Corsaires de Nantes : Julien Msumbu : retour aux sources

Apprenti Corsaire devenu Dragon, l’attaquant de la cité des ducs retrouve la patinoire de son enfance depuis la rentrée 2025. Avec un appétit inchangé malgré les quelques accrocs connus par son équipe.

Feb 26, 2026 - 09:20
Feb 16, 2026 - 12:55
Corsaires de Nantes : Julien Msumbu : retour aux sources
@Thibault Marchand

Le revoilà, 15 années après, là où tout a commencé. Gamin du Petit-Port, où il a découvert la glace et la glisse pour la première fois, Julien a revêtu de nouveau le maillot des Corsaires depuis le début de la saison. « Après toutes ces années de vadrouille, c'est vrai que cela fait très plaisir de pouvoir revenir à la maison. Même si je ne savais pas quand ni comment dans mon histoire de joueur cela arriverait, je me suis toujours dit que je reviendrais jouer ici », avoue le défenseur de 28 ans. « Je n’avais pas obligatoirement projeté que cela soit maintenant. Mais ma famille est ici, celle de ma copine également. Et quand j’ai eu François Dusseau au téléphone, cela m’a conforté dans l’envie d'amener ma pierre au projet nantais. »

Ce parcours qui l’aura mené jusqu'à la Ligue Magnus, le petit Julien de 7 ans ne s'y attendait sûrement pas. « C'est arrivé alors que j'allais patiner en séance publique, en famille, avec mon grand frère et ma grande sœur, se souvient-il. A plusieurs reprises, un entraîneur des Corsaires est venu me voir en me demandant si j'avais envie d'intégrer le club et de me mettre au hockey sur glace. Et à chaque fois, c'était un refus. Au bout de trois fois, j'ai fini par accepter. Apparemment, je patinais vite (rire) ! »

 

« ces dix années à Rouen ont juste été fabuleuses »

 

Tant et si bien qu'après toutes ces années d'initiation, c'est un recruteur de Rouen qui est venu frapper à la porte. Un souvenir incroyable pour Julien, qui du haut de ses 13 ans, savait très bien qu’il s’agissait « non seulement un top club, mais probablement l'un des meilleurs centres de formation » qui venait le chercher. « Bien sûr que j'ai eu peur de quitter Nantes et tout mon environnement, mais c'était pour une expérience complètement incroyable. Chez moi, personne ne fait du hockey et c'est un peu le hasard qui m'a amené à pratiquer ce sport. Même si je voyais assez tôt que j'avais des capacités, de là à ce que cela devienne une part aussi importante de ma vie, ce n'était pas au programme… Et ces dix années à Rouen ont juste été fabuleuses. Ce n'est que progressivement que j'ai vu que ma vie professionnelle commençait déjà à se dessiner sur la glace. J'ai tellement appris sur moi en tant que sportif et personne, dans la ligne de conduite à avoir. On bénéficie d'un entourage de très haut niveau afin de pouvoir évoluer avec toujours cette obligation de bien travailler sur la glace mais aussi à l'école. Avec le recul, je me dis que s'ils réussissent depuis si longtemps dans le milieu, il n'y a pas de surprise : tout est mis en œuvre pour que ce soit le cas. »

Et son expérience rouennaise ne s'est pas limitée à la formation, puisqu'il a pu également grappiller ses premières minutes en Ligue Magnus en parallèle d'une licence bleue avec Caen, en D1, division à laquelle il a pu ainsi goûter très jeune et constater comment aujourd'hui celle-ci a grandement changé. « Bien évidemment, je suis incroyablement chanceux d'avoir pu évoluer en Magnus. Mais il est vrai qu'après mon expérience à Mulhouse (2020-21), j'avais envie de goûter à d'autres responsabilités et d'avoir plus de temps de jeu, ce qui m'a fait me diriger vers Tours en D1 (2021-24). Et j’avais beau être plus jeune, j'ai bien senti qu'on attendait de moi une position de leader dans le jeu, mais aussi de façon plus générale, même si j'avais autour de moi des coéquipiers plus âgés. Cela a été trois saisons très enrichissantes. En venant à Nantes, c'était avec cette même volonté, à savoir jeter toutes mes cartes pour les aider à performer et répondre aux attentes générées autour du club. »

Un regain de confiance obtenu à l’étage inférieur avec les Remparts de Tours rallumant son esprit conquérant, lui permettant de retrouver l’élite à Nice avec réussite. De belles performances, un temps de jeu validé, mais un manager qui ne le reconduit pas malgré la technique du Nantais. « Ça fait partie du monde professionnel mais le projet nantais, à défaut de poursuivre en Magnus, possédait un véritable attrait également. Il suffit de voir tous les efforts réalisés pour faire progresser le club ! »

Alors fatalement, la frustration ne manque pas dans cette course aux play-offs qui semble jouer les accordéons avec une somme de défaites se jouant sur des détails, symbole que cette division ne cesse de se densifier. « Je me rends compte qu'il n'y a aucune vérité d'une saison à l'autre. Et ça se ressent désormais à chaque journée. Regardez notre bilan de matches perdus sur des prolongations, des pénalités bêtement concédées… Mais le groupe reste soudé et volontaire, il ne baisse pas la tête. Et si la qualification doit être acquise lors du dernier match le 7 mars contre Lyon, on prend. Même si, évidemment, j’aimerais que cela soit le cas avant (rire) ! »

 

Gaëlle Louis

Gaëlle Louis #Journaliste sportive - Asus ascendant Canon - dress code : chasuble fluo et badge plastique en collier #handball #basket #gymnastique (Insta : glphotographies)