Corsaires de Nantes : Franck Spinozzi, un retour sur la glace avec le feu sacré
Le Franco-Canadien Franck Spinozzi (58 ans) et son franc-parler débarquent dans la cité des ducs avec une mission : répondre aux objectifs de haut de tableau. Le spécialiste de cette D1 ne se leurre pas, conscient que la mue ne se fera pas d’un claquement de doigts. Après une année en qualité de manager, ce fondu de coaching a hâte de retrouver cette casquette avec les Corsaires.
Vous étiez de retour à Neuilly en qualité de manager… mais l’envie d’entraîner de nouveau a été plus forte ?
En effet… j’aime beaucoup trop coacher (rire) ! Et puis c’est vrai que sur la saison dernière, j’avais endossé un rôle différent dans ce club de Neuilly où j’avais déjà passé 10 ans (2010-2020), lors de mon arrivée en France. Alors je me suis mis en recherche de nouveau projet. Et puis, je suis vraiment en amour avec cette région des Pays de Loire, que j’ai découvert il y a quelques années. À Nantes, on est à 45 minutes de l’océan, j’adore la côte atlantique !
Le fait que Francois Dusseau, que vous connaissez depuis votre passage à Tours notamment, soit présent ici à Nantes, a dû faciliter le contact ?
Bien sûr. La première des choses a été de constater ces dernières années à quel point le club se professionnalise et avait vraiment la volonté passé à un autre niveau. J’avais pu parler avec François d’une possibilité de venir à Nantes, et que la proximité que l’on peut avoir tous les deux, notre vision commune sur la performance et le hockey sur glace en général, pourraient permettre d’être un duo efficace. Et puis, surtout, on n’a pas peur de se dire ce que l’on pense !
« Redonner cette envie forte de défendre le maillot »
Des valeurs communes, de la franchise, cela semble être votre première ligne directrice dans votre façon de faire…
Complètement. C’est d’ailleurs aussi pour cela que j’ai voulu être au clair avec mon précédent club. La deuxième chose était sûre : je ne voulais pas aller dans un club pour m’ennuyer. J’ai besoin de challenge, cela fait 37 ans que je fais ça ! Je le fais avec passion, je veux que mon investissement soit en conséquence et donc face à une équipe qui est prête à cela.
Dans vos premiers échanges, que cela soit avec le staff ou avec les dirigeants, quels ont été les axes principaux abordés ?
Je pense que le mot d’ordre pour tout le monde ici est stabilité. Il y en a besoin en dehors de la glace. C’est une évidence et le travail me semble plutôt bien fait de ce côté-là. Cela doit être inspirant pour redonner des valeurs de travail aux joueurs, cette envie forte de défendre le maillot. Je ne peux pas transiger sur ce paramètre et on ne pourra pas y arriver sans cet état d’esprit.
« La qualité des joueurs français va changer la donne »
De quoi orienter le recrutement ?
Je pense sincèrement que ceux qui restent répondent humainement et sportivement à ce critère. En effet, pour ceux qui partent, c’est soit que c’était une fin de cycle, soit le bon moment. Maintenant, on sait très bien que pour ramener l’équipe en haut du tableau, dans cette division très dense, cela se fera de façon progressive.
Cette première division ne cesse d’étonner, ces dernières saisons connaît un nouveau tournant d’ailleurs, avec le passage à 7 étrangers autorisés seulement (lire par ailleurs) !
Cela va vraiment tout resserrer encore ! Et surtout, la qualité des joueurs français va changer la donne. Pour moi, c’est là que le delta entre les équipes va se creuser ! Nos cinq Français gardés vont avoir énormément de pression car ils savent qu’ils se doivent d’être des éléments forts.

