FC Nantes : Vahid Halihodzic : « Il faudra réaliser plusieurs exploits pour se sauver »
Le retour surprise du Franco-Bosnien s’accompagne de nombreuses questions. N’ayant plus entrainé depuis 2022 et son départ du Maroc, l’ancien attaquant du FC Nantes se livre sur son retour. Le défi, son équipe, la tactique, les supporters, l’homme de 73 ans veut créer l’union sacrée derrière ses joueurs.
Les raisons de son retour
« Le FC Nantes est mon club de cœur. Beaucoup d’amis ne comprennent pas cette démarche. Quand la direction m’a contacté, j’ai d’abord refusé mais ils ont insisté. J’ai joué ici pendant 6 ans. Quand je suis venu entrainer le club en 2018, c’était déjà pour le sauver. Il restait plus de journées mais on s’en était bien sorti. Je suis revenu dans un moment très important pour le FC Nantes. Je viens pour essayer de maintenir le club, de réaliser un exploit »
L’ampleur du défi
« C’est presque mission impossible. C’est un défi énorme. Quand on regarde le classement, c’est de la folie. On est presque à 3 points du barragiste. On joue Paris, Marseille, Lens, Rennes d’ici la fin de saison. Notre premier match est contre une super équipe de Strasbourg qui joue l’un des meilleurs footballs en France. Avec la réception des Alsaciens et les déplacements à Metz et Auxerre, en 3 matchs, on peut reprendre espoir, se dire que l’exploit est possible mais un exploit ça se travaille. Je reste au club de 8h à 22h, chaque soir pour y parvenir. On va tenter quelque chose. Je ne sais pas si je vais réussir mais je peux promettre de tout faire pour. Il faudra réaliser plusieurs grands exploits pour se sauver »
Quelles chances pour le maintien ?
« Pour savoir si on a une chance, on dit faire des résultats sur nos 3 premiers matchs. On ne pourra réévaluer la situation qu’après le match contre Strasbourg. Ce premier match est capital pour créer une spirale positive »
Le FC Nantes 2025-2026
« J’ai eu beaucoup de mal à regarder les derniers matchs de l’équipe au vu de la qualité de jeu. J’ai vu beaucoup de choses qui ne me plaisent pas, des choses qu’il faut améliorer. Les joueurs ne sont plus habitués à gagner. Il faut les bousculer dans leur quotidien. Parfois, ils acceptaient de perdre sans se révolter. C’est la pire chose. Quand je perdais un match, je ne dormais pas. J’étais comme un lion enfermé en cage. Il faut les aider. Sur la combativité, la volonté, le plan tactique, il va falloir faire beaucoup de choses. Cette équipe manquait de leader. Ils ont accepté la morosité de la situation. Après quelques jours, ils ont déjà retrouvé le sourire »
Quelle tactique contre Strasbourg ?
« J’ai déjà une idée de comment on va jouer. Je cherche les joueurs à placer aux bons postes. On effectuera un gros travail tactique la semaine prochaine. L’important, c’est qu’ils aient plus confiance en eux, que la force collective et individuelle s’améliore »
Le travail déjà effectué
« En quelques jours, on a déjà effectué un travail régénératif pour augmenter le volume de travail et améliorer la récupération des joueurs. J’ai déjà vu des évolutions dans le pressing, les courses. Le rythme est déjà meilleur. Cette semaine, on va travailler le physique et la récupération pour avoir plus d’agressivité en défense »
Le message passé aux joueurs
« Je leur ai dit qu’il fallait maintenir le club en Ligue 1 pour eux, pour le FC Nantes. J’aime les piquer. Je leur ai dit que s’ils continuaient, ils joueraient en 2e division, seraient moins payés, perdraient en crédibilité. Certains baissaient la tête en m’écoutant. Je leur ai demandé de me regarder pour que l’on se comprenne tout de suite. Certains joueurs n’ont pas conscience du club dans lequel ils jouent. Le FC Nantes est mondialement connu par ses succès, par son jeu. Je suis venu pour les aider, pour les faire progresser »
Un appel aux supporters
« Je sais qu’ils sont tristes, mécontents, en colère. Aujourd’hui, j’ai besoin d’eux. Je vais rencontrer les associations de supporters. J’aimerai créer de l’enthousiasme autour de cette équipe vis-à-vis des supporters. Bien sûr, tout le monde est déçu aujourd’hui. Ils ont besoin de temps et de courage pour positiver. Les matchs qu’on prépare sont déterminants pour la suite »
Refaire de La Beaujoire une forteresse
« Les joueurs ont peur de jouer à La Beaujoire. Je ne comprends pas que ce puisse être le cas. Ce devrait être leur jardin. La Beaujoire est encore remplie avec 30 000 places à chaque match. Quand tu joues un match à domicile et qu’il n’y a pas d’agressivité, que tu n’es pas prêt à faire faute, ce n’est pas possible. Il me faut des guerriers. Chaque rencontre à domicile doit finir par une victoire »
Son rapport avec la présidence
« Je ne travaille pas pour Waldemar Kita. Je travaille pour le FC Nantes. Il est propriétaire mais le club appartient à beaucoup de monde : aux supporters, aux joueurs, au staff, aux employés, chacun à sa manière »
Sa réponse aux critiques sur son âge
« Il parait que j’ai 150 ans, que mes méthodes sont dépassées. Pourtant, elles ont fonctionné partout. J’ai la même énergie qu’avant. A l’entrainement, je crie. Peut-être même qu’ils m’ont entendu jusqu’à Paris. Je fais beaucoup de sports, encore aujourd’hui. Je peux même peut-être faire plus de pompes que n’importe quel joueur »
Le dernier défi de sa carrière
« Ma carrière d’entraineur est terminée. Je suis là pour la fin de saison. Après j’arrêt, je dois vivre et m’occuper de ma famille »

