fbpx
L’actualité du sport nantais, 100% GRATUIT Version papier & numérique
Slider
Olivier Quint : « Ce confinement marque un tournant »

Ancien pro chez les Canaris (2001-2006), le milieu gauche a porté les couleurs nantaises 115 fois en Première division et disputé 9 matches de Ligue des champions (1 but). A 48 ans, il demeure un observateur attentif et amoureux du FCN. Découvrez l’œil de notre expert.

 

« Le mois de mars que l’on vient de traverser avait mal commencé pour les Canaris, contraints de s’incliner à deux reprises face au LOSC (0-1), puis à Angers (0-2). Mais évidemment, les considérations sportives ont été reléguées bien loin derrière l’actualité, avec la propagation de ce coronavirus, dans la foulée...

Pour nous tous, il s’agit désormais de prendre notre mal en patience, on ne peut pas faire autre chose que de se plier aux recommandations en vigueur, c’est une nécessité pour préserver notre santé. J’ai longtemps été sportif de haut niveau, j’ai donc des fourmis dans les jambes en cette période de confinement. Je me suis rarement autant entretenu, avec deux séances quotidiennes… j’imagine que c’est également le cas pour les hommes de Gourcuff !
Honnêtement, nous sommes certes pour le moment dans l’inconnu, mais je ne vois pas comment la Ligue 1 ne pourrait pas aller à son terme. Il y a tellement d’enjeux à prendre en compte, économiquement les clubs n’ont pas le choix. Alors oui, il va falloir composer avec ce contexte inédit, les staffs vont devoir préparer au mieux les joueurs afin de pouvoir tenir jusqu’à juin, juillet, voire août, selon l’évolution de la situation. Il faudra s’adapter, c’est une évidence.

« Le moment de réduire la voilure sur les salaires ! »

Surtout, ce confinement marque à mes yeux un tournant. C’est le moment de se poser les bonnes questions, d’imaginer le football de demain. D’abord, en termes de calendrier, je trouve la proposition de Gourcuff de décaler le coup d’envoi du prochain championnat au mois de février intéressante. Evidemment, ce ne sera pas simple à mettre en application, car il faudrait composer dans ce cas de figure avec l’Euro (intercalé l’été prochain), mais le débat mérite d’être posé. Aujourd’hui, le football professionnel se trouve à un carrefour. Les décideurs vont vite devoir réajuster certaines choses qui ne peuvent plus durer. Je pense en priorité à la question des salaires. Ces dernières saisons, on a assisté à une inflation parfois incroyable, jusqu’à arriver au point de rupture. Pour que les projets des clubs puissent tenir le coup, il va falloir réduire la voilure, c’est le moment de calmer cet emballement !
C’est vrai que le football d’élite nous fait vibrer, nous, passionnés. Comme bon nombre de supporters, dès la première semaine de confinement, la Ligue 1 commençait déjà à me manquer… Mais attention, n’oublions pas que c’est tout l’univers du ballon rond qui est directement impacté, à commencer par la base : le football amateur. Il ne faut jamais négliger cette dimension.

La réalité du terrain prévaut toujours, surtout lorsque l’on fait face à une crise exceptionnelle. Chaque jour, je trouve d’ailleurs que la mobilisation des acteurs du football sur les réseaux sociaux donne du baume au cœur. Je suis particulièrement touché par ces marques d’affection vis-à-vis du personnel soignant, d’autant que mes deux sœurs sont infirmières à Saint-Quentin (Aisne), d’où je suis originaire. Elles sont donc en première ligne pour lutter face à ce virus, qui, je l’espère, sera bientôt un très mauvais souvenir pour tout le monde… »