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Avec Bryan Coquard et Arthur Vichot, il est l’un des trois leaders de l’UCI Pro Team B&B Hotels-Vital Concept, et assurément l’un des « Men in Glaz » les plus impatients de retrouver la compétition.

Grimpeur d’exception, le doubleur vainqueur d’étape sur le Tour de France (Alpe d'Huez en 2011, La Toussuire en 2012) n’a plus qu’une date en tête : le 29 août, soit le jour du top départ de la Grande Boucle. A J-100, en plein déconfinement, l’as des sommets français (33 ans) a pris le temps d’évoquer avec nous sa préparation. Tronquée certes, mais il entend désormais changer de braquet…

Pierre, tout d’abord comment vous sentez-vous physiquement, au sortir de 8 semaines de confinement ?
La reprise s’est bien passée, les sensations sont plutôt bonnes. J’ai vécu ce confinement à domicile, à Orléans, en compagnie de ma femme et mes deux filles… et je suis passé par tous les états. Au début, on se dit que c’est assez plaisant de passer du temps avec les siens. Ensuite, la fin de la 3e semaine a été dure à digérer. En tant que sportifs professionnels, nous nous attendions alors à bénéficier de dérogation pour nous entrainer à l’extérieur, individuellement. Mais non, ce ne fut pas le cas, alors que des coureurs d’autres pays, je pense à l’Italie, ont eu droit à ce type de dispositif…. Et puis, finalement, j’avais pris une certaine routine sur les dernières semaines. Il m’a même fallu un temps de 4-5 jours de réadaptation… au moment de me déconfiner (sourire) !

C’est-à-dire ?
En 13 ans de carrière professionnelle, je n’avais jamais passé deux mois sur le home trainer, même en cas de blessure. Alors le 11 mai, jour du déconfinement, j’ai dû sortir à 16h - ce que je ne fais jamais - car il faisait un temps exécrable. J’ai roulé 2 heures, puis 3 heures le lendemain, puis 4, j’y suis allé crescendo. J’ai finalement roulé 25h sur cette première d’entrainement, sans forcer. A la maison, ce n’était pas la même chose : atteindre 15h d’entrainement hebdomadairement me paraissait dur mentalement.

Toutefois, vous avez rendu cette attente ludique, en proposant aux internautes de rouler à vos côtés, via votre page Facebook. Avec un vrai plébiscite à la clé !
C’est vrai, il a fallu s’adapter et donc joindre l’utile à l’agréable. Ma journée type était simple : une grosse séance de 2-3h de home trainer en matinée, puis je montais de nouveau sur le vélo en fin de journée, en partageant mon quotidien. J’ai proposé aux internautes de m’accompagner et c’est rapidement devenu viral. C’est la magie de la technologie : depuis leur salon ou leur terrasse, les cyclistes pouvaient grimper à mes côtés. Sur un direct, j’ai atteint 1400 personnes et en replay, c’est monté jusqu’à 70 000 vues sur une vidéo. C’était un rendez-vous qui rythmait la semaine. Les gens me posaient des questions derrière leur écran, honnêtement j’ai pris beaucoup de plaisir à travers ces échanges.

Désormais à moins de J-100 du Tour de France, où en êtes-vous question préparation ?
A cette période de l’année, je devrais être sur le point d’aborder Le Critérium du Dauphiné (reporté), la véritable rampe de lancement me concernant avant le Tour ! Mon plan initial était d’atteindre mon pic de forme en juin-juillet, en prévision du Tour évidemment, mais aussi car je figurais dans les présélections pour les JO et les Mondiaux. Tous ces évènements ont été reportés, c’est donc assez déroutant de replacer le calendrier cycliste, on est complètement perdu ! Habituellement, fin mai-début juin, je fais des sorties moins longues, mais nettement plus rythmées, à haute intensité. Là, ce n’est pas le cas : je ne repars pas de zéro quand même, mais je dois m’efforcer de faire des blocs de foncier. L’endurance est une notion clé dans notre sport. Début juin, je pars donc une dizaine de jours en Auvergne, pour m’oxygéner à la montagne.

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Concernant le calendrier, avez-vous davantage de visibilité ?
Oui, l'UCI a révélé mi-mai le calendrier des courses internationales. J’ai la fraicheur, alors au premier coup d’œil j’ai envie de tout faire, mais je sais qu’il faudra trancher. Il y a des courses en France qui me conviennent bien : la Route d’Occitanie (1-4 août), le Tour du Limousin (18 au 21 août), le Tour de l’Ain (7-9 août) ou encore le Critérium du Dauphiné (12-16 août). Tout va être très condensé : à la sortie du Tour du Limousin par exemple, il restera une petite semaine avant d’attaquer le Tour de France (29 août-20 septembre). On va donc définir avec le staff le programme le plus adapté, j’ai d’ailleurs hâte de retrouver mes coéquipiers au centre de performance. La direction sportive est actuellement en train de plancher sur l’organisation de stages, mais nous sommes contraints par des mesures sanitaires, comme le fait de ne pas pouvoir se rassembler à plus de 10 coureurs ou de rouler en peloton. J’espère que la situation pourra revenir rapidement à la normale.

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Vous attaquerez rapidement la montagne sur le Tour ! On imagine que vous avez déjà coché certaines étapes clés…
J’ai regardé le tracé avec attention, il y aura beaucoup de belles étapes. Le Tour est par définition toujours relevé, mais cette année, le parcours sera vraiment exigeant. Il y aura des opportunités, je pense que beaucoup de bons coureurs ne joueront pas forcément le général, certains auront des défaillances et se battront sur certaines étapes. J’y vais avec le couteau entre les dents ! Le Tour, c’est magique, plus on va s’en rapprocher et plus l’adrénaline va monter… Oui, j’ai déjà hâte d’y être, c’est vraiment essentiel que les organisateurs aient pu décaler la date. J’ai encore du mal à me projeter, mais vivement que l’on retrouve tous ce parfum de compétition…