L’arbitrage au FC Nantes, un rôle plus important qu’il n’y paraît

Critères à respecter pour les clubs professionnels, situation des Canaris, sanctions pour l’équipe réserve, quelle est l’importance d’un arbitre Jaune et Vert en 2026-2027 ? Rencontre avec Jean-Jacques Kerjean, référent de la section arbitrage du club, qui parle du rôle des arbitres et de leur formation.

Oct 27, 2026 - 10:15
L’arbitrage au FC Nantes, un rôle plus important qu’il n’y paraît
@FC Nantes - Arnaud Duret

« Depuis la saison dernière, l’équipe réserve du club ne peut pas être promue en 4e division même si elle obtenait sa place sportivement parce que le FC Nantes est en situation irrégulière avec le statut de l’arbitrage ». Cette sanction révélée par Jean-Jacques Kerjean est la conséquence d’un manquement des Canaris à l’un des critères obligatoires pour être en conformité. Chaque club professionnel doit présenter au minimum 12 arbitres qui valident leur saison. Une validation qu’ils obtiennent en officiant sur au moins 17 journées et lors d’au moins 2 des 3 dernières journées de la saison. Chaque club doit également présenter en cours de saison au moins un nouveau candidat ou candidate et avoir une arbitre féminine dans leurs rangs. Ces règles, le club Jaune et Vert ne les respecte pas tous, comme l’explique le référent de la section arbitrage du club : « Le FC Nantes démarre la saison 2026-2027 avec 13 arbitres. On a un nouveau candidat inscrit pour la session de fin octobre. Cependant, on est en défaut depuis plusieurs années sur le fait d'avoir une arbitre féminine ». Pourtant, une arbitre féminine a rejoint le club des bords de l’Erdre la saison dernière mais une règle administrative empêche le club de rentrer en conformité comme l’explique Jean-Jacques Kerjean : « Quand un arbitre change de club dans un rayon de moins de 50 km, il ne comptera pour son nouveau qu’au bout de 4 ans. Camille Charles-Jamont démarre sa 2e année avec nous, mais elle ne comptera que pour la saison 2028-2029. Quand c’est une mutation de plus de 50km, il n’y a pas de délais ». En situation irrégulière, les Canaris se sont donc exposés à des sanctions.

Devenir arbitre au FC Nantes

Arbitre pour les Jaunes et Verts, ce n’est pas un métier. Tous bénévoles comme l’est d’ailleurs le référent de la section arbitrage, les hommes et femmes au sifflet peuvent se licencier au FC Nantes facilement en remplissant un formulaire sur le site internet du club ou en contactant Jean-Jacques Kerjean. Devenir arbitre n’est pas si simple. En plus « d’une motivation et d’une envie d’apprendre » s’ajoute une condition physique indispensable pour être au plus proche de l’action. Parce qu’arbitrer une rencontre, c’est aussi participer à l’effort des 22 acteurs du rectangle vert : « Tous les tests qui sont faits et qui ont été faits montrent que sur un terrain, celui qui court le plus, c'est l'arbitre. Il doit suivre toutes les situations en allant dans les deux sens. En moyenne, un arbitre de Ligue 1 court entre 10 et 14 km par match selon l'intensité des rencontres. Être en bonne condition physique permet de conserver sa sérénité pour juger les situations. Ça permet d’être proche de l'action. Les décisions sont plus faciles à prendre ». Arbitre au FC Nantes, ce sont aussi des interdictions. Aucun licencié au club ne pourra exercer lors d’une rencontre des Canaris, en professionnel, amateur ou en junior. En revanche, aucune limite n’existe pour un arbitre licencié dans un club rival ou dans un club de la couronne nantaise

Faire de l’activité d’arbitre un métier

Cela n’est possible qu’au haut niveau. Seuls les arbitres de Ligue 1 et Ligue 2 sont rémunérés convenablement pour que ce soit leur seule activité. Et pour cause. Pour officier avec des joueurs qui s’entrainent tous les jours, « un arbitre professionnel doit avoir une condition physique irréprochable », explique le référent de la section arbitrage du club. Difficile pour eux d’exercer une autre profession en parallèle bien que ce soit le cas pour certains. Côté revenu, un arbitre central de Ligue 1 touche en moyenne 145 000 euros par an. Le revenu descend à 60 000 euros pour ses assistants. Bien en deçà des rémunérations de la sphère footballistique, le syndicat des arbitres souhaitait par ailleurs les augmenter en 2026. En amateur et dans les autres ligues, les arbitres sont bénévoles. Ils sont seulement indemnisés pour leurs frais de kilométrages liés aux rencontres arbitrées et leurs équipements. Si le meilleur arbitre central du club dirige des rencontres en Régional 2 et le meilleur assistant officie en National 2, chaque année, un classement permet de gravir les échelons et de monter en niveau. Au FC Nantes, tous les arbitres sont bénévoles mais Jean-Jacques Kerjean imagine « qu’un arbitre du FC Nantes qui arriverait en haut de l'affiche pourrait bénéficier du kiné ou du diététicien du club » avec un suivi plus poussé de la part du club.

Thibault Marchand