Nicolas Chabot avant OL Lyonnes – FC Nantes Féminines : « 95% des équipes perdent contre Lyon. Soit on est une équipe parmi les autres, soit on fait quelque chose d'extraordinaire. »
Ne s’avouant pas perdant avant d’avoir joué leur demi-finale de championnat, l’entraineur nantais veut y croire tout en étant conscient de l’exploit qu’il faudra réaliser pour s’imposer face aux finalistes de la Ligue des Champions, invaincues en Arkéma Première Ligue cette année.
C’est le 3e match contre Lyon cette année. Les deux autres sont des bons indicateurs pour ce play-offs ?
Non, il y a beaucoup de choses qui changent. Entre le début de saison, la rencontre récemment. Ils avaient la finale de coupe. Ils ont ensuite la finale de LDC. Je ne sais pas quelle équipe ils vont réellement aligner. Je sais à peu près comment ils vont jouer parce que c’est à peu près tout le temps de la même manière.
Quelles vont être les clés de cette rencontre ?
Il n’y a pas beaucoup de surprises sur ce qu'on va devoir faire, sur ce qu'on va avoir à vivre et sur la prestation qu'il va falloir sortir pour faire un résultat. Leur intérêt va être de débloquer rapidement le score, de nous faire courir, d'être patientes en sachant qu'on sera plutôt structuré, d'essayer de récupérer un maximum de ballons haut. J’espère qu’on se rendra coup pour coup. On a besoin d'être resserré, juste techniquement, d'être rapide dans tout ce qu'on va faire. On aura peu de temps pour recevoir le ballon et décider tout en résistant à la fatigue. On doit être intelligents pour essayer de les faire courir par moment comme on l'a fait contre le Paris Saint-Germain, contre le PFC, qui sont aujourd'hui les équipes les plus proches de Lyon. Pourquoi est-ce qu'on ne serait pas capable de le faire contre Lyon. On va le tenter. La tâche n’est pas facile mais le défi est excitant.
Gagner là-bas, ce serait un exploit de quelle ampleur ?
On ferait ce que personne n’a fait en France cette année. Seuls Arsenal et Wolfsburg ont réussi à les battre à domicile, personne à Lyon. Une fois que j'ai dit ça, j'ai presque tout dit.
Quoi qu'il arrive, c'est une saison historique, c'est un match bonus ?
Oui et non, ce n’est pas un match amical. Ça ne changera rien à la saison historique qu'on a réalisée. Entre battre Lyon ou arriver en playoffs, je ne sais pas ce qui est le plus dur. Être régulier comme on l’a été régulier sur l'ensemble de la saison, c'est dur. Aujourd'hui, on a 41 points, on a perdu un seul match sur la phase retour. On a 17 matchs sur 22 avec des points et on ne finit pas 2e ou 3e. Ça montre la qualité du championnat. Quoi qu'il arrive, la saison est réussie. On enlève toute pression aux joueuses. 95% des équipes perdent contre Lyon. Soit on est une équipe parmi les autres, soit on fait quelque chose d'extraordinaire.
Est-ce davantage une récompense ?
Oui, tant que la 4e place ne sera pas européenne, ce qui est bien dommage. Le championnat français gagnerait en attractivité si elle l’était. Ça changerait la dimension du championnat et ça donnerait encore plus de compétitivité. A la fin de la saison, on jouerait une Coupe d'Europe. Ça change la donne. C’est un match de récompense pour tout le travail fourni et pourquoi pas s'offrir un 2e match. Ce n’est pas exclu de battre Lyon. On devrait être à 100% avec une grande qualité de banc.
Le fait que Lyon prépare des échéances européennes, ça peut influer sur la qualité de leur effectif ?
Non, qu'ils mettent leur équipe A, B ou C, ils n’ont que de super joueuses. Le coach va peut-être donner du rythme à certaines, en reposer d'autres. Que ce soit Katoto ou Hegerberg devant, Brandt ou Chawinga sur un côté. Bécho ou Diani, de l’autre, elles ont suffisamment de qualité pour jouer sur les 4 tableaux. Elles auront une équipe compétitive.
Face à l’OL Lyonnes, il y a aussi une dimension athlétique à prendre en compte…
Elles courent plus vite que nous. Elles sautent plus haut que nous. Elles sont plus massives que nous. À partir de là, il faut qu’on soit rodés. Quand on voit qu’elles sont capables de mettre 3-0 à Paris en 30 min, de gagner 4-1 sur le match… Elles ne sont pas en finale de Ligue des champions pour rien.
Face à une équipe de Lyon à 100%, c’est impossible ?
Non, il n’y a rien d'impossible dans le football. Ce sera 11 joueuses contre 11 joueuses. On devra être efficace sur les occasions qu'on aura. Il faudra qu’elles soient plus maladroites que d'habitude. On n'est pas à l'abri qu'il y ait une main dans les 2 premières minutes et qu'il y ait penalty pour nous et qu'on ouvre le score. On n'est pas à l'abri que ça fasse comme le Paris Saint-Germain où elles ont débloqué la situation sur un penalty. On est à l'abri de rien. On doit générer des contextes, les pousser à la faute, aller jouer grandement notre chance parce que parce que tout est possible même si l'adversaire est plus expérimenté. On sait que ça va être dur. Le but, c'est de créer un exploit.

