Le FC Nantes a toujours la tête en bas
Les Canaris pouvaient basculer du bon côté en enchaînant plusieurs résultats. 1 mois après le retour d’une trêve internationale de 3 semaines qui aurait dû permettre aux hommes de Grégory Poirier de relever la tête, le compte n’y est pas.
« Mon équipe n'aura pas le même visage dans trois semaines ». La phrase prononcée par l’entraineur nantais aux abords du mois d’octobre parait bien terne à côté des résultats. 7 points pris sur ses 4 premiers matchs, seulement 2 sur les 4 suivants, effectivement, cette équipe qui a su l’emporter dans la douleur face à Nancy et Boulogne n’a pas le même visage qu’avant. Parce que si des rencontres ont apporté des espoirs et des satisfactions sur le terrain lorsque l’on regarde la domination face à Reims ou la solidité défensive face à Saint-Etienne, le résultat ne s’en est pas suivi.
Pire même, le FC Nantes a failli dans des rencontres à domicile face à des adversaires jugés comme abordables au coup d’envoi. Dunkerque ou Clermont, deux « petits » que le FC Nantes a peut-être pris de haut. Une erreur fatale en Ligue 2 et qui coûte des points. Pourtant, avant la réception des Auvergnats, Grégory Poirier semblait au fait de ce risque : « On doit progresser dans ce genre de match. On ne doit plus passer à côté de ce genre de rendez-vous, ne plus laisser aucun détail au hasard ou à l'inconnu. Il faut tout mettre du bon côté : l'approche mentale, l'état d'esprit de chacun, ce qu'on met en place tactiquement. Il faut toujours se remettre en question quelle que soit l'adversité. Il faut prendre des points, surtout quand c'est un adversaire à notre portée ».
La donne était bien différente après le revers alors que le technicien nantais, désemparé, a tenté d’expliquer les défaillances de son équipe « Je pense que c’est une histoire de concentration, de respect de l’adversité, d’acceptation du championnat. Il y a une remise en question à avoir chez certains joueurs ».
Le FC Nantes doit revoir ses objectifs à la baisse
Cette question de la prise de conscience de la Ligue 2 est encore au centre des erreurs du groupe nantais. Si Kelvin Amian affirmait que l’équipe « avait compris » ce qu’était ce championnat avant la réception des Auvergnats, Grégory Poirier en a rajouté une couche à la fin du match : « On doit vraiment comprendre qu’on est en Ligue 2. Personne ne nous donnera rien. On doit faire beaucoup mieux et se remettre en question par rapport à notre gestion du match ».
Conséquence directe : l’écart se creuse avec le top 5. Une saison de galère après une descente, ce n’est pas si rare pour des clubs historiques de la première division comme le rappelait le coach de 44 ans : « Quand vous avez été habitué à la Ligue 1, c'est très difficile de se remettre en question. Saint-Étienne a eu une saison très difficile après la chute la saison passée. On est en train de subir ça dans un contexte mathématique où l'équipe a très peu gagné depuis longtemps ». Pour Fabien Centonze, « le plus dur va être de stabiliser le club parce qu’on est dans une spirale négative. On voit que certaines choses ne fonctionnent pas ».
Résultat : l’équipe qui parlait de remontée directe est plus proche de la relégation que de son objectif initial. Une situation qui appelle à l’humilité pour l’entraineur nantais : « Mathématiquement, ce serait en manquer que de parler de montée. On doit regagner des matchs. Ce sont des objectifs à court terme », soutenu dans le discours par son piston droit : « Il faut arrêter de se mettre cet objectif là parce que peut-être que dans les têtes, on se voit plus beau que tout le monde et ce n’est pas le cas. On le voit sur les matchs. Peut-être qu’il faut davantage se fixer des objectifs par mois. Je pense que c’est la meilleure méthode ». Voir match après match et savoir reprendre confiance en remportant notamment ses matchs tournants.
Des points perdus en menant au score
Les maux des Canaris sont connus, à commencer par un manque d’efficacité offensive. Les Jaunes et Verts se heurtent à des défenses bien en place et ne parviennent pas à faire la différence dans les derniers mètres. Interrogé sur un potentiel manque de profil percutant sur ses lignes offensives, Grégory Poirier a concédé ce manque dans son effectif : « Il nous manque de la percussion dans les uns contre uns, même si Antoine Joujou est capable de le faire. Ça demande aussi des espaces. On n'en a pas toujours eu par rapport à l'adversité. Des joueurs comme Ignatius Ganago, Killian Corredor ou Antoine Joujou doivent nous apporter ça. Balthazar Pierret est aussi capable de le faire au milieu ».
Dans le dernier geste, ce qui a souvent coûté aux Canaris, ce sont les opportunités ratées de faire le break. Que ce soit à Guingamp, Dunkerque ou Clermont, le club des bords de l’Erdre a craqué après avoir mené au score, en offrant souvent des situations à ses adversaires. Inconcevable pour l’entraineur nantais : « Quand vous êtes dans un moment délicat, la priorité, c’est de ne pas faire de cadeau à l’adversaire. On doit s’améliorer offensivement et se mettre à l’abris. Les victoires sont difficiles dans ces moments-là ».
La réaction se fait attendre mais le match nul contre Clermont semble pouvoir agir comme un déclencheur dans l’esprit du technicien nantais. S’il affirmait « ne pas perdre ses matchs sur l’aspect tactique », ne remettant pas en question son système en 3-5-2, grâce notamment à « une bonne organisation et animation défensive » selon lui, l’ancien coach du Red Star a pris conscience que certaines choses ne fonctionnent pas. « Les pistons n’apportent pas assez. Il y a une reconfiguration mentale à faire chez certains joueurs. Certains ne sont pas près. Je vais devoir faire des choix. J’essaie de remettre tout le monde à l’endroit mais parfois il faut se rendre à l’évidence ».
Lorsque l’on regarde la performance à Saint-Etienne ou contre Reims, tout n’est à jeter mais le FC Nantes doit retrouver le goût de la victoire avant de revoir ses objectifs à la hausse comme l’indiquait Grégory Poirier : « Si on gagne un match, après, on pourra parler d'enchaîner. On doit d'abord réapprendre à gagner les matchs, réapprendre à tenir les scores. Ça prend du temps et on en a eu très peu mais on a les armes pour changer les choses ».
Thibault Marchand

