Stade Nantais : « On a clairement changé de dimension cette saison »
Acteurs chacun dans leur domaine de la montée en gamme du club, le Président Philippe Saulnier, le directeur général Gary Poinas et le manager de la Nationale 2 Florent Bonnefoy partagent leurs impressions et aspirations au terme d’un exercice en montagnes russes.
UNE SAISON PLUS DANS L’APPRENTISSAGE QUE DANS LA DÉCEPTION
P.S : On se retrouve stoppé à l’étape juste avant notre accomplissement de 2025, c’est donc une déception. Le scénario du barrage laisse pas mal de regrets mais il est clair que cela se joue avant, en n’étant pas à la hauteur lors du premier bloc.
F.B : Il y a de multiples facteurs qui expliquent certaines de nos difficultés, je conçois que le mot échec soit utilisé : nous faisons moins bien qu’en 2025. Ce sentiment-là, je l’ai vraiment ressenti le dimanche, au coup de sifflet final à Rumilly. Trois heures après, j’étais focus sur la saison à venir et l’analyse de ce qu’il allait falloir revoir. Notre défaite initiale à Marmande (34-33) fait mal d’entrée. Loin de moi l’idée de refaire la saison, mais on sait qu’il y a deux moments clés : les 5-6 premières rencontres et la reprise de janvier… Et nous n’en avons réussi qu’une des deux. Il y a un goût d’inachevé mais je garde le sentiment d’une saison beaucoup plus riche que la première.
G.S : Le sentiment d’échec sportif a été là, mais furtif. Quand on se retourne sur les mois passés, les retours du public et des partenaires, notre place dans le microcosme du sport nantais a clairement grandi. Tout ne peut pas se faire en un claquement de doigt. »
LES PERSPECTIVES POUR 2026-2027
F.B : On se doit d’aller vers ce rugby, qui va plus fort, plus vite, dans la polyvalence. On a beaucoup discuté sur les profils à recruter (lire par ailleurs). Et quand je parle de recrutement, cela veut dire aussi pour moi les prolongations des joueurs qui portent le projet !
P.S : Avec un budget atteignant quasiment les 2,7 millions d’euros sur l’exercice venant de se terminer, une accession en Nationale au printemps 2027 boosterait l’ensemble. On ne devra pas faire plus de trois saisons en Nationale 2, c’est une évidence pour moi. Bien sûr que l’on se doit d’être patients, mais la montée sera clairement l’objectif et on devra le montrer très vite. Pour passer un nouveau cap et se stabiliser à l’étage supérieur, la barre des 3 millions serait l’objectif à atteindre, en poursuivant notre croissance auprès des partenaires et avec une potentielle ouverture au capital.
G.P : Le recrutement a déjà bien avancé et il était hors de question de faire table rase. Sur ces 6 dernières années, nous nous tenons entre 20 et 25% de renouvellement. Sur les 46 joueurs qui ont été préparés à l’aventure cette année, 14 sont issus de la formation nantaise.
LES POINTS FORTS A OPTIMISER
P.S : La Fédération est unanime sur l’intérêt de notre projet, sur la place que le rugby peut se faire à Nantes. Mais afin d’optimiser tous les efforts, que le soufflé ne retombe pas, il faut ce coup d’accélérateur. Et continuer à soigner cette formation qui est le ciment (lire par ailleurs).
G.P : Nous ressentons au quotidien le changement de dimension, les émotions que génère le parcours en championnat de l’équipe de N2. On l’a vu de façon très concrète avec une fréquentation en très nette hausse à Laporte et un pic de 2.700 supporters sur le dernier match à domicile. Ce ne sont plus seulement des anciens ou des spécialistes de l’ovalie qui viennent au stade, mais bien un public qui s’est pris au jeu. Il suffit de voir le suivi des lives sur notre chaîne YouTube également.
F.B : Et c’est aussi là que les profils des joueurs comptent. Je pense sincèrement que le groupe dégage cette envie de venir les supporter à domicile. Cette identité qui parle, que l’on veut soutenir. C’est le critère numéro un dans la réussite collective et sur ce point, je suis intransigeant : il faut adhérer au projet du club, à l’état d’esprit qui est en place.
Propos recueillis par Gaëlle Louis

