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A 28 ans, il a goûté à la magie de Disney ! Le numéro 7 du NBH n’a eu de cesse depuis le début de sa carrière de s’entendre qualifier de joueur « atypique ». Premiers rebonds à 17 ans, 208 centimètres sous la toise mais la préférence du shoot longue distance, des débuts en N3 et seulement deux saisons pleines en Pro B en témoignent. Pourtant,
Ludovic Negrobar a été l’un des héros de la finale de Leaders Cup, remportée par les Nantais, le 16 février dernier face à Antibes, à Disneyland Paris (73-58). Avec un titre de MVP à la clé, SVP !
On vous sent presque gêné d’évoquer ce titre de MVP de la finale (22 points inscrits) et pourtant, la récompense est bien là !
 
Je ne pensais pas un jour remporter un trophée individuel… Gagner un titre en équipe, c’est quelque chose de concevable. Mais être récompensé moi seul…
Le départ, la veille de la compétition, était évidemment spécial car on était bien plus accompagnés que d’habitude avec vraiment tout le staff, tout le médical, en sachant que nos familles nous attendaient sur place. Tout cela était déjà extrêmement stimulant. Et puis, c’est bien que l’on soit parti la veille car du coup, on a pu assister aux demi-finales de Jeep Elite, réaliser un shooting le matin, prendre quelques repères. Finalement, dans tout cela, le plus impressionnant était ce chapiteau qui n’arrêtait pas de bouger à cause de la tempête (rires) !
Quels sont les plus grands changements enregistrés par rapport à la saison passée ?
Ce qui a changé ? Au-delà du fait qu’il y ait eu une ossature renouvelée et de vrais talents recrutés, pour moi, c’est l’état d’esprit. Chaque difficulté, on fait tout pour la surpasser ensemble. D’ailleurs, avant de se rendre à Paris, on avait bien conscience que nous n’étions pas franchement les favoris, que nous ne nous étions pas mis dans les meilleures conditions. Et puis, après le dernier match de championnat perdu à La Troc’ face à Rouen (91-98), on a switché immédiatement. En cloisonnant, on s’est focalisé à 200 % sur cette autre compétition, dans laquelle nous étions en train d’écrire une autre histoire. Ce qui est dingue, c’est que l’on a tout retrouvé, à commencer par cette défense qui était le cœur de notre réussite jusque-là. On savait que c’était l’ingrédient principal à apporter, celui qui fait que les équipes nous redoutaient. Notre cheval de bataille depuis le début de la saison en quelque sorte.
« Ce trophée nous donne faim ! »
 
Il n’est pas galvaudé de parler de nouveau départ dans cette saison ?
On peut dire, je pense, que ce succès peut être un déclencheur. Avant cette finale de Leaders Cup, on n’avait jamais connu un si gros coup d’arrêt cette saison. La prise de conscience et - à travers cette victoire - de confiance, a été aussi bien individuelle que collective, vraiment profonde. Toutes ces ondes positives accumulées seront encore plus profitables, j’en suis persuadé. Au-delà du trophée, savoir que les play-offs sont désormais en poche est clairement un élément déterminant.
Des play-offs assurés désormais… et un appétit plus que jamais relancé on imagine !
Bien sûr que la priorité reste de terminer la saison régulière le plus haut possible ! Oui, ce premier titre nous donne faim. On sait que tout est possible dans cette Pro B et Antibes en est d’ailleurs, je le pense, l’exemple type. Après avoir côtoyé les bas-fonds du classement, ils ont réussi une série de 10 victoires en 12 matches, toutes compétitions confondues, se présentant donc en plein boom en finale de cette Leaders Cup, face à nous. Et pourtant, ce n’est pas leur faire injure que de dire que cette finale, nous l’avons maîtrisée, avec un dernier quart-temps où rien ne pouvait nous résister. Car non seulement on a retrouvé tout ce qui faisait notre force, mais surtout ce plaisir de réussir ensemble. On s’est tout simplement éclaté ! La priorité maintenant sera donc de faire perdurer tout cela le plus longtemps possible.
« Ce premier titre historique, tout le NBH en rêvait… »
On a vu l’incroyable émotion de votre coach au coup de sifflet final et cette communion partagée. Jean-Baptiste Lecrosnier tient une place à part dans votre histoire de basketteur pro…
Je ne vais pas parler de mes coéquipiers car on s’est déjà tout dit entre nous (sourires). Mais il est vrai que mes premières pensées vont vers JB et Max (Maxime Chiron, le coach adjoint, NDLR). Depuis la saison dernière, ils ont encaissé tellement de choses, dû faire face parfois avec nous, parfois de façon plus isolée, à tellement de difficultés… Ils ont essuyé pas mal de critiques aussi, on leur a reproché certains choix. Moi ce que je vois, c’est que ces choix nous ont amené jusqu’ici : à soulever un premier trophée pour le club. Tout le monde en rêvait, des dirigeants aux supporters, en passant évidemment par nous. On a gravi ces marches ensemble.
On vous sent pleinement épanoui, ici à Nantes.
Je suis un peu plus fixé sur le poste 4 et ça se passe super bien. Évidemment, si on s’arrête sur cette finale, je me sens sur un nuage, je bats mon record de points : cela restera quoi qu’il arrive un moment inoubliable dans ma carrière. Mais je n’ai jamais couru après le fait d’être le joueur mis en pleine lumière. Si je n’arrive pas à prendre 10 rebonds ou mettre 5 paniers, mais que l’équipe gagne parce que j’ai amené mon énergie en défense et que je suis bon là-dedans, cela me conviendra parfaitement… 
 
Crédit photo : Gaëlle Louis