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Natation - Christophe Bourgeais : « Il va falloir tout reprendre à zéro »

Touchés certes, mais surtout douchés par le confinement. Suite aux mesures sanitaires concernant le coronavirus, toutes les piscines nantaises sont fermées, ce qui prive donc les compétiteurs nantais de leur terrain de jeu privilégié. Coach du Pôle Nantes Natation, Christophe Bourgeais tente de gérer du mieux possible cette mise au sec inédite.

Il serait outrancier pour ces sportifs ne pouvant bénéficier de leurs bassins que de leur demander de voir…

le verre à moitié plein. Pourtant, Christophe Bourgeais ne cesse depuis la mise en place de ce « rester chez soi » de remonter le moral de ses troupes, parfois très jeunes. Et surtout en manque de repères. « La situation est un petit peu plus simple à gérer pour ceux qui habitent à la campagne et qui ont donc davantage d’espace pour pouvoir varier les exercices. Dans l’ensemble, nos compétiteurs demandent à travailler leur condition physique. Je leur envoie par exemple beaucoup d’ateliers de renforcement musculaire à effectuer. Surtout, nous avons l’immense chance de pouvoir compter sur un préparateur mental qui reste à leur disposition », explique le technicien de Gloriette. « Il est essentiel pour eux de conserver un moral au beau fixe, car toutes leurs exigences quotidiennes se sont retrouvées bousculées. Nous entrions pleinement dans une période clé de la saison, puisque les Championnats de France arrivaient à grands pas, avec les Championnats d’Europe dans la foulée. Nos nageurs avaient hâte d’en découdre, Maxence Orange en tête… »

Pour Maxence Orange, la qualif’ sur 200m dos pour les JO attendra

Avec cette année (initialement) olympique en ligne de mire, le chef de fil de la nage « made in Nantes » avait effectivement fait le choix de se consacrer à 100% à sa discipline, mettant ses études entre parenthèses. Le jeune dossiste visait un ticket pour Tokyo, un projet par la force des choses ajourné d’une année, puisque les JO se tiendront finalement en 2021.

Mais ne serait-ce pas finalement l’occasion de reculer… pour mieux plonger ?
« Pour les JO, on misait sur le 200 m dos, qui nous semblait être l’épreuve où Maxence pouvait envisager de figurer »
, explique Bourgeais. « Cela nécessite évidemment un travail de vitesse et de résistance, la double spécificité de cette distance. Il a vraiment redoublé d’efforts pour se mettre dans les conditions optimales : 10 séances voire plus par semaine, avec une moyenne de 18 heures dans l’eau et 4 heures de travail de musculation. Lors d’un stage à Font-Romeu début mars, on commençait l’affûtage afin d’arriver à notre pic de forme aux Championnats de France. Mais… »

A saison hors-normes, mesures exceptionnelles : trois Nantais s’expatriaient effectivement alors en altitude, dans l’optique des « France », prévus à l’origine du 14 au 19 avril à Chartres (une proposition de date a été émise depuis, avec un report du 23 au 29 juin… ce qui semble là aussi compromis). Pour les « Europe », initialement prévus du 11 au 24 mai à Budapest, là aussi un report s’est imposé, une reprogrammation restant envisagée cet été (en août).

Tests physiques, protocoles individualisés, oxygénation maximale en plus de leurs heures de nage : tout a brutalement pris fin pour les nageurs de Nantes Natation, au cœur de ce mois de mars historique.

« Une semaine d’arrêt nécessite le double de temps pour revenir à son niveau »

« Cela a évidemment été un peu compliqué à digérer, pour tout le monde d’ailleurs »,

reconnait Christophe Bourgeais. « Au moment de peaufiner leur préparation, nos compétiteurs étaient alors persuadés de pouvoir disputer le meeting Open Méditerranée de Marseille dans la continuité (20-22 mars)… Dans le cas de Maxence, il faut prendre le parti de se dire qu’il va pouvoir un peu gagner en expérience, prendre du recul également pendant cette période. Une chose est claire en revanche : il va falloir tout reprendre à zéro. On le dit bien souvent : une semaine d’arrêt nécessite le double de temps pour revenir à son niveau. Si Maxence s’arrête deux mois, il lui faudra alors quatre à cinq mois pour récupérer son niveau de performance. »

Ressentant déjà une perte en aérobie, le grand mal des nageurs lorsqu’ils stoppent l’entraînement, et ce malgré deux heures de travail physique par jour, Maxence Orange et ses coéquipiers restent surtout dans le flou. A ce jour, aucun calendrier n’a été officiellement arrêté, en termes d’échéances nationales ou internationales. A commencer par les futurs JO…

« On entend ici et là que le plateau olympique pourrait se tenir à l’été 2021, il se dit aussi que les Japonais voudraient accueillir cet événement au printemps… Mais il ne faut pas oublier qu’en natation, tous les tickets qualificatifs sont encore à distribuer ! Maintenant, on ne dramatise pas, car c’est la santé de tous qui est en péril. On reste très soudés et je tiens d’ailleurs à souligner que l’on reçoit un véritable soutien de la part de la Fédération française, qui nous envoie des messages d’encouragements, des programmes à sec à réaliser aussi. On ne nous laisse pas tomber. »