Hexagone MMA : L’ambition de conquérir le Zénith de Nantes… et l’Europe
Jérôme Pourrut, co-fondateur de l'organisation Hexagone MMA, nous explique comment cette ligue française s'est imposée en quelques années comme un acteur majeur du paysage européen. De la genèse du projet pendant le Covid aux diffusions dans plus de 150 pays, il revient sur le modèle sportif et économique d'une discipline qui ne cesse de battre des records de visibilité. Prochain évènement ce jeudi 26 mars au Zénith de Nantes.
Une stratégie tournée vers l'international
Jérôme, quelle est la vision à long terme d'Hexagone MMA dans le paysage européen ?
La genèse du projet était de présenter le MMA partout en France, là où il n'était pas forcément attendu. Notre idée était d'abord de nous implanter pour devenir numéro 1 en France, puis d'être présents dans des pays où nous avons une forte assise télévisuelle, comme la Hongrie, la Belgique ou l'Allemagne. Aujourd'hui, notre objectif est d'être l'acteur prédominant sur l'échiquier européen d'ici quelques années.
Comment vous positionnez-vous par rapport à des géants comme l'UFC ?
L'UFC restera toujours la "Champions League" du MMA, le haut de la pyramide. Dire qu'un promoteur peut prendre sa place aujourd'hui serait de la mythomanie. En revanche, nous voulons devenir une place forte du MMA en Europe. Nous sommes déjà numéro 1 en France et nous commençons à avoir une notoriété solide sur le continent.
« Nous identifions des pépites partout en Europe, souvent en lien avec nos pays de diffusion télévisuelle. Actuellement, nous avons entre 150 et 200 combattants signés chez Hexagone MMA. »
Comment sélectionnez-vous les combattants pour vos événements ?
Il n'y a pas de recette magique, mais nous fonctionnons avec une logique de scouting intense, un peu comme dans le football. Nous identifions des pépites partout en Europe, souvent en lien avec nos pays de diffusion télévisuelle. Actuellement, nous avons entre 150 et 200 combattants signés chez Hexagone MMA. Notre but est de raconter des histoires singulières pour chaque athlète.
« Pour les amateurs, nous avons créé les Hexagone MMA Series, une plateforme qui leur donne une visibilité professionnelle et sert de tremplin vers les événements principaux. »
Quel rôle jouez-vous dans la progression de leur carrière ?
Lorsqu'ils sont sous contrat, ils bénéficient d'un suivi médical rigoureux et périodique. C'est essentiel car ils engagent leur intégrité physique. Pour les amateurs, nous avons créé les Hexagone MMA Series, une plateforme qui leur donne une visibilité professionnelle et sert de tremplin vers les événements principaux.
Que représente la logistique derrière un événement comme celui du Zénith de Nantes ?
C'est une organisation énorme qui mobilise environ 125 à 130 personnes (hors sportifs). Cela regroupe des métiers très divers : réalisation télé, gestion de la salle, éclairage, managers d'événements. C'est un métier qui demande une anticipation extrême ; par exemple, nous avons déjà validé certaines dates pour 2028 car les salles sont très demandées.
Quelles sont vos principales sources de revenus ?
Nous fonctionnons sur un triptyque classique : billetterie, télévision et merchandising. Le sponsoring est également un axe majeur, même si c'est parfois complexe en France. Comme le sport n'a été légalisé qu'en 2020, il y a encore beaucoup de pédagogie à faire auprès des sponsors pour leur expliquer que le MMA est un sport de combat avec des règles strictes et un encadrement médical complet.
« . Je prends le pari que dès que nous aurons un champion français à l’UFC, l'engouement sera comparable à celui de France 98. »
Le MMA peut-il devenir un sport majeur en France, au même titre que le football ou le rugby ?
Le MMA est déjà un sport majeur. La grande différence est qu'il n'a pas encore connu de "joie collective" nationale, comme une Coupe du Monde. Je prends le pari que dès que nous aurons un champion français à l’UFC, l'engouement sera comparable à celui de France 98. Les chiffres sont déjà impressionnants : pour notre premier show de l'année à Paris, nous avons cumulé 110 millions de vues sur les réseaux sociaux.
Pour finir, Jérôme, quel est votre parcours personnel dans cet univers ?
J'ai un parcours très atypique. Jeune, j'étais malade et je ne pouvais pas pratiquer de sport. Je me suis donc dit : "Puisque je ne peux pas en faire, je vais en organiser". Je travaille autour du MMA depuis mon diplôme en 2005. Avec mon frère, nous avons créé plusieurs sociétés, dont une maison d'édition spécialisée dans les sports de combat. C'est une passion de longue date, bien avant la légalisation de 2020.
Propos recueillis par Adrien Jamet et Myriam Filali

