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Monique Bernard : «Avancer avec humilité»

Redoutées et redoutables en LAF, à la lutte toute la saison avec Mulhouse pour le leadership de la division, les Passion’Nantes rêvaient des play-offs 2020 et d’une nouvelle histoire trépidante, après un finish 2019 laissant un goût d’inachevé.

Mais les protégées de Cyril Ong devront se montrer encore patientes, ce printemps se profilant sans épilogue, puisque le championnat devrait avoir du mal à aller à son terme… Une forte éventualité que la présidente Monique Bernard envisage avec tout le pragmatisme qu’on lui connait.

On se doutait que pour l’hyperactive présidente nantaise Monique Bernard, le confinement et son lot d’incertitudes sur la saison en cours - comme celle à venir – n’allaient pas manquer de générer une nouvelle source de stress ! « La situation est évidemment anxiogène… Et j’imagine que c’est le cas pour tous les présidents, dans tous les sports d’ailleurs ! Je pense que le mot d’ordre dans cette situation doit être d’avancer avec humilité. Je comprends la position prudente des fédérations, car on ne peut pas faire des choix sur un coup de tête, dans un contexte aussi compliqué. Je tiens d’ailleurs à tirer mon chapeau à l’entente entre les ligues professionnelles, qui a pour ambition d’harmoniser les décisions et donc de porter une voix franche et claire auprès de l’État sur, notamment, la question du chômage partiel de nos sportives et sportifs. »

En championnat, de fortes chances d’en rester là…


Comme toujours, le bien-être de ses protégées reste la priorité pour Monique Bernard, présidente impliquée, à l’écoute, et qui ne manque pas de suivre au plus près toutes les questions que ce confinement a pu générer. Sans qu'il y ait eu pour l’instant de décisions actées par les responsables de la Ligue Nationale de Volley, les discussions vont bon train. Classement figé en championnat, qualifications européennes, Coupe de France : les dossiers ne manquent pas pour tous les dirigeants et ces derniers ont eu l’occasion, à plusieurs reprises, de se réunir afin de statuer sur certaines préconisations. Au comité directeur désormais de valider ou non les propositions soulevées... Début avril, on ne communiquait pas encore officiellement sur un arrêt ferme et définitif de la saison, mais bien sur « une suspension des compétitions », en vigueur depuis le 19 mars, même si la tendance n’invite pas aux réjouissances…

« Les journées sont bien occupées, à envisager des plans A, B et même C ! »

Reste qu’à la maison, « les journées sont bien occupées, à envisager des plans A, B et même C ! », sourit la dirigeante du VBN. « Normalement, à cette période de la saison, les techniciens sont focalisés sur la gestion des play-offs. De notre côté, on commence en général à prendre des premiers contacts avec des profils qui semblent intéressants aux yeux de notre entraineur, on se concentre en particulier sur les aspects financiers et sur la faisabilité des dossiers. Sauf que cette fois, dans le contexte actuel, la priorité est bien de gérer les salariés et de finir cet exercice… alors qu’il est aujourd’hui impossible de faire de calcul ! Comment réaliser un budget prévisionnel lorsqu’on ne sait même pas comment et quand sera bouclée l’actuelle saison ? Je veux bien parler d’avenir, mais quel avenir… ? »

La reprise, traditionnellement programmée seulement en octobre pour le championnat de LAF, laisse un laps de temps toutefois plus confortable, en vue du recrutement (qui doit être scellé au maximum 15 jours avant la date de la première journée de championnat, NDLR). Alors, comme cela a déjà été envisagé par d’autres clubs, partir sur un groupe moins étendu que cette saison, puis étoffé par la suite en cours d’exercice, pourrait être une stratégie. « Les discussions avec les joueuses ont déjà eu lieu depuis longtemps, ce qui nous permettra à terme de définir nos choix peut-être plus rapidement, qu’ils soient sportifs ou financiers. Cyril (Ong, l’entraîneur) et Sylvain (Quinquis, le directeur sportif) travaillent déjà pour conserver une ossature. De premiers liens sont également tissés avec certains agents. Garder un maximum de joueuses de l’effectif actuel est souhaitable, car nous avons tous été très satisfaits par leurs attitudes, sportivement comme humainement. D’ailleurs, beaucoup sont restées à Nantes pendant cette période de confinement, espérant longtemps que le championnat allait reprendre... On a des joueuses au sens littéral du terme. Elles avaient à cœur de mener jusqu’au bout les défis. »

Dans l’obligation de tout de même se projeter dans ce climat morose, la présidente du VBN s'inquiète évidemment, aussi, pour ses partenaires, dont beaucoup sont présents depuis le début de l’aventure dans l’élite. Et n’attend qu’une chose : renouer avec le spectacle, à tous les niveaux, sportif comme culturel. « On va avoir besoin de cela à la sortie de la crise, donner du plaisir aux gens sera essentiel. Et si c’est ce que l’on peut transmettre sur notre terrain de volley, aucune économie ne sera faite, comme toujours, sur l’envie qu’on y mettra ! »

EN CHIFFRES

La saison du VB Nantes avant la suspension du championnat c’est :

2e place du classement, synonyme de Ligue des Champions

59 points emmagasinés en 24 journées

21 victoires, 12 en 3-0, 4 en 4 sets et 5 en 5 sets

3 défaites, 1 en 5 sets et 2 en 0-3

65 sets gagnés

23 sets perdus

2063 points gagnés, soit la 4e attaque du championnat

1713 points perdus, soit la 2e défense de LAF

STATS

Les Nantaises affectionnent décidément les podiums…

Sur quatre des cinq postes répertoriés, une Nantaise figure dans le top 5 de Ligue A Féminine : Burmazovic (libéro, 5e plus performante de la division), Alanko (4e passeuse, avec 42% d’efficacité), Giquel (2au classement spécifique des pointues) et enfin Sylves (2e centrale) ! L’Américaine Vander Weide intègre de son côté le top 10 sur le poste de réceptionneuse-attaquante (9e position). Particulièrement polyvalentes donc les Passion’Nantes !