FC Nantes – Dunkerque : Grégory Poirier : « On est sur le projet d'une saison avec l’ambition de faire quelque chose d'incroyable »
Avant de recevoir Dunkerque, le coach a évoqué les sujets chauds du terrain : efficacité offensive, hiérarchie dans les cages, dynamique de résultats, cadres qui s’installent.
Vous affrontez Dunkerque ce week-end. Que pouvez nous dire de cette équipe ?
C'est une équipe qui a posé beaucoup de problèmes au gros du championnat, à savoir Saint-Étienne avec une victoire et Reims avec un match nul. Ils ont parfois manqué d'efficacité, à l'image de leur dernier match contre Annecy. Ça va être une équipe redoutable, capable de construire. C'est une équipe qui est très bonne dans l'organisation et l'animation du jeu. Quand vous venez au FC Nantes, il y a toujours une émotion particulière. Il faut s'attendre, à l'image de Nancy, à une grosse opposition avec des joueurs qui vont jouer un match particulier dans leur parcours. C'est une équipe qui a des joueurs plus expérimentés et des joueurs plus jeunes que le club veut développer pour potentiellement les revendre. Ils sont sur une bonne dynamique. Ils ont fait les barrages il y a quelques années. Pour les avoir joués 2 fois l'année dernière, ce sont toujours des matchs très difficiles.
Depuis votre arrivée, vous avez pris 8 points en 5 matchs, ce qui est plus ou moins le même rythme que les équipes du top 5. Ça vous convient ou vous voulez accélérer la moisson de points ?
Ce qui est important, c'est de prendre conscience qu’on a pris du retard. Sur cette série de 5 matchs, on en a déjà repris un peu. Peu importe la formule, si on se rapproche de 2 points de moyenne par match, ça commence à devenir très intéressant. J'aurais voulu 1 ou 2 points de plus, mais je pense qu'il faut continuer. Contre Reims, il y avait une forme de frustration parce qu'on a eu les occasions mais il y a aussi eu une satisfaction dans la performance. On a été très solides. On a vu des belles choses.
« C’était notre meilleur match contre Reims »
Contre Reims, c'était votre meilleur match depuis votre arrivée ?
En match plein, oui. La 2e mi-temps de Guingamp était bonne mais dans l'ensemble, dans la constance que je demandais depuis un petit moment, c'était un match plein et c'était hyper satisfaisant.
Vous avez eu beaucoup d'occasions, mais vous avez dit qu’il manquait quelque chose pour la victoire. Est-ce qu'il y a encore un blocage psychologique ?
Ce sont encore les conséquences d'une équipe qui vient de loin. On est de moins en moins bloqués. On se lâche de plus en plus avec le ballon. On est plus forts à chaque match. Dans l'assise défensive, on avait besoin de ça. Il ne faut pas oublier qu’on a très peu concédé contre Reims, la 2e meilleure attaque du championnat avec des grosses individualités. Sur l'aspect défensif, c'est presque un match référence. Dans l'utilisation du ballon, il y a eu beaucoup de bonnes choses : des centres qu'on n’a parfois pas assez bien exploités. Si vous regardez bien, on a aussi manqué cette réussite, ce qui est le reflet d'une équipe en confiance. C'est là où il y a un domaine psychologique.
« Thomas Robinet est très généreux dans l'aspect tactique et dans le pressing"
Ce manque d'efficacité est un peu incarné par Thomas Robinet. Vous attendez plus de lui ?
Les attaquants sont beaucoup jugés par rapport à leurs statistiques, ce qui est normal. J'aurais été content pour lui, et pour l'équipe, s'il avait marqué 1 ou 2 buts de plus. Se procurer des occasions était déjà une étape. Thomas est très généreux dans l'aspect tactique et dans le pressing. Il faut qu’on franchisse un cap sur l'efficacité. Il a eu une bonne gestion des émotions à la fin du match contre Boulogne. Là, je pense qu'on avait des situations pour marquer. Je suis plus exigeant sur certains ballons qu'on a perdus, qu'on aurait pu encore mieux exploiter, et l'efficacité va s’améliorer. Il faut avoir ce brin de réussite qui permettra aux joueurs de marquer et de pouvoir s'installer dans une zone de confiance pour enchaîner. On doit faire plus. Il fallait déjà régler ce problème de solidité. C'est une équipe avec des attaquants qui sont capables de défendre. On veut faire plus offensivement, mais on a eu beaucoup de d'occasions.
Avec cette générosité, il perd en lucidité…
Si vous lui demandez de ne plus défendre, ce ne sera pas le projet de jeu et les autres joueurs ne seront pas contents. C'est aussi sa force et lui-même a besoin de construire ses matchs avec cet aspect. Ça dépend les caractéristiques de chaque joueur. Il y a des joueurs qu'il faut préserver dans l'aspect défensif afin qu’ils ne dépensent pas d'énergie. Avec cette consigne pour Thomas Robinet, on ne profiterait pas d'une de ses qualités. C’est un premier défenseur. Dans l'ensemble, il fait des bonnes performances. On attend toujours plus de lui sur l'aspect offensif quand on n’a pas marqué.
« Patrik Carlgren a fait une bonne prestation, ponctuée d'un clean sheet. Il n’y a pas de raison de changer. »
Au poste de gardien, comment a évolué la hiérarchie ?
Ça ne fait que 5 matchs que je suis ici. Je fais confiance aux performances. Je ne suis pas arrivé en étant maître de l'effectif dès le début, donc c'est le terrain qui parle. Il y a des états de forme différents. Il n’y a pas de choses ancrées. Ça va dépendre de beaucoup des performances. Patrik Carlgren a fait une bonne prestation, ponctuée d'un clean sheet. Il n’y a pas de raison de changer. C'est à lui d'affirmer cette ce rôle de titulaire. Max travaille bien et se prépare à repartir dans un nouveau cycle. Ça a été le cas avec Ibrahima Sissoko. Il a fait 2 matchs moins bon alors je l'ai mis sur le banc. Puis, il est revenu en étant important pour l'équipe. J'ai 3 bons gardiens à disposition, en plus de Yanel Zézé qui est performant. Si les joueurs sont performants, il n’y a pas de raison de les changer.
Gardien, c’est un poste différent. Il y a besoin de continuité…
Les 2 en ont besoin pour avoir du rythme. En tant que joueur de terrain, parfois, même quand vous êtes un peu moins bon, vous avez la chance de pouvoir continuer à jouer. Maintenant, on est à Nantes. Tout le monde doit se rendre compte qu’il y a un gros effectif. Quand une porte s'ouvre, il faut saisir l’opportunité. A ce poste-là, il faut encore plus de continuité. J'ai laissé du temps à Maxime Dupé. Il a été mieux mais il a manqué quelques arrêts décisifs pour retrouver son niveau. Sur les matchs amicaux, Patrik a été opportuniste.
« On est sur le projet d'une saison avec l’ambition de faire quelque chose d'incroyable »
Y-a-t ’il des joueurs qui commencent à s’installer durablement ?
Ça va dépendre des résultats, des performances. On y verra un peu plus clair en décembre. Aujourd'hui, en arrivant en cours de saison, je suis obligé de cultiver ce mode de management, en agissant en fonction de la performance. On verra si les statuts s'installent plus tard. Aujourd’hui, on a Amin Cherni qui a pris du retard sur ce qu'on attendait. Je lui ai dit. Ryad est revenu sur le côté gauche. Ce sont des options que j'ai. J'essaye de faire en fonction de la configuration du match, de la continuité et de l'état de forme. Il y a des postes où j'ai beaucoup de bons joueurs qui mériteraient de jouer. Ils se battent très fort à l'entraînement et le samedi c'est un peu la récompense. Quand vous ne jouez pas, il faut gérer la frustration Il faut que les joueurs comprennent qu'on est sur le projet d'une saison avec l’ambition de faire quelque chose d'incroyable : de remonter la pente et de remplir nos objectifs. On a besoin de cet état d'esprit. Tout le monde s'entraîne fort. Il faut garder ce caractère mais il faut aussi avoir une vision commune et un horizon sur la saison entière.
Lors de la journée ouverte aux médias, on vous voit souvent avec des groupes réduits à l’entrainement. Qu’est-ce que cela vous permet ?
On fait plus du spécifique ou de l'individualisation. En fonction de l'âge, du parcours, de l'état de forme, vous avez cette charge de travail qu'on peut accumuler ou pas. Il y a un programme d'individualisation avec certains joueurs plus jeunes qui ont besoin de se développer. C'est le moment de développer sur les situations de jeu dans lesquelles ils se retrouvent en compétition. Cette semaine, on avait une grosse partie spécifique défenseurs, sur les ressorties de balle et la prise d'informations. On avait aussi une partie offensive avec plus de finitions. Il peut y avoir du travail athlétique. Il y a tellement de situations de jeu différentes qu'avoir au moins une journée ou un bout d'entraînement avec une spécificité pour les joueurs permet de les considérer, particulièrement dans leur registre personnel.

