FC Nantes Féminines : Maureen Cosson : « C’est une saison de rêve »

Titulaire à 29 ans, la défenseuse s’épanouit dans son club de cœur, qu’elle contribue à porter au sommet du football national. Après avoir passé près de 10 saisons dans l’antichambre de la Première Ligue, la capitaine à mi-temps est un symbole de la montée en puissance du FC Nantes Féminines.

Avr 18, 2026 - 11:18
Avr 9, 2026 - 11:50
FC Nantes Féminines : Maureen Cosson : « C’est une saison de rêve »
@Thibault Marchand

Vous n’êtes pas passées loin contre le PSG avec cette défaite 2-1. Comment vous êtes-vous sentis après ce match ?

Frustrées et déçues du résultat. On avait l'ambition de prendre 3 points. On a répondu présente. On est contente de ce qu'on a fait sur le terrain. On a eu les occasions pour faire au moins le match nul. On s'est rendu coup pour coup. On est satisfaite d’avoir faite jeu égal avec le PSG sur la rencontre

À la fin du match, Nicolas Chabot disait que votre performance montrait que le FC Nantes s’est rapproché du niveau du PSG. Tu es d'accord avec ses déclarations ?

Carrément, les statistiques le montrent d'elles-mêmes ! Sur le terrain, on a réussi à proposer le jeu qu'on voulait. On s’est procuré un certain nombre d'occasions, à être tranchantes, à marquer. On ne s’est pas sentie en danger permanent ou en situation d'impuissance, à aucun moment. On a senti des temps forts, des temps faibles, mais on n'a pas senti de supériorité parisienne comme on a pu le ressentir l'année passée ou contre Lyon.

Avec cette performance et les doubles victoires contre le Paris FC et Fleury, le FC Nantes passe dans une autre dimension.

Forcément, on bat des équipes du haut de tableau, qui sont devant nous au classement. Quand on rivalise avec des équipes comme ça, on rentre dans une autre dimension. Le plus important va être de continuer. C'est bien de l'avoir fait là contre le Paris FC, d’avoir été proches de le faire contre le PSG mais il ne faut pas s’arrêter parce qu'on a encore un match contre Lyon. J’espère qu’on aura l'occasion de rejouer une de ces équipes en playoffs. Ce n'est pas terminé.

Etant au club depuis 3 saisons, tu avais connu la montée en Première Ligue. Qu’est ce que tu ressens face à cette saison historique ?

C'est beau. La première saison était déjà historique : la montée, la première saison en Arkéma l’était aussi avec un maintien assez tôt dans la saison et une belle 7e place. C'est une saison de rêve. L'ascension est très rapide. On en profite au maximum au quotidien.

De l'extérieur, on voit un groupe très soudé. En tant que capitaine à mi-temps, qu'est-ce qu'il a de si spécial ?

On s'entend toutes bien. On partage énormément de choses au quotidien. On rigole, on se chambre tout le temps. On est un groupe de copines. Avant les matchs, on se dit qu’on va gagner entre copines. C'est ce qui nous pousse, ce qui nous permet de faire tous les matchs à 100%. Je pense que tout le monde se sent bien dans le groupe. Toutes les filles aiment s'investir, faire les choses les unes avec les autres. C’est la force de ce groupe.

Cette force peut permettre à ce groupe de performer sur la durée, sur plusieurs saisons ?

On l’espère. On a envie de continuer toutes ensemble. On a envie d'être là encore l'année prochaine et continuer à développer ce projet. On verra ce que l'avenir dira. Il reste 3 matchs ou plus avec les play-offs mais c'est passé à une vitesse folle. C’est quasiment la fin. On n’a pas envie que ça s'arrête. On veut que ça continue. Ça se passe tellement bien. On veut que ça dure.

Vous sortez en quart de finale des deux coupes. Ne pas avoir accroché au moins un dernier carré, c'est une ombre au tableau cette saison ?

Non, ce n’est pas une déception. Ce qu'on vit en championnat est tellement fort. On est omnibulée par les play-offs qu’on est vite passé à autre chose. Sur l'instant T, il y a eu de la déception mais on est rapidement replongée dans la dynamique du championnat. On aurait aimé une demi-finale même si ça aurait été contre Lyon donc ça console un peu (rires).

Pour revenir sur ton parcours. Tu as joué plus de 10 ans à La Roche sur Yon. Tu es née en Vendée, à Challans. Etais-tu déjà supportrice du FC Nantes avant d'arriver au club ?

Oui, évidemment (sourires). Je suis originaire de Noirmoutier avant d’aller à la Roche sur Yon. Nantes, c'est le club de la région, celui qu'on supporte. En tant que Vendéenne, je supporte Nantes depuis petite. Je suis venue à la Beaujoire avant d'y jouer.

Ton club de Noirmoutier était présent à La Beaujoire contre le PSG…

Je ne savais pas qu’ils viendraient. Quand j'ai vu la banderole, ça m'a beaucoup touché. Voir, les petits, les parents, ce ne sont que des gens que je connais. Je sais qu'ils sont très fiers de ce que je fais et de les voir là, à la Beaujoire, avec cette banderole... Il y avait une photo de moi petite à Noirmoutier et une de maintenant. Il y avait aussi les petites des Féminines Ouest Vendée. C'est le groupement qui regroupe du coup les filles de Noirmoutier, Saint-Jean-de-Monts et La Barre-de-Monts. Elles étaient là avec leur pancarte. Ils ont eu mon maillot à la fin du match.

Tu as joué quasiment 10 ans en 2e division, même si tu es montée une saison avec La Roche sur Yon. Tu t'imaginais un jour être titulaire et capitaine d'une équipe qui joue les play-offs ?

Non, quand j'étais à La Roche sur Yon, le quotidien allait très vite. Je travaillais à côté. On s'entraînait le soir. J'adorais ce que je faisais mais je n'imaginais pas ça. Plus les années passaient, plus je me disais que je ne le vivrais pas. J’aimais bien ce que je faisais donc je n'y voyais pas non plus l'intérêt. L'opportunité s'est présentée avec Nantes et je vais probablement jouer les play-offs. Je n’y aurais jamais cru. Je ne regrette pas du tout parce que c'est fou ce qu'on vit.

Tu as commencé en travaillant à côté de du job de footballeuse et maintenant tu vis à plein temps. Tu penses que ton ascension est un symbole de l'évolution du foot féminin ?

Complètement. J’ai suivi le développement du foot féminin. Quand je suis arrivée en senior, tout le monde travaillait. Très peu de joueuses étaient professionnelles, même en première division, à part Lyon, le PSG et Montpellier au début. C’était la normalité de travailler à côté. Les années passent et dans de plus en plus de clubs, les filles sont professionnelles. J’ai aussi eu l’opportunité d’en faire une carrière professionnelle. Tout s'est aligné à ce moment-là.

Quand tu vois les jeunes aujourd'hui, celles qui commencent, comme Julie Swierot ou Lucie Calba, qui sont centrées sur le foot, ça doit faire quelque chose de particulier…

Toute ma génération et celles d'avant se sont battues pour qu'aujourd'hui les nouvelles puissent ne faire que du foot dès le début de leur carrière. L'évolution est belle. Elles ne se rendent probablement pas compte de la chance qu'elles ont. Vivre de sa passion dès 17 ans, c'est génial. Qu'elles foncent, qu'elles profitent au maximum de tout ça ! Quand on y arrive à mon âge, on n'a pas envie que ça s'arrête.

Cette saison a marqué un vrai tournant dans la médiatisation du foot à Nantes. Tu l'as senti en tant que joueuse ?

Ah oui, on le sent. On sent la présence des supporters, l'engouement que procurent les matchs à la Beaujoire, l'affluence à Saupin. On voit toute la communication qui est faite autour de nous par le club. Ce qu'on fait sur le terrain fait parler. Les gens apprécient ce qu'on fait, ce qu'on dégage.

Avec des buts qui font le tour du monde…

Ouais, c'est vrai. Ça, on n’y aurait pas cru mais c'est une belle image. Pour une fois, on montre des choses belles du foot féminin. C'est ce qu'il faut retenir, on ne voit pas une boulette mais un beau but bien construit.

Propos recueillis par Thibault Marchand