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L’entraîneur–manager du Stade Nantais garde le sourire, malgré une saison qui doit s’arrêter prématurément, dès la fin mars, pour cause de pandémie. Un pincement au cœur évidemment… d’autant que ses hommes traversaient une dynamique vertueuse.

Désormais, un seul leitmotiv dans le viseur du staff nantais : réfléchir au profil de l’équipe 2020-2021.
Le 27 mars, la FFR a donc pris la décision d’arrêter définitivement les championnats amateurs à tous niveaux, Fédérale 1 compris. Comment avez-vous réagi ?

« Nous n’étions pas du tout préparé à ce cas de figure, puisque la seule chose que l’on anticipait justement, c’était le match qui nous attendait (initialement prévu à Trélissac) ! On avait un tout petit espoir de pouvoir mettre un point final à cette saison, mais avec une prolongation impérativement nécessaire et aucune date de sortie de confinement pour l’instant envisageable, on a rapidement compris que c’en était terminé. A chaud, c’était difficile de se dire que tout le travail réalisé jusqu’ici ne pouvait pas être complètement validé. Alors je préfère rester philosophe… et me dire que plus personne ne pourra nous enlever notre invincibilité à domicile (rires) ! »

Comment avez-vous géré le confinement ?

« On a rapidement fait le choix, vis-à-vis des joueurs, de leur permettre de choisir le lieu de confinement le plus adapté. Nous sommes parfaitement conscients que quelques-uns habitent dans de petits appartements. En rentrant dans leur famille, ils peuvent bénéficier d’un extérieur afin de s’oxygéner et de travailler de façon plus variée leur entretien physique. D’autres sont dans l’obligation de rester à Nantes car, tout simplement, ils travaillent. Faute de mieux, on leur a donc envoyé des programmes. »

 

Conserver l’ossature collective la saison prochaine

Vous estimez que cette longue coupure pourrait être préjudiciable ?

« Sur le moral, c’est évident… On a tous hâte de reprendre du plaisir à jouer au rugby. C’est d’ailleurs pour cette raison que nous restons en contact avec nos clubs voisins, pour tenter d’organiser de potentiels matches amicaux, par exemple avec Rennes et Niort. On va tout faire également pour trouver des solutions, si on nous y autorise, afin de faire une grande fête de club. Tous nos joueurs sont sous contrat jusqu’au 30 juin, ce qui permet d’envisager des rencontres, sportives ou non. Je pense que ce serait une bonne façon d’effacer cette période difficile, une sorte de retour à la normale festif pour tout le monde : dirigeants, entraîneurs, joueurs, supporters et partenaires. »

 

Cet arrêt brutal vous impose d’ailleurs de déjà penser à la rentrée 2020…

« Le point positif, c’est que tous les entretiens individuels avec les joueurs ont été réalisés avant la crise. Depuis quelques mois déjà, le club travaille fort sur les questions financières, donc pour ce qui est du recrutement, nous avions déjà quelques touches. Maintenant, de par le contexte, il reste évidemment des inconnues à éclaircir. On échange beaucoup avec Pierre Magimel, le directeur sportif, ainsi qu’avec le président Jean-Marc Allègre. Dans l’idéal, on partait sur cinq recrues, pas plus. Si l’on peut déjà en accueillir deux, ce sera tant mieux, mais si tel n’était pas le cas et que l’on devait repartir exactement avec le même effectif, et bien on le fera ! L’avantage de ce confinement, et de cette absence de duels, c’est que l’on va récupérer tous nos blessés remis sur pied. Et je persiste à rappeler que le meilleur recrutement que l’on pourrait réaliser… serait de garder nos joueurs. »

 

« On aurait pu aller chercher une 2e place, voire la 1ère… »

Dans quels secteurs avez-vous noté des motifs de satisfaction cette saison ?

« Je pense que le secteur de jeu le plus parlant reste la défense. Mon acolyte Bertrand Guilloux (entraineur des arrières) a réalisé un gros travail là-dessus, que ce soit dans la stratégie mais aussi à travers le message relayé. Les joueurs ont fini par comprendre que tout partait de cette défense et le changement d’attitude a été probant, puisque cette saison, nous avons inscrit 45 essais, en en concédant seulement 26 ! J’aime valoriser cet aspect positif, tout comme le fait d’avoir gagné des places dans la hiérarchie. Il ne faut pas oublier tout le chemin parcouru, en trois saisons, pour en arriver là ».

Avant l’ultime ligne droite de la saison, vos joueurs démontraient d’ailleurs un sacré appétit !

« Et je les comprends… Leur solidarité à toute épreuve et cette homogénéité, alors que le groupe compte paradoxalement tous les âges et tous les statuts, a été le moteur de ces derniers mois. Ils ont été hyper investis et persuadés que l’on pouvait aller chercher cette deuxième place. Et honnêtement, en regardant le calendrier et certains résultats à l’extérieur, je pense à nos revers encaissés à Anglet (26-20), Tyrosse (27-20), Rennes (14-10) ou Arcachon (14-12), regarder la 2e place, voire la 1ère, n’aurait rien eu d’utopique… si nous n’avions pas lâché pour des bêtises. C’est à nous maintenant d’en tirer des leçons mais une fois de plus, je veux voir le bon côté des choses.

Cela prouve qu’il nous reste une vraie belle marge de progression avec ces mêmes joueurs. »

Conserver les points forts et lisser les quelques failles : les axes semblent bien établis. Mais quid du marché de cette intersaison, touché par la crise ?

« On risque de vivre un exercice bizarre jusqu’au bout. Je pense à certains clubs ayant de grosses ambitions qui avaient déjà, eux, bouclé leur recrutement. Reste à savoir s’ils vont pouvoir honorer les contrats, car la part de partenariats privés va évidemment être bousculée par les conséquences de cette crise sanitaire… J’attends, également, de savoir ce que la FFR va décider concernant la répartition des équipes dans les poules et la formule du championnat. À une époque, les dirigeants avaient envisagé de réduire le nombre de groupes, afin de pouvoir disputer davantage de matches. Pour moi, ce ne serait vraiment pas la bonne solution, car cela nécessiterait de constituer un groupe élargi… et donc de réaliser un recrutement plus conséquent. Je ne suis pas certain que ce soit le moment de mettre les clubs en difficulté... Puisque la saison n’a pas pu se terminer et que de toute façon, l’histoire sera différente en septembre, autant garder les mêmes poules ! Au moins, les déplacements ont déjà été budgétisés, le contexte sera stable afin de repartir sur des bases déjà connues. Enfin, cela reste mon humble avis… »