FC Nantes Féminines : Julie Swierot : « Je m’approprie le club comme si j'étais là depuis longtemps »

Milieu box-to-box, la joueuse de 19 ans prêtée par l’OL Lyonnes s’est imposée dans l’entrejeu des Jaunes et Vertes cette saison. Au centre de formation lyonnais depuis ses 10 ans, la joueuse d’1,68 m fait partie de la nouvelle vague de footballeuse qui ont grandi autour du ballon rond. Internationale espoir française depuis octobre 2025, la Canarie accumule de l’expérience pour sa deuxième saison professionnelle après avoir disputé le maintien avec Reims la saison passée.

Mar 25, 2026 - 09:51
FC Nantes Féminines : Julie Swierot : « Je m’approprie le club comme si j'étais là depuis longtemps »
@Thibault Marchand

Après avoir joué quelques matchs avec Lyon, tu as commencé ta carrière en professionnel par un prêt à Reims et à Nantes cette année. Quand on est dans un club comme Lyon, est-ce que c'est le meilleur moyen de grandir ?

Oui, je pense. C'est compliqué d'être dans un grand club quand on est jeune même si on apprend beaucoup avec les grandes joueuses. On voit directement ce que c'est le haut niveau. Il y a beaucoup d'exigence et d'intensité. Aller dans d’autres clubs, ça permet de comparer les infrastructures. J'ai fait ma première année avec l'équipe première de l’OL Lyonnes. J'ai compris que je devais jouer davantage pour m'imposer dans cette équipe. Le championnat est costaud. Quand on est jeune, on ne se rend pas compte de l'intensité. Être parti ailleurs, ça m'a permis de comprendre cette exigence du haut niveau.

« On apprend beaucoup quand on joue la relégation »

L'année dernière, à Reims, tu as subi une relégation. Vivre une expérience comme celle-ci dès une première année complète, c'est quelque chose qui forge une joueuse ?

Oui, mentalement, on comprend la difficulté. On apprend beaucoup dans ces moments-là. On comprend ce que sont des matchs à enjeu. La relégation s'est jouée sur le dernier match jusqu'à la dernière minute. En une minute, tout peut basculer. Ça transmet des émotions, pas forcément positives. C'était dur à accepter.

Quelle mentalité a-t-on lorsqu’on subit une descente en étant en prêt ?

Tout le monde pense que comme ce n’est pas notre club, c’est moins important. Personnellement, dès que je porte de nouvelles couleurs, je donne tout pour le club. Je me l'approprie comme si j'étais là depuis longtemps. Je me bats comme si c'était mon club formateur, mon club de cœur. Voir le club descendre, ça m’a fait mal.

Quel était ton objectif en arrivant à Nantes cet été ?

Jouer et m'imposer. L'année dernière, c'était difficile avec notre plan de jeu, on était beaucoup de nouvelles. A Nantes, on a un style de jeu que j'aime beaucoup. C'est un jeu de possession. On garde le ballon. On prend du plaisir entre nous en jouant en combiné. Ça marche plutôt bien. Quand on a commencé la saison, on était en pleine confiance. Tout nous réussissait. Je me suis dit « pourquoi pas jouer dans le top 4 ».

« C'était choquant d’être devant autant de supporters à La Beaujoire »

Tes débuts à domicile se sont faits à la Beaujoire face au Paris FC. C'est assez marquant…

C'était choquant d’être devant autant de supporters. C'était plaisant à jouer. Quand une tribune se lève à chaque action, on se sent plus forte. L'équipe est consciente qu'il ne faut pas décevoir. C'est une bonne sensation. Presque tous les clubs d’Arkéma jouent dans leur grand stade désormais. Ce genre de match influence les autres.

Après avoir connu la bataille pour le maintien, tu en vis une pour les play-offs, ça permet de se développer en tant que jeune joueuse ?

Quans on est jeune, jouer de grandes échéances comme celle-ci, c'est bien pour la suite de notre carrière. L’équipe est unie pour un seul objectif. Si on réussit, ce sera beau. Plus tard, on en reparlera en se disant qu’on a fait de grandes choses.

Dès ton arrivée à Nantes, tu as connu ta première sélection en Equipe de France Espoir. Après avoir fait toutes les classes chez les jeunes (U17, U19), c'est venu plus vite que prévu ?

Je n’y pensais pas. Je suis heureuse d'avoir été prise. Je suis fière. Avec la génération 2006, on se disait qu'on allait faire toutes les classes ensemble jusqu'à l’équipe A. Ça fait bizarre de voir que certaines vont plus vites que d’autres.

Tu as eu l’occasion de disputer l'Euro U 17 et U 19 avec un titre et une finale. Quelle est l’importance de disputer ces compétitions internationales chez les jeunes ?

Jouer contre des grandes équipes nationales accélère le développement. On remarque la manière dont les autres pays travaillent. En France, on n'a pas les mêmes réflexions de jeu. Gagner l’Euro U17 face à l’Espagne, c'était tellement satisfaisant. Lors de l'Euro U19, il y a eu une revanche, avec les mêmes équipes. Perdre cette finale, c’était une mauvaise fin pour la génération.

Tu voudrais jouer à l'étranger dans ta carrière ?

Oui, pour la culture, pour avoir une autre vision du football. Y aller seul ou avec ma famille, j’y pense.

« Ma famille sait me remettre la tête sur les épaules quand il faut »

On voit certaines joueuses et joueurs se brûler les ailes en rejoignant trop tôt les sélections. Comment tu t’en préserves ?

Ma famille me suit beaucoup et me remet la tête sur les épaules. Je sais que d'un moment à l'autre, tout peut basculer. Certaines filles étaient des pépites et ne jouent plus du tout. Il y a beaucoup d'exigences à avoir. Il faut travailler tout le temps pour conserver ce temps d'avance. Ayant vécu une relégation, ça donne envie vivre autre chose de plus positif. Pour ça, il faut fournir des efforts.

J’imagine que tu as l’Equipe de France A dans un coin de ta tête…

Bien sûr. J’aimerai gagner des titres en A. On est un grand pays mais on n’en a pas. C’est triste et je voudrai remédier à ça.

Propos recueillis par Thibault Marchand

 

Parcours

-            Formée à l’OL Lyonnes

-            2023 : Débuts en professionnel avec l’OL Lyonnes

o   Une entrée en jeu en Ligue des Champions contre le SK Brann

-            2024-2025 : Prêtée au Stade de Reims en Arkéma Première Ligue

o   Se bat pour le maintien avec les Champenoises

-            2025-2026 : Prêtée au FC Nantes

o   Se bat pour les play-offs

Equipe de France

-            U23 (Espoirs)

o   4 sélections pour 2 titularisations

o   Depuis le 23/10/2025

-            U19

o   30 sélections pour 28 titularisations

o   Finale de l’Euro U19 en juin 2025

o   Du 20/09/2023 au 27/06/2025

-            U17

o   9 sélections pour 4 titularisations

o   Vainqueur de l’Euro U17 en mai 2023

o   Du 22/10/2021 au 26/05/2023

L’anecdote

Au centre de formation de l’OL depuis ses 10 ans, Julie Swierot y a rencontré Mélissa Bethi, avec qui elle évolue aujourd’hui dans l’entrejeu nantais : « Quand on était jeune, on ne se voyait jouer le top 4 10 ans avec le FC Nantes. On a grandi ensemble ».