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Fulvio Bertini : « Priorité à la santé »

Pour le moment suspendue, les Nanto-Rezéens verront certainement leur saison de LAM officiellement prendre fin, au fil de ce mois d’avril. Emmenés par un entraîneur à l’abnégation  sans limite, Sergio Noda et ses coéquipiers ont brillamment rempli leurs objectifs, voire plus, et ce avant même une issue finale.

Son optimisme est aussi ancré dans son ADN que la tour de Pise l’est sur sa terre natale. Parfois–sacrément–bousculé, mais plus que jamais debout : Fulvio Bertini force autant le respect que l’admiration. « On va dire que cette année 2020, je ne risque pas de l’oublier », résume toujours empreint de philosophie le technicien italien. «Cela aura été une année vraiment dure, mais pleine de challenges. »

Et pour cause, le stratège des Boys a traversé un exercice complètement chamboulé. Une entame de saison sans deux de ses cadres - Ropret et Zonca - puis une période compliquée à passer sur le plan sportif, enchaînée avec la mauvaise nouvelle du retour d’une maladie nécessitant un sérieux protocole de soins, qu’il avait déjà réussi à chasser quelques années plus tôt... De quoi voir les mois passer bien plus vite que ces dernières semaines, enfermé chez lui. « Je suis bien confiné, à l’abri de tout virus qui pourrait venir m’ennuyer, d’autant que mon système immunitaire n’est pas encore assez vaillant (sourire). Dans la région où réside ma famille en Italie (Toscane, près de Pise), tout va bien pour tout le monde, la situation est très bien gérée car les autorités locales ont vraiment réalisé un excellent travail. Très clairement, la priorité va à la santé par rapport à toutes les considérations sportives, relatives à la poursuite ou non du championnat. Si cela doit s’arrêter là, c’est dommage pour nous. Toutefois, ce serait de toute façon très délicat de reprendre, de devoir faire revenir les joueurs étrangers notamment, alors que la situation liée au Coronavirus n’est pas la même partout dans le monde. Et il ne faut pas oublier qu’il y a le respect de l’intégrité physique des joueurs à prendre en compte également ! Il faut s’imaginer que la fin de saison est consommée, mais qu’il y en a une autre dans le viseur. C’est pour moi le plus logique, même si je le dis avec énormément de tristesse... »

Un ticket européen en perspective ?

Comme pour leurs homologues féminines, les joueurs de Ligue A Masculine restent effectivement dans le flou concernant la suite des opérations. Le championnat est suspendu jusqu’à nouvel ordre, et les présidents ont signifié à la quasi-unanimité leur volonté de stopper définitivement cet exercice. En attendant d’y voir plus clair, l’actuelle position du NRMV (5e) placerait les Boys en position d’Européens en puissance, sans même passer par la case play-offs.
Pour Fulvio Bertini, cet exercice aurait même pu être « le meilleur de l’histoire du club. Dans un championnat aussi dense, attaquer les play-offs en pleine confiance, potentiellement encore à une 4e place que nous pouvions aller chercher, avec l’envie de viser au moins les demi-finales… C’est vrai que cela aurait été extraordinaire. Reste à savoir maintenant si ce 5e rang pourra nous offrir l’Europe,  mais si jamais la finale de Coupe de France n’était pas disputée, cela pourrait être le cas. »

Recruter, en évaluant les risques financiers

Beaucoup de « si », évidemment, mais comme bien souvent, Fulvio Bertini, son staff et ses dirigeants avaient déjà bien avancé avant la crise sanitaire liée au Covid19, réalisant tous les entretiens individuels avec leurs joueurs et ayant déjà pu réfléchir sur les profils prioritaires, pour la saison à venir. La seule chose qu’ils ne pouvaient pas anticiper, c’était bien le chambardement financier que cette pandémie allait occasionner... « Nous avions bien avancé sur certaines pistes, mais avec ce qui se passe, on a pris de la distance sur ce mercato. Nous sommes obligés de marquer une petite pause, d’évaluer les risques... »

Reste que le NRMV a aujourd’hui gagné en attractivité, et c’est bien sur cette note positive que le tandem Bertini–Bulleri souhaite capitaliser. Le tandem transalpin le sait : à Nantes, tout passe par une vision collective. « Cette réussite des derniers mois, on la doit à nos joueurs, mais aussi au club qui nous a fait confiance, à nous tous. Faire toute la saison avec moi aux manettes, malgré mes soucis de santé, accepter le système de fonctionnement que nous avons mis en place : nos dirigeants n’ont jamais douté ! », remercie aujourd’hui Bertini. « J’ai toujours senti ce soutien, à commencer lorsque j’ai dû commencer le protocole de chimiothérapies, ce qui faisait que je ne pouvais pas diriger le groupe tous les jours. Et que dire de Dugast ? C’était chaque soir évident, une incroyable symbiose... Tout ce que les garçons mettaient sur le terrain, le public l’a reçu et nous l’a rendu à 100 %. Cette saison, c’est aussi la réussite de toute cette équipe moins visible, animée par nos bénévoles. Je tiens également à saluer le travail réalisé par Morgane Le Gall, notre chargée de communication - marketing, qui a beaucoup œuvré pour faire de nos matches de véritables spectacles sportifs. ».

En attendant que les ligues et les fédérations nationales et internationales s’entendent sur des calendriers qui risquent d’être conditionnés par l’évolution du virus, Fulvio Bertini se montre toujours aussi passionné et surtout « fier. Si l’on pouvait décrocher un billet européen, il serait alors de notre responsabilité de démontrer au mieux ce que l’on sait bien faire ici, en représentant aussi bien la ville que la métropole, mais aussi la France du volley. » Fulvio, décidément un Européen… et Nantais convaincu !

 

L’œil du coach…

Une saison, deux tournants

 

Sans ambigüité, Fulvio Bertini a identifié deux moments clés, qui ont fait basculer son groupe dans une autre dimension cette saison. 23 matches disputés (toujours une journée de retard), 15 victoires et à seulement 3 points de la 4e place : oui, les Boys ont su se forger un sacré tempérament. De gagnants.

21 décembre 2019 : Le match qui n’a pas eu lieu à Ajaccio

C’est l’histoire d’une affiche qui ne se jouera très vraisemblablement jamais. Avant de retrouver leurs familles pour fêter Noël, les Nanto-Rezéens devaient faire escale à Ajaccio, à 3 jours du Réveillon. Problème : une tempête allait alors empêcher le NRMV et le GFCA de se rencontrer… mais surtout bloquer la troupe nantaise sur l’Île de Beauté ! « A cette période-là, on était vraiment mal classés et malgré tout, car on a eu le temps de discuter (sourire), tout le monde croyait dur comme fer à un rebond, dès la reprise en 2020 », se souvient Bertini. « Enchaîner deux victoires d’affilée était en fait la clé pour faire démarrer définitivement la machine. Et malgré la trêve internationale liée au tournoi de qualification olympique, la motivation n’est jamais retombée. J’ai vraiment vu des guerriers. » Initialement reporté au 14 mars 2020, ce duel sur le parquet ajaccien n’aura finalement pas eu lieu, suite à la suspension du championnat imposée par le Covid-19.

20 février 2020 : Toulouse, le miroir de la saison

Après une incroyable série de 7 victoires en 8 rencontres en 2020 (seul accroc : défaite 3-0 à Tours), les Nanto-Rezéens recevaient dans un match pouvant sceller mathématiquement leur participation aux play-offs un adversaire direct, Toulouse. Un rendez-vous hors-normes, puisque délocalisé dans une Trocardière garnie de 4428 âmes !  Pleine à craquer, la salle sportive métropolitaine allait alors assister à un scénario épique… « Cinq sets à l’arrivée : c’est le reflet de notre championnat ! », résume Bertini. « A 2-1 pour les Spacer's, 20-23 dans le 4e set, je m’énerve car je ne retrouvais pas mon équipe, on n’affichait pas notre vrai visage. Et puis, quelques bons services, une entrée terrible de Théo Josserand… et les joueurs ont retrouvé le feu sacré. On vit un tie-break sur montagnes russes … mais on le gagne (15-12). Un ascenseur émotionnel dingue pour tout le monde. J’étais exténué, j’étais en thérapie la veille… Les garçons ont réussi quelque chose d’incroyable, avec talent et envie…»