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Carli Snyder, la recrue américaine du VB Nantes, connaît une année unique, dans le volley comme pour son pays. Rencontre avec une fille extra, très impliquée dans son sport et très intéressée par l’actualité.

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Les résultats du VBN en ce début d’année 2021
Il y a eu de belles prestations en Ligue des champions (élimination après la phase de poule retour à Nantes) et des difficultés à retrouver le rythme en championnat (lire par ailleurs). Les Passion’Nantes ont toutefois su renouer avec le succès face à Marcq-en Barœul. « Cela a fait du bien d’avoir cette petite parenthèse européenne. L’objectif numéro 1 était de prendre du plaisir, de produire le jeu que l’on souhaitait mettre en place, explique l’Américaine. On lâche plus facilement les chevaux, on parvient à être plus agressives. Et c’est là que nous sommes les meilleures. Il faudrait que cela nous serve durant le reste de la saison. En championnat, tu as cette grosse pression à chaque match, chaque point étant précieux. En somme, tu n’as pas le droit d’avoir un jour sans. » Une saison chargée émotionnellement, tant sur le plan individuel que collectif. Gagner ou perdre trois points impacte considérablement le classement et le moral d’un groupe qui sait que l’on attend beaucoup de lui.

Les déceptions Béziers et Le Cannet
Deux revers secs (0-3) contre deux adversaires directs (Béziers et Le Cannet), qui plus est à la maison : le Sud n’a pas été synonyme de douceur pour Carli Snyder et ses camarades, méconnaissables face à ces formations de haut de tableau en LAF. « Concernant Béziers, on était en plein post-Covid. On s’est retrouvées dans l’incapacité de faire tourner le vent en notre faveur. Alors que face au Cannet, nous aurions pu le faire durant le premier set. Nous n’avons pas saisi l’opportunité et nous leur avons laissé le contrôle total de la rencontre. Contre Marcq-en-Baroeul, nous nous sommes senties dans la même situation mais cette fois, nous avons pris les devants (lire par ailleurs). »

La densité de la Ligue A féminine
Pas de surprises en ce qui concerne le niveau proposé. Mais Carli Snyder estime que les perturbations qui affectent la compétition redistribuent probablement certaines cartes. Et l’absence de playoffs renforce « la nécessité d’être toujours au maximum de sa concentration et de son efficacité. Non pas que ce ne soit pas le cas avant chaque rendez-vous mais là, psychologiquement, la charge est réelle. On la perçoit clairement. Quand tu es sollicité depuis septembre, cela compte. Il ne s’agit plus seulement de bien se positionner et d’aborder la deuxième partie de la saison en étant boosté par un nouveau challenge. Se dire ‘‘OK, nous ne sommes que 2es ou 3es mais nous pouvons encore gagner ce championnat’’, ce n’est plus possible. »

Le choix de Nantes
S’il y a une chose qui enchante la réceptionneuse-attaquante, c’est d’avoir fait le choix du VBN après deux saisons mulhousiennes. C’était la destination qui lui semblait la meilleure pour progresser encore, notamment à la réception, et améliorer ses points forts. « J’ai diversifié mon jeu en attaque. On s’entraîne dur, dans un climat vraiment propice à notre épanouissement. Cyril (NDLR : Ong, son entraîneur) sait parfaitement trouver l’équilibre : il y a les moments où j’ai besoin de travailler sur mes lacunes et ceux où je dois m’appuyer sur mes forces, pour retrouver la confiance. »

Des études tournées vers les autres
La native du Michigan a réalisé tout son cursus universitaire en Floride. Quatre années en NCAA passées à porter le maillot des Gators mais également à mener à bien son projet estudiantin. « Cela a été une très belle période de ma vie, résume-t-elle avec un grand sourire. Tu apprends évidemment à être meilleure au volley mais tu apprends surtout beaucoup sur toi-même. Jamais, dans le volley professionnel, tu ne peux passer quatre ans avec les mêmes filles. Cela crée des liens indéfectibles. Les filles que j’ai côtoyées à la fac sont plus que des ex-coéquipières. Tu appartiens à une vraie communauté, tout le monde a les mêmes objectifs et les mêmes passions. Elles croyaient beaucoup en moi et moi en elles. » Plus que jamais consciente de la chance qui lui a été donnée, aux États-Unis, de concilier sport de haut niveau et études universitaires, Carli Snyder souligne l’importance d’acquérir des savoirs. Elle a pu approfondir ses connaissances et étoffer son bagage en se formant aux relations internationales et à l’aide humanitaire. Ayant appris le swahili, elle espère pouvoir retourner en Afrique de l’Est. « J’ai à cœur de donner, notamment aux personnes qui n’ont pas eu les mêmes opportunités que moi. Tant de gens m’ont donné de leur temps ! Je veux faire la même chose, pourquoi pas dans une école. » Un nouveau chapitre de sa vie qu’elle espère « tout aussi excitant ». Mais chaque chose en son temps !

De Trump à Biden, la libération de 2021
Carli était une farouche opposante à Donald Trump, dont le mandat comme président des États-Unis vient de s’achever. Battu par le démocrate Joe Biden, il ne fera pas quatre années de plus. Son engagement et ses convictions personnelles l’ont poussée à dénoncer une politique « délétère, qui a rendu l’atmosphère effrayante. C’est la première fois que je me posais la question de savoir ce qui allait bien pouvoir arriver dans mon propre pays… J’ai eu peur avant les résultats de l’élection. On ne reconnaît plus les USA vu ce qu’il en a fait en quelques années. » L’expatriée attend des lendemains meilleurs, elle qui a voyagé et vécu loin de sa terre natale ces trois dernières années. « Ce que je sais, c’est qu’en France, tu as la Sécurité sociale, peu importe ton salaire. Salaire que tu continues à percevoir malgré la pandémie. Tu ne t’inquiètes pas de l’effort financier qu’il faut faire pour aller voir ton médecin. » Carli Snyder est une citoyenne du monde plus que jamais connectée à la réalité.