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Jean-Baptiste Lecrosnier : « On nage dans les incertitudes »

Le coach du Nantes Basket Hermine récupère à peine un effectif complet. Vivant depuis le mois d’août une saison invraisemblable, Jean-Baptiste Lecrosnier s’inquiète surtout de la gestion future d’un championnat peinant à se dessiner.

"Des convalescences, des blessures, puis ce virus venu considérablement entamer cette première partie de saison : il devient difficile de trouver un véritable rythme parmi toutes ces embûches !
 Comme pour beaucoup d’équipes, la grande difficulté pour mon groupe est aujourd’hui de trouver ses repères collectifs et de gérer le rythme de la compétition. Les incertitudes perpétuelles sur le calendrier, les arrêts non programmés qu’il faut gérer : même si l’on s’entraîne aujourd’hui beaucoup plus correctement, rien ne remplace les matchs. C’est un véritable souci pour entretenir le bon tempo."

Comment se porte aujourd’hui, d’ailleurs, votre effectif ?

Mes joueurs vont bien, c’est déjà une excellente nouvelle et le groupe vit sereinement. Toutefois, ils se posent légitimement beaucoup de questions ! Le Covid-19 n’a pas entraîné que des déficits de forme physique, mais a également bien entamé le mental. Il y a de véritables répercussions pour un sportif de haut niveau, c’est une évidence.

Vous avez vécu un automne complètement perturbé et le mois de décembre ne semble pas plus dense en termes de calendrier.


Et c’est un véritable problème… Déjà qu’après nos cinq semaines à effectif très restreint on se posait la question de savoir comment nous allions gérer le mois de novembre, on reste à nager dans les incertitudes pour décembre (lire par ailleurs). Car non seulement il a fallu composer avec les absences liées au Covid, à savoir 10 joueurs touchés sur les 12 de l’effectif, mais également subir les conséquences du virus sur leurs organismes…

Avec autant de paramètres, comment réajuste-t-on le travail ?


On essaye de s’adapter mais on ne peut pas établir franchement un programme de reprise. Si on avait pris la décision de ne pas du tout jouer en décembre, nous aurions pu caler clairement une nouvelle préparation. Sauf que là, on se dirige vers deux journées à disputer et perpétuellement cette obligation de tâtonner pour harmoniser le niveau de forme de nos joueurs.

Vous parvenez pourtant à vous en sortir convenablement, malgré votre élimination en quart de finale de Leaders Cup, à Quimper (74-68, mi-novembre) ?

Parce que l’on compense avec l’état d’esprit, la bonne attitude. Nous sommes probablement l’une des équipes de la division qui a été la plus impactée. Avoir un vécu collectif et un recrutement limité nous ont permis de parfois tenir le coup, mais on a pu le voir contre Quimper, cela n’a pas été suffisant. Nous n’avons pas réussi à imposer notre rythme, à produire des efforts pour contrarier notre adversaire. Et je pense que c’est finalement ce qui est aussi arrivé aux Quimpérois, dans leur finale perdue face à Fos (57-68). C’est un véritable problème que les joueurs comprennent, mais encore faut-il avoir les ressources pour rectifier le tir. Physiques comme psychologiques.

 

ACTUALITES
Décembre dans le brouillard

La question de savoir s’il était pertinent de jouer durant ce dernier mois de l’année s’est posée, ou bien préférait-il attendre et reprendre les compétitions en même temps que la réouverture des salles de sport, mi-janvier. À l’heure actuelle, il a été entendu que les clubs de Pro B disputeraient seulement deux rencontres. Pour le NBH, il serait question d’un déplacement à Vichy le 11 décembre et de la réception de Lille, le 19 décembre. Tout cela, comme toujours en ce moment, dans un certain flou puisque la confirmation ne sera donnée aux clubs que le… 8 décembre. « Chaque semaine, on se pose la question de savoir si l’on va jouer, quand nous allons jouer et qui nous allons jouer…, » soupire Jean-Baptiste Lecrosnier. « Quel type de championnat nous attend ? On aimerait pouvoir se conditionner pour la suite, mettre en place des préparations de matchs adaptées, mais c’est totalement impossible ! La seule chose aujourd’hui que je peux dire à mes gars, c’est que l’on va jouer au mois de décembre… » 
Avec, dans le cas du NBH, une unique journée de championnat à domicile avant cette ultime ligne droite de 2020, 2021 s’annonce particulièrement embouteillée…