La formation au FC Nantes, une recette maison

A La Jonelière, les enfants du club ont parfois connu les plus grands succès avec les professionnels. Nombreux sont ceux qui ont grandi avec l’enseignement des formateurs nantais. Souvent, ces jeunes reviennent à leurs origines. C’est le cas de ces 5 hommes, les coachs de la formation, tous formés au FC Nantes, qui transmettent les fondements tactiques propres au jeu nantais d’antan.

Jul 19, 2026 - 10:58
La formation au FC Nantes, une recette maison
@FC Nantes - Arnaud Duret

A l’origine de cette particularité nantaise, une volonté du directeur du centre de formation, Samuel Fenillat comme l’explique Stéphane Ziani, entraineur de la réserve : « Il a vraiment envie de maintenir cet esprit nantais. Dans le recrutement de son équipe pédagogique, c'est super important d'avoir des gens qui ont une histoire avec le FC Nantes. On a la sensation d'avoir une mission pour combattre le football actuel où il y a beaucoup de changements ». Tous soulignent d’ailleurs l’importance d’avoir été formé au club avant de devenir formateur. Maxime Baty, entraineur adjoint de la réserve explique que tous « ont été imprégné de la culture nantaise, de l'historique du club, de ce qui a fait sa force ». Pour Olivier Bonnes, adjoint des U19 : « Être formé par les disciples de Jean-Claude Suaudeau et de Raynald Denoueix permet de perpétuer l'identité nantaise. A travers ce qui est proposé dans les séances d'entraînement, dans les principes de jeu qu'on peut avoir, on se doit de respecter l'histoire du club ». Un « atout » pour l’homme de 36 ans qui a eu plus « de capacité à comprendre la méthodologie mise en place par le directeur du centre de formation » grâce à ses années en catégories jeunes. Francis Liaigre, entraineur des U17, soulignait le travail du directeur du centre de formation « Il a cet ADN parce qu’il a fait partie du groupe professionnel avec Jean-Claude Suaudeau. C'est difficile de faire exactement pareil et d'avoir un jeu à la nantaise avec les nouveaux joueurs mais il essaie de l’entretenir ».

« On a un lien très fort »

La connexion acquise en formation se répercute aujourd’hui sur les nouveaux jeunes. Ces 3 entraineurs se sont tous connu enfants au centre de formation du FC Nantes. « Ça facilite les échanges parce qu’on a grandi avec des convictions communes », d’après Olivier Bonnes. « Ça permet une passerelle entre le bureau et le terrain ». Un passage à La Jonelière qui « se retranscrit dans la façon dont on aborde le jeu et les séances d'entraînement » pour Stéphane Moreau, entraineur des U19. Travaillant tous dans le même open space, de la préformation à la réserve, la proximité entre les catégories de jeunes renforce la culture du club. « On est complice, complémentaire, parce qu'on est tous passés par le cursus formation du FC Nantes », se réjouit l’ancien défenseur du FC Nantes. « Je connais Stéphane Ziani depuis que j’ai 14 ans. On a de l'affinité, du respect, beaucoup de choses qui nous relient. J’ai entrainé Olivier Bonnes et Maxime Baty. Avec Francis Liaigre et Samuel Fenillat, on a passé des années ensemble. Il y a un lien très fort par rapport à tout ce qu'on a pu déjà vivre ». Cette bonne entente facilite la communication lors des réunions hebdomadaires pour définir les effectifs du week-end. Des groupes sont définis au début de la saison pour savoir dans quelle catégorie s’entrainera chaque joueur. Régulièrement, certains sont surclassés. Stéphane Ziani explique ce fonctionnement : « C’est un travail avec le staff. On se voit chaque semaine pour faire le point des effectifs. En fonction des besoins, des opportunités, des états de formes, on répartit les jeunes. On veut laisser la place aux joueurs à potentiel. On se pose toujours la question de ce qui est le mieux pour les jeunes. Plutôt que de laisser un jeune sur le banc, on préfère qu’il joue avec sa catégorie ».

Des résultats, dès l’école de football

Grâce à cette méthodologie, les équipes de jeunes performent souvent. Pourtant, à cette âge-là ce n’est pas le plus important comme le rappelle Olivier Bonnes : « Il faut dissocier le résultat de l'objectif final. Le but est de faire évoluer des joueurs dans l'équipe professionnelle même si on est content d'avoir de bons résultats. On est avant tout des formateurs ». Et à Nantes, ça commence « dès l’école de football » pour Francis Liaigre. « On a beaucoup de joueurs de la préformation qui sont sortis ces dernières années : Valentin Rongier, Imran Louza, Quentin Merlin, Herba Guirassy, Louis Leroux ». Des résultats permis par une région nantaise riche en footballeurs et en bons joueurs. En finale du Challenge Espoirs cette année, 8 des 11 titulaires étaient issus de la région. Stéphane Moreau, ancien directeur du centre de formation de Laval apporte un regard plus global sur la réussite du modèle nantais : « C’est un ensemble qui va du recrutement à la gestion du quotidien en passant par le suivi scolaire. Aujourd'hui, pour l'épanouissement d'un jeune en formation ou d'une équipe, il faut que tout aille bien ». Finalement, si cette mécanique a pour objectif de fournir l’équipe première, Maxime Baty rappelle que les formateurs « travaillent pour que les joueurs aient des opportunités de réussir dans le monde pro, pas forcément à Nantes ». Une mentalité qui permet à de nombreux nantais d’éclore.