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Un soir de semaine, le Parabellum Combat Club Nantes, club de MMA implanté à deux pas de la rue Paul-Bellamy, a reçu notre rédaction. Des balayettes, des crochets, des sourires aussi : nous avons pu prendre le pouls de la discipline qui monte. Ici, pas de Conor McGregor, mais beaucoup de temps forts pendant les 90 minutes chrono d’entrainement.

 

Visite guidée sur les tatamis ! Par Hugo Couteau

En plein centre-ville, le dojo du Parabellum Combat Club retrouve ses combattants à la tombée de la nuit. Dès l'entrée dans ce temple, une atmosphère particulière règne... le calme avant la tempête ! Nous sommes invités à ôter nos chaussures pour pouvoir avancer et apercevoir la salle d’entraînement à gauche... et la cage (de l'octogone) à droite.

Parabellum Combat Club est un club de MMA, implanté depuis 2019 à Nantes, devenu la référence en France, puisque lauréat du titre de Meilleur Club de l’Année aux MM’Awards 2013, pour son site parisien. Cette récompense fut un réel tremplin puisque désormais près de 70 adhérents affluent. Seul club de l'Hexagone doté d’une section féminine (lire par ailleurs), le Parabellum fédère et participe à la démocratisation de ce sport désormais en vogue.

La mixité sociale au sein du club est un réel atout, sa géolocalisation à 300m de la Préfecture permet de faire cohabiter des profils issus de tous les horizons. Le lieu choisi favorise ce brassage social, et optimise l'étendue de la cible. Le bouche-à-oreille tourne à plein régime et c'est d'ailleurs comme cela que Zak Bendjebbour, 22 ans et adhérent depuis un an maintenant, a connu la structure.
« Le MMA m'a inculqué des valeurs comme le respect de l'adversaire, mais aussi de moi-même »

Dès l'échauffement, les visages se ferment, la tension monte d'un cran. La séance d'une heure et demie est lancée et les combats s'enchaînent. Les duels de 6 minutes sont rythmés par les thématiques de l'entraîneur, Julien Sévéon (lire son interview ci-contre). Tous les niveaux se mélangent, les femmes affrontent les hommes, les loisirs se frottent aux compétiteurs... Aucune différence n'est faite entre un confirmé et un nouvel adhérent. L'objectif n'est pas de miser sur la performance à tout prix mais bien de progresser ensemble. « Il n'y a aucun objectif professionnel, je veux progresser et devenir une meilleure version de moi-même », confirme Zak. « Le MMA m'a inculqué des valeurs comme le respect de l'adversaire, mais aussi de moi-même. » Au terme de l'ultime face-à-face, les corps sont exténués par l'effort, les miroirs, eux, sont totalement humidifiés par l'intensité imprimée. La séance se termine par une accolade collective.

Le mot « Discipline » est celui qui définit parfaitement l'ADN MMA. En témoigne cet instant où l'ensemble du groupe effectue une série de pompes car l’un des combattants n'a pas respecté le temps de pause... et aucun ne rechigne à s’y plier.
Alors surtout « N'hésitez pas à vous lancer dans l'aventure, il ne faut pas avoir peur les gars... et les filles ! » conclut Zak.

 

3 questions à … Julien Sévéon

Julien Sévéon, 45 ans, est cofondateur et Head instructor MMA au Parabellum Club de Nantes. Entretien avec cette référence de la discipline, élu entraîneur de l’année lors des MM’Awards 2013.                                      Propos recueillis par Pierre Vannier

Julien, quel a été votre parcours avant de devenir entraîneur ?


« Je suis pratiquant de MMA depuis 1999. En 1990, j’ai commencé par le karaté, j’avais alors 15 ans. Je suis passé par différents styles de sports de combat : kung-fu, boxe française, puis j’ai trouvé dans le MMA ce que je recherchais, à savoir la possibilité de m’exprimer pleinement. Ce qui est intéressant avec le MMA, c’est qu’il y a toujours une sorte d’issue de secours : si l’autre est plus fort que moi debout, je vais l’emmener au sol, s’il est meilleur que moi au sol, je le relève. Il y a toujours des moyens de travailler tactiquement pour reprendre le dessus. Mon meilleur souvenir dans la discipline ? Lorsque j’ai monté le Parabellum, à Paris en 2008. Lors de notre première compétition en Allemagne, j’ai amené trois combattants. On avait tous gagné ce soir-là ! Il y a 2 ans, on a décidé d’implanter une antenne du Parabellum, ici, au cœur de Nantes. Aujourd’hui, nous encadrons 70 adhérents. »

Quels projets portez-vous localement ?

« Des projets assez classiques : former les compétiteurs, pouvoir les amener dans les compétitions, les faire progresser petit à petit. Pour ceux qui ne sont pas intéressés par l’aspect compétitif, notre mission consiste à les faire progresser lors des séances, en configuration loisirs. Mon but c’est qu’ils soient capables de se débrouiller de mieux en mieux. Je suis aussi devenu représentant français du Shooto (Ligue de MMA japonaise la plus développée au monde, ndlr). Il n’y avait pas de Shooto en France donc j’ai postulé et endossé ces nouvelles fonctions depuis le début de la saison. A terme, l’objectif serait de pouvoir organiser des évènements ici, à Nantes. »

Comment voyez-vous l’avenir du MMA en France ?

« Brillamment. On s’est battu pendant plus de 20 ans pour la légalisation de la discipline, donc l’objectif principal est aujourd’hui atteint (lire par ailleurs). Maintenant, on est un peu bloqué par le Covid-19.... On espère que toutes les consignes de sécurité qui nous empêchent de participer à des compétitions seront rapidement levées. »

 

VRAI OU FAUX ? Le MMA à la loupe !

Partons à la découverte d'une discipline atypique, encore méconnue en France mais qui cartonne à l’étranger. MMA, mode d’emploi !  Par Alexandre Bazonnet

Un sport de combat à part ?


VRAI. Certains pays l'interdisent toujours comme la Norvège et la Thaïlande. Quant à la France, elle a franchi le pas en janvier dernier, en légalisant ce sport sur notre territoire. Un soulagement pour les 30 000 à 50 000 adhérents français qui souhaitaient pratiquer cette activité en compétition.
Ce sport mélange plusieurs techniques d'arts martiaux : le jiu-jitsu, le Karaté et la boxe Thaï, permettant à tous les profils de se distinguer, du plus grand au plus petit, du plus lourd au plus léger, du plus junior au plus senior (à partir de 12 ans dans la majorité des cas). Il s’agit donc d’un style de combat très complet, avec la possibilité d'utiliser poings, pieds, genoux et coudes. Cela a rendu d'autant plus compliqué le fait de l'affilier à une fédération : lutte ? Judo ? En février dernier, Roxana Maracineanu a tranché, en délivrant officiellement la délégation pour la pratique du MMA à la Fédération Française de Boxe.

Un sport trop violent ?


FAUX. Les règles du MMA indiquent que les coups de tête sont interdits, les coups par derrière et les morsures également. On observe aussi que les protections sont omniprésentes avec les genouillères, le dentier et les gants mitaines réduisant le risque de blessures graves. D’ailleurs, le but de ce sport n'est pas de faire mal mais de mettre au tapis l'adversaire dans les règles de l'art. Le KO et la soumission par immobilisation sont autorisés. En dépit de ces deux techniques de combat, l'arbitre peut décider du sort du match.

Le sport du moment ?


VRAI. Le MMA est une discipline spectacle, dans l’air du temps. Le grand public adore ce genre de divertissement, les combats de champions étant retransmis en mondovision. L’UFC (Ligue américaine) toucherait près de 1,2 milliards de foyers dans le monde dont 250 000 téléspectateurs français ! Une médiatisation XXL portée par des stars de la discipline comme Conor McGregor ou Khabib Nurmagomedov. Le produit semble à tel point séduisant que le vice-président exécutif de l'UFC, Lawrence Epstein, l'a présenté comme « LE sport du futur ». 2021, un tremplin ?

 

PORTRAIT 
Tévi Say, de l’ombre à la lumière par Yanis FARZA


Tévi Say, première combattante professionnelle française de MMA, notamment en charge du travail de conditionnement physique des combattants au Parabellum Combat Club Nantes, nous raconte son parcours, de la découverte de la discipline au coaching.
Tout commence en 2000 pour Tévi, alors pratiquante de kung-fu, qui se lance en parallèle dans des entraînements de MMA, appelé à l’époque « freefight ». Son ami de l’époque Julien Sévéon, qui coache désormais avec elle (lire par ailleurs), s’était lui déjà initié à la discipline dès 1999. Intriguée, la combattante accroche instantanément.

Éprise de la liberté que procure ce sport, Tévi Say souhaite alors rapidement se plonger dans la compétition, mais aucune autre fille ne combat encore en France, c’est très rare en Europe également, les seules compétitrices se trouvant en Russie, au Brésil ou encore aux États-Unis. Coachée par Loïc Pora, précurseur lui aussi, Tévi Say s’entraîne à la boxe thaï pour se renforcer et s’illustre dans des combats à l’international, se hissant parmi les meilleurs mondiales. Vice-championne de France de kickboxing dans le même intervalle, elle continue d’agrémenter sa palette technique.

Un an au Japon pour parfaire sa formation

Toutefois, son expérience dans l’Hexagone devient compliquée, faute d’athlètes féminines alors engagées sur le circuit. En 2004, cap alors sur la Japon pour élargir les horizons ! Arrivée en terres nipponnes, elle se met illico en quête d’un club. Mais à cette époque, l’Empire du soleil levant n’est pas encore ouvert, très peu de personnes parlent anglais… et il faut savoir lire le japonais pour s’insérer ! Par chance, Tévi déniche finalement une structure d’accueil, où évolue la meilleure combattante du pays. A Tokyo, c’est ici qu’elle entame une aventure d’un an sur les tatamis. Un territoire où la « culture combat » ne fait pas débat. « Un jour, je me suis blessée et je suis allée aux urgences. Quand on m’a demandé ma profession, j’ai dit « fighter », et l’infirmière l’a écrit comme si c’était un métier banal. Ça change tout d’être reconnue ! »

Le MMA Girls Nantes, entre démocratisation et ambitions

Désormais impliquée à Nantes depuis 2 ans, cette combattante puriste n’a qu’une envie : développer le MMA féminin. Le Parabellum Combat Club Nantes compte aujourd’hui une trentaine d’adhérentes, déjà une première victoire en soi. Face à l’engouement que ce projet a suscité, elle ne pouvait plus refuser les demandes : la limite d’âge a donc été retirée, mais il y a néanmoins un cours-test pour évaluer physiquement les nouvelles combattantes.
Le MMA Girls Nantes est donc la raison de vivre de Tévi désormais, même si elle reste très attachée au Japon, s’y rendant tous les deux ans afin d’organiser des stages. Si le MMA doit encore soigner son image pour attirer une population parfois encore mal informée, Tévi Say adresse un message à toutes les curieuses qui souhaiteraient se lancer : « Ne viens pas regarder, viens essayer ». Paroles d’ambassadrice !

 

INFOS PRATIQUES
Parabellum Combat Club – Nantes
54 Rue de la Distillerie – 44000 Nantes
                                   Tél : 02 53 22 43 63
Mail : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
                                                                   Ouverture les lundi/mercredi/vendredi (voir horaires sur le site web)
Facebook : @parabellumcombatclubnantes
Tout savoir sur : www.parabellum.club/nantes/