FC Nantes Féminines : Pierre-Alain Picard : « On va rapidement pouvoir se situer »
Après 4 matchs de préparation et 2 matchs de coupe, place au championnat pour les filles de Pierre-Alain Picard. Et quelle entame ! L'équipe du nouvel entraineur nantais débute par des déplacements au Paris FC, au PSG et la réception de Fleury sur les 3 premières rencontres.
La saison d’Arkéma Première Ligue reprend ce dimanche…
Ça y est. On a beaucoup d'impatience. On y pense beaucoup. On a envie de démarrer ce championnat, de savoir où on se situe même si on commence par un très gros morceau avec le Paris FC, une équipe qui a clairement des ambitions pour très bien figurer et puis surtout faire un parcours en Coupe d'Europe.
Vous avez un gros calendrier pour commencer…
On a un gros mois de septembre. C'est bien parce que ça va nous permettre aussi de travailler, de rapidement nous situer. Peut-être que ça nous enlève aussi un petit peu de pression concernant les résultats, face à des équipes qui ont d'autres moyens que nous, des grosses ambitions, notamment européennes. On va les aborder pour jouer, montrer qui on est. Jouer avec notre identité et essayer de leur poser un maximum de problèmes.
« Le club nous a mis aussi dans les meilleures dispositions »
Comment s'est passé cette préparation estivale avec beaucoup de changements dans l'effectif ?
Il y a beaucoup de choses à reconstruire. On le savait. On s'y est préparé. C'est une situation que j'avais vécu l'année dernière et avec des membres du staff. On l’a abordé de manière très positive, qu'on a vite transformé en une opportunité. On a la chance de pouvoir mêler différentes cultures, différents bagages footballistiques, même en termes de personnalité chez l'ensemble des joueuses. C'est en train de prendre donc c'est intéressant. Ça fait naître beaucoup d'échanges. Le club nous a mis aussi dans les meilleures dispositions, que ce soit pour le stage, pour les conditions d'entraînement. C'est important et ça nous permet de construire un système de performance, un cadre pour bien travailler.
Après 4 matchs de préparation et 2 matchs de coupe, où en êtes-vous tactiquement ?
Il y a forcément des repères à trouver. On a une joueuse qui n’est arrivée que ce matin. Défensivement, on a fait plutôt des bonnes choses sur les 6 premiers matchs. On n’a pas concédé beaucoup de situations. Offensivement, on a marqué lors de chaque match. C'est un élément important, même si on va devoir améliorer notre organisation, notre faculté à se créer des occasions. Ça va se faire avec le temps. On a aussi des joueuses qui se connaissent de mieux en mieux. Il y a une situation révélatrice à la fin de l'entraînement. Les joueuses veulent peaufiner les détails. Elles sont dans le questionnement et dans l'engagement. C'est l'idée du groupe que je voulais construire.
Les joueuses viennent souvent vous poser des questions ?
Pas toutes et pas partout, mais moi dans le recrutement des joueuses, je voulais des joueuses cérébrales, qui se posent des questions, qui verbalisent. Dans mon management, je fonctionne avec beaucoup d'entretiens, de vidéos individuelles, que ce soit avec moi ou avec les autres membres du staff. Ces échanges-là nous font gagner du temps précieux dans la compréhension. Je suis un jeune entraîneur qui a une idée de jeu, des grands principes mais je ne suis pas arrêté sur ce que je veux. Ma priorité c'est de mettre les joueuses dans les meilleures dispositions, dans les meilleures positions et dans la meilleure animation possible. Leur ressenti est hyper important. Quand on peut discuter et trouver les solutions ensemble, ça renforce leur intégration au projet.
Avec la victoire au Havre, est-ce que tu vois une montée en puissance ?
Oui, parce qu’on a dominé les débats au Havre. Il y a quelques moments où on se met en difficulté parce qu'il y a un petit relâchement, peut-être inconscient, et qu'on doit gommer. Mais sur l'ensemble de la première mi-temps, on a rendu une bonne copie. On est capable de marquer, même en 2e mi-temps, même en étant moins entreprenant. C'est positif et c'est venu valoriser les 6 semaines qu'on a passé ensemble.
« On passe au révélateur après seulement 6 semaines »
C'est un nouveau départ pour la section, mais il y a une dynamique sportive à faire perdurer après les play-offs de l'an passé…
Ça rajoute peut-être de l'impatience et beaucoup d'attente chez les gens, ça c'est sûr. La 4e place était la conséquence d'un cycle de 3 ou 4 ans de travail. Là, c'est complètement différent. Ça serait dur de nous juger au bout d'un mois et demi. Même si j'ai conscience des attentes. J'ai un groupe très compétiteur. On veut donner une bonne image. Ça passe aussi par les résultats. Ça aurait pu être tronqué si on avait un début de championnat avec d'autres équipes. Là, on passe au révélateur après seulement 6 semaines. Le résultat est important. J'espère qu'on aura la capacité de prendre quelques points sur ces trois premiers matchs. Mais ce qui va m'intéresser, ça va être notre comportement collectif et les comportements individuels.
Qu'attendez-vous du premier match face au Paris FC ?
Ça va être un match très difficile, on le sait. Elles ont perdu la finale l'année dernière, mais elles se sont énormément renforcées, notamment dans le secteur offensif qui était déjà bien fourni. Il y a beaucoup de joueuses internationales. C'est une équipe qui a fait une préparation avec des matchs de haut niveau face à Arsenal, Leipzig, le Bayern de Munich. Elles seront prêtes. Il y a aussi des échéances en Coupe d'Europe. Je pense qu'elles ont axé leur préparation là-dessus. Je ne veux surtout pas qu'on y aille en victime. Je veux qu'on y aille avec la volonté de les emmener dans des secteurs de jeu où on peut rivaliser. On veut essayer de leur imposer un rapport de force. Sur 90 minutes, dans tous les compartiments du jeu, ce n'est pas possible sur le papier mais on a quelques atouts à faire valoir. On veut jouer notre chance à fond pour prendre des points.

