Neptunes de Nantes : les coulisses d'un retour au premier plan

En remontant immédiatement en première division après une douloureuse mais nécessaire rétrogradation administrative, les Neptunes sont prêtes à retrouver leur place parmi le gratin hexagonal. Un challenge que jamais le président Franck Perraudeau ainsi que l’immuable Monique Bernard ont imaginé ne pas accomplir, avec à la barre du navire un Sylvain Quinquis qui a su garder le moral et l’ambition dans cette année de transition.

May 18, 2026 - 08:10
May 13, 2026 - 12:57
Neptunes de Nantes : les coulisses d'un retour au premier plan
@Gaëlle Louis

Monique, vous étiez présidente de la SAS au moment de la décision en mai 2025. Pouvez-vous revenir sur les quelques semaines qui ont orchestré la préparation de cette saison à l’étage inférieur ?

M.B : C’est en effet quelque chose qui a été travaillé en amont car on pressentait la chute. Et pourtant, on s’est arc-bouté, car on se disait que même si la chance était minime de poursuivre en D1, elle existait et on ne pouvait pas la mettre au placard. On attendait ce mécène, mais rien ne se concrétisant, nous avons pris la décision d’un arrêt d’une collaboration… qui finalement n’a jamais existé. On ne voulait surtout pas polluer le sportif avec les soucis en interne. Nous avons donc travaillé dans l’ombre avec tous les administratifs ainsi que Sylvain (Quinquis, le directeur sportif).

 

Dans une décision aussi brutale, la priorité a donc été d’ailleurs de garder avant toute chose vos salariés dans les bureaux…

M.B : complètement. Et c’est la meilleure décision que nous avons prise car clairement, sans eux, jamais nous n’aurions plus accomplir ce qui a été fait cette saison.

F. P : Dès le 31 mai 2025, la SAS a disparu et le club s’est retrouvé dans un statut amateur à la gestion unique. Il a fallu être hyper efficace car il y avait pour Sylvain Quinquis une équipe à monter en un mois seulement, avec des exigences extrêmement différentes de celle de la Saforelle Power 6. Comme le disait très bien Monique, garder nos salariés a été salvateur, car clairement nous avions deux ambitions : être capable de faire le boulot sur le terrain et maintenir en dehors le niveau de ce que nous pouvions proposer en première division. Et la condition sine qua non pour montrer que nous avions notre place à l’étage supérieur a été plus que remplie (sourire).

 

 

« La réponse positive du CNOSF a été un vrai soulagement »

 

 

La réglementation imposant aux équipes reléguées administrativement de devoir observer deux ans de purgatoire à l’étage inférieur a dû vous faire passer un sale hiver, en revanche…

F. P : Bien sûr que ça a été dur quand on nous a dit cela en décembre. On a donc posé un recours officiel et fait une demande de conciliation auprès du CNOSF afin que notre cas soit révisé. Nous avons eu la réponse positive le 3 avril et cela a été un vrai soulagement !

S.Q : A ce propos, les joueuses étaient au courant et malgré cette épée de Damoclès, j’ai la sensation que ça a été un moteur en plus pour performer. On nous tenait au courant régulièrement et je pense qu’on a eu des éléments forts à faire valoir.

M.B : Le fort travail que nous réalisons dans le secteur formation (lire par ailleurs) a été un atout de poids. Il aurait été peu concevable de voir disparaître de la carte un club comme Nantes avec ses 400 licenciés et ses performances dès les plus jeunes catégories. Et en ayant fait ce choix de conserver prioritairement notre équipe administrative, cela nous a aussi permis de continuer le travail auprès des partenaires et de fonctionner de façon professionnelle.

 

Et donc de repartir sans perdre de temps structurellement !

F.P : On n’a pas baissé en qualité évènementielle et dans l’accueil de nos partenaires ! Il faut dire qu’on avait également des garanties de ces derniers ainsi que de nos institutionnels. Même si on ne va pas retrouver notre niveau d’il y a deux ou trois ans, on sait que l’on a ce qu’il faut pour tenir sereinement. Alors certes, il n’est pas possible de réaliser un recrutement aussi faste que ces dernières années, mais avec la chance extraordinaire d’avoir Sylvain aux manettes, nous avons déjà bien avancé !

S.Q : C’est beaucoup d’éloges (rire). J’ai regardé beaucoup de matchs de SP6, j’ai également beaucoup échangé avec mes homologues : on était tous d’accord pour constater que cette saison, le niveau a XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXété énormément embrassé. Il y a certes les grosses cylindrées que sont Mulhouse et Paris devant, mais derrière… On a donc à recréer une dynamique et un groupe enclin à performer.

 

 

« Nous avons travaillé pour atteindre les 1.450.000 € de budget »

 

 

D’un point de vue beaucoup plus pragmatique, à savoir les finances, comment va se chiffrer la différence entre les deux divisions ?

F. P : Cette saison, nous sommes à 1.288.000 € de budget. Nous avons travaillé pour atteindre les 1.450.000 € la saison prochaine. Bien évidemment, si on dépasse les 1.500 000 €, on ne dira pas non (rire). Ce qui est certain, c’est que nous passons devant la DNACG avant la mi-mai et que notre dossier est prêt.

M. B : Sylvain peut en attester : on doit rester raisonnable et je suis intransigeante (rire) ! Nous revenons en fait à ce qui était notre manne financière d’avant Réalités (ndlr : l’ancien propriétaire, qui a abandonné ses obligations du jour au lendemain, il y a un an). Sauf qu’il a fallu pallier la coupe des aides de la Région, ce qui a été d’ailleurs catastrophique pour beaucoup de clubs.

S.Q : On voit bien le nombre de clubs professionnels en difficulté, en témoigne dernièrement ce qui se passe avec Le Cannet (champion de France 2022 et 2023, il subit le départ avec effet immédiat de son président et principal investisseur Stav Jacobi, un triste scénario qui n’est pas sans rappeler celui des Neptunes).

Propos recueillis par Gaëlle Louis

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Gaëlle Louis #Journaliste sportive - Asus ascendant Canon - dress code : chasuble fluo et badge plastique en collier #handball #basket #gymnastique (Insta : glphotographies)