gourcuff sont à un tournant. Vous êtes perplexes ? Alors on vous (re)place le contexte.
Depuis la reprise, une crise de résultats
C’était hier, et pourtant 2019 semble aujourd’hui bien loin. On vous parle d’un temps où le FC Nantes affichait plus de 50% de victoires en Ligue 1 (9 succès après 19 journées). 6es à la trêve, les pensionnaires de La Jonelière ont depuis dégringolé dans la hiérarchie – même si celle-ci était alors loin d’être établie – pointant désormais en deuxième partie de tableau.
Deux mois et… 8 petits points plus tard (en 8 épisodes du championnat), c’est de saison, les chiffres sont parfois glaçants. En 2020, le FC Nantes enregistre début mars le 16e bilan de L1 (à égalité avec Angers), devançant seulement Amiens (4 points pris sur ces 2 premiers mois de compétition de l’année civile), Saint-Etienne (4) et Toulouse, qui prolonge son spleen (1). Les fins de parties à Rennes ou face au PSG, ou encore les matches « sans » à La Beaujoire contre Bordeaux puis Lille : en 8 semaines, le FCN a empilé les rendez-vous manqués. Seules éclaircies dans le tableau : la victoire au Vélodrome évidemment (où les Canaris ont inscrit pour la première fois de leur histoire 3 buts, en 43 déplacements en L1), et dans une moindre mesure les 3 points empochés dans le Chaudron stéphanois, même si les Verts baignent surtout cette année dans la tiédeur. On ne va pas se le cacher : si au moment d’attaquer le sprint final, les hommes de Gourcuff restent mathématiquement « dans le coup », c’est uniquement une question de conjoncture. Car au-delà de cela, le compte n’y est pas. Ou plus.
La saison passée, après 27 journées, le FCN (14e) ne comptait certes que 31 points (contre 37 début mars 2020), mais les Canaris avaient alors déjà tiré un trait définitif sur un quelconque ticket européen. 12 mois plus tard, la donne a évolué, la Ligue 1 nettement moins, puisque ce championnat se joue à couteaux tirés. Malgré déjà 12 défaites dans la musette, oui, Nantes reste à… 3 longueurs d’une 5e place potentiellement européenne, autant dire à un cheveu du trio Lyon-Monaco-Montpellier. Il parait que c’est aussi cela, le charme de notre championnat, alors plus de débat : soignez les résultats pour enclencher définitivement une « remontada » !
 
Stop aux portes ouvertes à La Beaujoire
Si vous êtes abonnés, on vous conseille de zapper ce paragraphe. Prolifique en début de saison à la maison, sans pour autant transporter le « mur jaune » de la Tribune Loire, le FCN est d’abord resté invaincu au Stade Louis-Fonteneau pendant 5 matches en L1, signant dans cet intervalle 4 succès 1-0 d’affilée. Depuis, l’hospitalité s’est révélée nettement plus guillerette pour les invités, puisqu’en 2020, le peuple jaune et vert attend tout bonnement son premier succès domestique en championnat (3 défaites, 1 nul). 13e équipe à domicile (6 succès, 2 nuls, 6 revers), le FC Nantes se classe même au 19e rang depuis la reprise hivernale (1 point pris en 4 réceptions… face à Metz), juste devant Toulouse, qui ferme décidément encore le ban (0 point). Au-delà du fond, on ajoutera aussi la forme, avec une statistique qui n’invite pas non plus aux réjouissances pour les puristes du beau jeu. C’est simple : avec seulement 11 buts inscrits à La Beaujoire en 14 rencontres, le FC Nantes est la formation qui marque le moins à domicile, en compagnie de Reims et… Toulouse.
A titre de comparaison, le FC Nantes version 2018-2019 avait déjà marqué le double de buts à domicile en championnat à ce stade de la saison (22 réalisations et en 13 réceptions)...
Toutefois, pour éviter que le cafard ne s’empare plus longtemps de La Beaujoire, on terminera par une note d’optimisme. Ce mois-ci, Girotto et consorts ne recevront qu’une fois, et ce sera Nîmes qui se présentera. Des « Crocos » rarement mordants à l’extérieur (18e équipe en déplacement), qui n’ont réussi à s’imposer qu’une seule petite fois loin des Costières (à Nice, 1-3, en février), encaissant au passage 27 buts en 13 voyages. Alors clairement, c’est le moment - enfin - de régaler offensivement !
 
A l’horizon : des concurrents directs !
Sur le papier, après s’être infusé successivement deux Européens en puissance (OM puis le LOSC), le menu qui se profile semble plus digeste (Angers, Nîmes, Reims). En mars, les planètes semblent alignées pour recoller, d’autant que les Nantais croiseront des concurrents directs, à commencer par le voisin angevin. Sur un nuage début novembre (alors dauphin du PSG, juste devant… Nantes, 3e), le SCO a depuis goûté à la grisaille, rétrogradant de 11 rangs (13e début mars), la faute à un passage à vide jusqu’à la mi-février (4 revers d’affilée en L1). Depuis, 2 succès minimalistes face à Montpellier et à Brest (1-0) ont remis quelque peu les hommes de Stéphane Moulin dans le bain. Défait à l’aller à La Beaujoire (1-2), Nantes aura une revanche à prendre au Stade Raymond-Kopa, des points à collecter surtout, chez un adversaire qui le talonne (à 1 point). 90 kilomètres à effectuer seulement, un cadeau ? Oui au niveau écologique, nettement moins d’un point de vue arithmétique, Angers ayant remporté 50% de ses matches à domicile cette saison (7 victoires).
Ensuite, place donc à Nîmes, l’exact opposé d’Angers, qui a cartonné début février (4 succès d’affilée). Revigorés, les Gardois ont prouvé qu’ils étaient loin d’être condamnés, d’autant qu’ils retrouveront une Beaujoire où ils ont récemment marqué leur territoire. Souvenez-vous : la saison passée, 4 tirs cadrés des Crocos avaient accouché… de 4 buts, Nîmes s’offrant le scalp de Canaris médusés (4-2). Bref, il faudra faire preuve d’une extrême vigilance, avant de s’attaquer… à la meilleure défense de France, Reims.
Au Stade Auguste Delaune, le football champagne est rare certes, mais ça a le mérite d’être efficace (21 buts concédés par les Rémois seulement). Lors de la phase aller, mi-septembre, Coulibaly avait réussi à faire sauter le verrou champenois, quasiment un exploit (succès 1-0). Sur sa pelouse, Reims n’a encaissé que 7 buts cette saison (en 13 réceptions), alors c’est une certitude, il faudra se montrer inspirés. La clé pour remonter ? Elle passera par une charnière robuste, guidée par le revenant Pallois (lire page 4), par les chevauchées de Simon ou Bamba (élu Canari du mois en février)… ou par les éventuels exploits de Lafont, comme face au LOSC. Oui, messieurs les Canaris, pour rester vivants, ça se joue MAINTENANT !
 
Crédit photo : Gaëlle Louis