Voile : Route du Rhum 2026 : Yves Courbon : « J’ai vraiment envie d’emmener ce bateau en Guadeloupe »

Au départ de la Route du Rhum 2026 le 1er novembre après son abandon en 2022, Yves Courbon, navigateur nantais de 59 ans, espère cette fois-ci emmener son bateau de l’autre côté de l’Atlantique en Guadeloupe. Voguant pour Ocean Connect et Un Maillot pour la Vie, l’amateur veut partager ses engagements lors de son parcours

Jul 24, 2026 - 09:44
Voile : Route du Rhum 2026 : Yves Courbon : « J’ai vraiment envie d’emmener ce bateau en Guadeloupe »

Quelle est l’histoire de votre bateau ?

En 2019, je fais la Transat Jacques Vabre avec mon frère Renaud. On finit 10e ou 11e, j'ai un doute. On avait loué un bateau, un class40. Pour y retourner, on voulait devenir armateur et avoir notre propre bateau. Pour cela, il fallait un financement. On a construit notre bateau au Cap en Afrique du Sud pour l’édition 2021 de la Transat Jacques Vabre. Le bateau est livré avec un peu de retard en octobre. Il avait pris un choc sur le pont et on a dû faire la course sur un ancien bateau. Il est reparti en chantier jusqu’en novembre 2022 pour la Route du Rhum. On arrive à être au départ le 1er novembre 2022. L'organisateur décale le départ à cause d’une tempête. Après 4 jours de course je trouve de l'eau qui ne devait pas être là et je m'aperçois que mon pont est fissuré. La seule solution était de tenter de le réparer à La Corogne. Malheureusement, je n’ai pas pu repartir. Après toutes ces péripéties, aujourd'hui, il n’a plus de problèmes structurels puisqu'on a affronté des tempêtes à la Transat Jacques Vabre 2023, même si mon frère, qui le naviguait, a dû abandonner. En 2025, ils ont touché un OFNI sur la même course, juste après le départ et n’ont pas pu repartir. C'est un bateau qui a vraiment envie d'aller de l'autre côté de l’Atlantique.

Après avoir abandonné en 2022 sur la Route du Rhum, il y a un esprit de revanche ?

Bien sûr, c'est pour ça que j'y retourne avec ce bateau. Je suis quelqu'un d'obstiné. Je me sens bien en Class40. C’est un bateau à taille humaine. J'ai juste envie de finir la boucle. On avait investi dans ce bateau pour aller en Guadeloupe. J’ai envie de cocher cette case. Après, on sait qu'on a un bateau de dernière génération, ou presque. C'est un bateau qui a du potentiel. On va essayer de trouver la meilleure vitesse et bien se placer sur le plan d'eau. Si on peut finir dans la première moitié du classement, pour un amateur, ça sera bien.

Vous êtes en Class40, en quoi consiste cette catégorie ?

C'est une catégorie de bateaux de 40 pieds (12m18). On a tous la même longueur de coque, la même superficie de voile, la même profondeur de bulbe de quille. C'est un bateau qui a été dessiné pour faire des allures portantes. Lors de la première semaine de course, ce bateau va plutôt souffrir parce qu'il sera face au vent. Ensuite, on va attaquer les allures de débridé. On va commencer à avoir de la glisse.

Vous êtes amateur mais vous avez choisi de vous consacrer à 100% sur le sport après avoir arrêté votre travail dans l'immobilier l'année dernière…

Je suis toujours en recherche d'emploi. Le hasard a fait que je me suis retrouvé sans emploi en début d'année. J’ai voulu lier l'utile à l'agréable et prendre plus de temps pour naviguer. J’ai fait quelques courses que je n'aurais pas pu faire cette année sans ce temps libre. A chaque fois qu'on navigue sur ces bateaux, on se sent mieux. On prend des automatismes. On corrige ses petites erreurs. C’est un vrai atout.

Vous êtes 118 au départ la Route du Rhum 2026. Qu’est ce qui vous démarque des autres ?

On est tous des passionnés. Je n'ai pas d’obligation de résultat comme les 10 premiers dans ma classe qui veulent absolument gagner. J'y vais pour aboutir à un rêve. Ce qui pourrait me démarquer, c'est que je n'ai pas de pression. Je sais que s’il faut lever le pied, je le ferai. L'objectif est vraiment d’atteindre l'autre côté dans de bonnes conditions de course

Il y a aussi une dimension écologique avec le projet Ocean Connect qui vous accompagne. Quel message souhaitez-vous apporter ?

Je suis ambassadeur de TheSeacleaners. Ce que je veux faire avec eux, c’est sensibiliser les plus jeunes. Aujourd'hui, on consomme notre planète. Dans les prochaines années, il y aura de vraies complications. Je me suis dit qu’il fallait prendre le sujet à la base. On pourra dépolluer tant qu'on veut, si on n’éduque pas les gens, on ne pourra pas faire mieux. On a besoin de toutes les ressources (pétrole, plastique…) mais il faut les gérer. Cette ONG est intéressante parce qu'elle n’est pas punitive. Elle se rapproche des grandes marques pour travailler avec elles, améliorer l’avenir et les sensibiliser. On voit que la planète évolue. Il faut la préserver. En navigation, on voit des amas de plastiques, de pneus, de bouées, de câbles, de cordages. Dans certains endroits, il y a de véritables déchetteries à la mer.

Propos recueillis par Thibault Marchand

 

80 000 euros pour être sur la ligne de départ

Pour boucler un budget de 250 000 euros, Yves Courbon et Fabrizio Gabellone, qui l’accompagne dans la recherche de financement espère convaincre de nouveaux partenaires de les rejoindre. « Dans la dernière ligne droite » pour boucler ce budget, les deux hommes sont à la recherche de 40 à 80 000 euros. Location du bateau, matériel de rechange, financement d’un préparateur, frais d’inscription, logistique, ces fonds permettraient au navigateur de voyager plus sereinement.

Si vous êtes intéressés, contactez Fabrizio Gabellone à fabulousevents73@gmail.com ou au  06 81 04 14 81

 

Une aventure en lien avec Un Maillot pour la Vie

Alors que Yves Courbon souhaitait naviguer pour une bonne cause, Fabrizio Gabelone l’a emmené vers l’association Un Maillot pour la Vie : « une très belle association », pour l’homme d’affaires « qui s’engage auprès d'enfants malades dans des situations compliquées ». Née autour du rugby à Toulouse, cette association offre des maillots dédicacés par des sportifs à ces enfants pour leur « redonner du plaisir ». Avec le lancement d’un concours de dessins, Yves Courbon en embarquera 5 sur son bateau dont un qui sera collé sur la voile. Un moyen pour les enfants de « naviguer à travers l'histoire du bateau, avec des visios, des moments, des messages » que le navigateur leur enverra lors de son aventure pour conserver le lien avec certains qui viendront le voir au départ ou à l’arrivée. Avec un stand sur le village de la Route du Rhum, des goodies seront à vendre pour financer l’association. Pour accompagner Yves Courbon au plus près, des packs pour assister au départ seront également disponibles avec des fonds entièrement reversés à l'association. Chaque don sera défiscalisé.

Plus d’informations sur : https://www.unmaillotpourlavie.com/