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Hubert Dogémont : « Peu de monde nous attendait là… »

Le président Hubert Dogémont est passé en l’espace d’une semaine du show… au glacial. Après avoir sorti en quarts de finale de play-offs Neuilly (avec 3 succès consécutifs à la clé), les Corsaires sont retombés de leur nuage. Dans la foulée, mi-mars, la FFHG a mis un terme à l’ensemble de ses compétitions, mettant fin aux espoirs nantais d’aborder le dernier carré de D1, avec le plein de confiance. La déception évacuée, il est déjà temps d’envisager l’exercice à venir, dans des conditions restant pour l’instant relativement nébuleuses….

 

L’arrêt du championnat

Le couperet – sans appel – est tombé le 16 mars dernier. Suite aux mesures de confinement et aux fermetures des établissements recevant du public, dont les patinoires, la FFHG a donc tranché, en mettant un terme définitif à l’ensemble des championnats, Synerglace Ligue Magnus compris.

Aucun titre de champion décerné, aucune descente sportive entérinée : ces décisions ont été dictées par des obligations calendaires et contractuelles, comme l’explique le président des Corsaires, Hubert Dogémont. « Ce processus s’est opéré en deux phases : il y a eu une première étape de suspension puis nous avons un peu attendu. Les annonces de confinement ont évidemment entériné l’arrêt total des championnats quelques jours après. On s’y attendait quand même, car il y avait déjà eu des problèmes à l’occasion des rencontres entre Amiens et Mulhouse, en play-offs de Synerglace Ligue Magnus. Les cas se multipliant dans le grand Est et le réel danger découlant de déplacements avaient suscité beaucoup de discussions, avant donc d’opter pour l’arrêt total. Cela s’est fait de façon relativement rapide et simple, puisque notre fin de saison officielle est actée dans les statuts au 30 avril… et les contrats en cours avec ! »

Si la pandémie de coronavirus empêche cette année que se déroule le Championnat du Monde (initialement prévu en mai en Suisse, mais finalement annulé), cette période est effectivement traditionnellement réservée aux équipes nationales et donc à la libération des internationaux de Synerglace Ligue Magnus et de D1, afin qu’ils rejoignent leurs sélections.

La question financière

Voir partir ses étrangers sans avoir eu le temps de renégocier les contrats ou de signer de potentielles prolongations va évidemment changer la donne concernant le mercato. Un facteur X, amplifié par la perte envisagée de subventions privées de la part de partenaires également touchés de plein fouet par cette crise sanitaire...

« Négocier les contrats par Skype est assez lunaire ! »

« La première question qui s’est posée a été le retour des étrangers dans leur pays. Les familles qui avaient des nouvelles par les médias se sont rapidement inquiétées. Nos Canadiens notamment ont voulu rentrer le plus vite possible, ce que l’on peut comprendre. Avoir devancé la fermeture des frontières a permis de trouver des billets à des prix convenables. Ceux qui avaient demandé à rentrer rapidement ont bien compris que le club ne pouvait pas débourser des sommes astronomiques pour un départ le lendemain… Alors oui, c’est inédit, complètement bizarre de devoir plier bagages du jour au lendemain et de quitter le club, surtout alors que nous étions toujours engagés en demi-finale de play-offs… Toutefois, tous autant que nous sommes, nous nous sommes fait une raison. On a pris le recul nécessaire, en se disant qu’il ne s’agit que de sport. L’essentiel, car nous sommes bien évidemment toujours en contact avec nos joueurs, c’est qu’ils soient confinés et en bonne santé auprès des leurs. Mais on ne va pas se cacher que de réaliser les entretiens et les négociations de contrats par Skype est quelque chose d’assez lunaire ! »

 

La saison à venir

Dans ces conditions, délicat évidemment d’établir une feuille de route linéaire, le calendrier du hockey étant décalé, en comparaison avec les autres sports collectifs. En pleine crise, même si on espère qu’elle ne sera qu’éphémère, le trident Hubert Dogémont–Martin Lacroix– Bruno Maynard est confronté à d’immanquables difficultés. « C’est une période où habituellement, notre responsable communication-marketing (Maxime Gerfaud) s’entretient avec tous nos partenaires. Bien évidemment, il ne peut le faire que par téléphone et vu le contexte, entend souvent la réponse que non, ils ne lâcheront pas les Corsaires… mais ne savent pas encore dans quelle mesure ils pourront nous accompagner, ce qui est tout à fait légitime. Nous allons donc commencer par clôturer l’exercice financier de la saison, mais sans tirer de plans sur la comète concernant le plan budgétaire à venir. Il faudra attendre selon moi septembre pour savoir exactement où nous en serons. Une chose est certaine : on ne prendra pas de risque financier. À l’heure actuelle, nous réfléchissons bien sûr à différentes stratégies. Il existe un scénario idéal, où tout le monde accepte le contexte et la nécessité de baisser de salaire, mais on sait à quel point ce sera compliqué, car nous avons eu des joueurs extrêmement performants. Il peut être également envisagé de constituer un groupe avec moins de joueurs et d’attendre d’avancer dans la saison, puisqu’il sera possible d’attirer des recrues jusqu’à la fin décembre. »

Dans le ciel du Petit-Port, une éclaircie toutefois : Martin Lacroix s’était engagé l’été dernier pour deux saisons à la barre du navire nantais. Le stratège canadien sera donc bien aux manettes de l’équipe à la reprise, pour tenter de guider ses Corsaires vers les hauteurs du classement de D1.

L’ascenseur émotionnel en play-offs

Cet hiver, les Nantais ont clairement haussé le ton. Un rebond à même de s’inviter dans le bal des play-offs (7es au terme de la saison régulière). Martin Lacroix avait été clair là-dessus : ses hommes étaient taillés pour terminer la saison en trombe. La boule de cristal avait vu juste, puisque son armada a balayé Neuilly (pourtant 2e de la saison régulière), en 3 matches secs, dont deux déplacements en Ile-de-France. La suite, on la connait : un clap de fin prématuré, alors que les Corsaires avaient littéralement marqué les esprits, au terme de ces quarts de finale prolifiques. Un coup pour rien, vraiment ? Hubert Dogémont répond par la négative, et joue la carte de l’optimisme :

« Aujourd’hui, on a une excellente image dans le monde du hockey français et cela commence à se savoir. Celle d’un club sérieux et structuré, avec un staff de qualité. Entre nous, on croyait à ces play-offs et la série contre Neuilly a consolidé nos espoirs. On pensait que cela pouvait être notre année… Peu de monde nous attendait là. Alors oui, il y a évidemment beaucoup de frustration de ne pas avoir pu aller plus loin, mais il faut digérer et continuer à travailler. On tient toujours à ce projet de grandir progressivement. »

Une croissance qui passe par une montée en puissance dans la hiérarchie sportive nationale, mais aussi d’un point de vue logistique. A l’été 2021, une extension de la patinoire est prévue par NGE, qui gère l’équipement, avec pour ambitions d’augmenter la jauge d’accueil et de proposer une offre VIP de qualité. Oui, l’avenir peut aussi réserver des nouvelles réjouissantes…