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La chaleureuse demi-centre internationale danoise est aux antipodes des températures qu’affiche régulièrement la météo de sa terre natale. Curieuse de tout, heureuse de son quotidien français, cette centenaire en sélection a parfaitement su trouver son équilibre dans la Cité des ducs, sur comme en dehors des parquets.
 
Le championnat, la Coupe de France : aujourd’hui l’équipe est dans les clous au niveau des ambitions !
On a joué depuis la reprise post –Euro tellement de matches en un court laps de temps…
Je suis contente d’avoir pu revenir en forme et de me sentir à l’aise sur le terrain pour aider l’équipe. Mentalement, on a attaqué fort le mois de janvier, afin que cette nouvelle partie de saison se passe du mieux possible.
Il s’agit de votre première expérience dans l’Hexagone et tout semble se dérouler à merveille pour vous ici…
Plus que oui (sourire) ! J’ai eu énormément de chance que mon mari ait pu me suivre ici, après avoir vécu quatre années éloignés l’un de l’autre. On peut profiter de cette belle ville de Nantes ensemble : les restaurants, les musées, la ville en elle-même. Et puis, aussi, cela rend tout plus facile au quotidien. Il voyage très souvent pour le travail mais le fait d’habiter sous le même toit change désormais tout pour nous. On apprend le français tous les deux, cela nous a vraiment aidé et cela rend l’expérience encore plus savoureuse.
Cette nouvelle expérience professionnelle est donc devenue une nouvelle expérience…de vie.
Totalement ! Tout est différent ici des autres pays où j’ai pu vivre à travers le hand, à savoir la Russie, la Hongrie et, bien évidemment, le Danemark. Ce qui fait la magie de notre métier, c’est de pouvoir non seulement apprendre une nouvelle vision de notre sport, mais aussi d’apporter ton vécu.
 
« Dans le sport de haut niveau, tout peut s’arrêter en un claquement de doigts… »
Vous avez aujourd’hui 28 ans, et vous avez débuté votre arrière à peine majeure. Quel a été votre parcours ?
J’ai commencé le handball dans ma ville natale, Esbjerg, à 17 ans. Mais cela reste des débuts assez malchanceux puisque j’ai connu une grave blessure, une rupture des ligaments croisés… aux deux genoux sur une période 5 ans ! Cela a donc été très difficile pour moi de me lancer, freinée dès que je revenais en forme après les opérations (4, NDLR). Cela peut sembler totalement fou mais cela m’a énormément apporté car aujourd’hui, je suis plus que jamais consciente qu’être au top n’est pas éternel… En un claquement de doigts, tout peut s’arrêter. Cela a décuplé mon enthousiasme. On dit que tout arrive pour une raison, il fallait que j’en tire les meilleurs enseignements possibles.
Après 10 années au Danemark, vous avez ensuite fait le choix radical de rejoindre le coach Jan Leslie à Rostov (Russie) fin 2015, où vous avez d’ailleurs rencontré Alexandrina Barbosa !
Cela a rendu le « choc » moins violent que d’avoir un entraîneur danois (rire) ! Et puis, j’en avais besoin. Si je ne partais pas, ma motivation s’en serait ressentie. J’étais dans une routine à Esbjerg. Et je n’aurais jamais assez de mots pour décrire à quel point cette expérience russe a été incroyable… Les rapports humains sont différents, car tu te retrouves à vivre dans un pays très « fermé » et cela dépasse le cadre du hand. Ma chance a été de tomber avec des coéquipières fabuleuses, certaines font d’ailleurs aujourd’hui partie de mes meilleures amies.
« A Nantes pour découvrir un handball plus tactique, plus technique »
 
Puis vous plongez dans la folie hongroise (au Debreceni VSC entre 2017 et 2019), pays amoureux de ce sport… et de ses équipes.
Il n’existe pas d’autre endroit, pour être honnête, avec des fans aussi … imprégnés ! Ils vivent, respirent handball. Ils sont prêts à faire n’importe quoi pour leur équipe, leur fierté. A Debrecen, j’étais encore loin de ma famille et de mon mari, mais je me rapprochais et surtout, il n’y avait pas cette histoire de visa s’ils voulaient me rendre visite. Alors quand j’ai eu des offres, de France d’ailleurs, et donc de Hongrie, j’ai googlisé « Debrecen handball » et je suis tombée sur les vidéos YouTube de la salle. J’ai alors dit à mon mari : « Regarde ça, c’est la même atmosphère à chaque match ! ». Il était évident que je voulais connaître cela. Et je n’ai pas été déçue une seule fois : c’était délirant, 300 gars torses nus présents à toutes les rencontres à domicile venaient chauffer les 3000 personnes. Les mêmes capables de nous suivre partout en Ligue des champions, quitte à faire 25 heures de bus. Je suis tellement reconnaissante envers eux de m’avoir montrée ce qu’était la passion. Ils m’ont plus que jamais appris par leur investissement qu’en tant que sportif pro, on doit toujours tout donner. Tu n’as pas le droit de ne pas être à 100%.
En 2019, vous avez fini par céder aux sirènes françaises… et au discours d’Allan Heine !
En Hongrie, le championnat est terrible, c’est une réalité. En discutant avec mon agent, j’envisageais de découvrir un handball plus tactique, plus technique, le « beau jeu ». Allan m’a fait cocher beaucoup de « plus » dans la liste « Allez en France » ! Et je suis la plus heureuse de ce choix. Hongrie, puis France ; j’ai la chance d’avoir évolué, selon moi, aux deux meilleurs endroits du monde possibles pour vivre de mon sport ! Que tu joues une équipe du Top 5 ou pas - j’ai le souvenir du mal-classé Mérignac - tu as toujours plusieurs joueuses d’excellente qualité qui t’imposent une concentration maximale. Aujourd’hui, on veut décrocher cette troisième place, avant les play-offs. A nous de ne pas l’oublier. Mais franchement, ce n’est pas génial que de se retrouver à chaque match face à un nouveau challenge ?
Crédit photo : Gaëlle Louis