FC Nantes : Vahid Halihodzic : "J'ai déjà constaté des progrès tactiques et physiques"
C'est l'heure du retour sur un banc pour le franco-bosnien. Après 2 semaines de travail, l'ancien attaquant démarre son sprint final pour le maintien par un retour à La Beaujoire. Un moment qu'il attend et qu'il espère fondateur pour emmener les supporters avec les Canaris pour la fin de saison.
Après une semaine de travail, est-ce que vous sentez toujours des progrès au sein de votre équipe ?
On a beaucoup travaillé. L'objectif, c'était de mettre l'équipe à un niveau de compétitivité supérieure sur le plan physique, mental, moral et tactique. J’ai vu quelques actions de très haut niveau, en une ou deux touches, avec un jeu rapide. Je vois déjà du progrès. Les joueurs le sentent. Tout le monde s'est mis au travail. Je suis satisfait de l'implication de chacun. Après une semaine plus physique, on a travaillé la tactique.
Peut-on tout reprendre à 0 a en fin de saison, sur le plan athlétique, refaire des efforts sans risques de blessures ?
On a fait beaucoup d’exercices à mon arrivée pour vérifier l’état physique des joueurs. Certains garçons étaient en souffrance dans la récupération. Tactiquement, on a travaillé toutes les phases : défensives, offensives, les coups de pieds arrêtés, le positionnement. On a fait un apprentissage accéléré. Chaque séance est préparée avec soin. Depuis mon arrivée, j'ai travaillé matin et soir pour qu’en 10 jours, l'équipe gagne en niveau.
Créer un collectif dans une phase de sprint qui va être courte, c’est important ?
Ma satisfaction, c’est qu’un groupe existait. Il faut lui donner de la fierté, qu’après chaque défaite, il y ait une réaction derrière. L’indifférence est la pire chose. Là, il fallait réveiller pas mal de monde. Avant chaque entrainement, je parle du FC Nantes, de l’histoire du club, de sa richesse, de son image. C'est quelque chose d'énorme. Certains ne sont pas conscient que ce soit l’un des moments les plus difficiles de l'histoire de Nantes. Sportivement et économiquement, une descente serait une catastrophe. On n’a pas le droit passer à côté. Il reste 9 batailles, 9 exploits à faire. On ne pourra pas gagner tous les matchs au vu de notre calendrier mais on va essayer. Je félicite mes joueurs parce qu’ils ont été présents et impliqués. L'environnement est assez hostile autour de l'équipe. J’ai dit aux joueurs que s’ils avaient de la fierté, de l’attachement vis-à-vis du FC Nantes, ils devaient montrer autre chose. Vous pouvez perdre, mais seulement avec honneur. J’attends le soutien des supporters. J’essaie de les remobiliser autour de notre équipe.
Comment abordez-vous ce retour en Ligue 1 ?
Je ne suis pas excité. Je n’en ai pas la force (rires). Je me suis remis en route très rapidement, même après 3 ou 4 ans sans travailler complètement. C’est mon dernier défi en tant qu’entraineur. Je vais tout donner. J'ai vraiment envie de faire cet exploit. Je reçois de nombreux messages de soutien. Ça me donne plus de mental, de moral, aux joueurs aussi. Ils vont montrer quelque chose d'autre. On peut perdre, mais notre visage sera différent.
Revenir à la Beaujoire en tant qu'entraîneur, ce doit quand même être particulier…
Ça l’est, à chaque fois. On est tous un peu nostalgique. J’ai vécu des moments très agréables au stade comme joueur et au cours des 7 à 8 mois en tant qu’entraineur. Malgré la tragédie qu'on a vécue ensemble, on a réussi sauver le club. Là, c'est encore plus difficile. Tout le monde m’a dit, que j’étais fou mais je n’ai rien à perdre. Ma carrière est terminée.
Le week-end dernier, Nice et le Paris FC ont pris des points. Le seul objectif possible est la 16e place, en barrage ?
Il faut être réaliste. Le calendrier n'est pas facile. Si on obtient un barrage, ce serait déjà super. Si on n'en est pas capable, on ne mérite pas de rester en première division.
Le maintien passera par une victoire dimanche contre Strasbourg ?
C'est primordial, presque décisif. Il faut démarrer un cycle positif pour donner plaisir à l’équipe, aux journalistes, aux supporters. Si on gagne, je suis optimiste pour les 2 prochaines matchs à l'extérieur.
La semaine dernière, vous disiez avoir une idée de tactique. Est-ce qu'après une semaine de plus à travailler avec vos joueurs, vous avez déjà un plan en tête, votre onze de départ ?
J'ai essayé pas mal de choses, des joueurs à différents postes, des organisations défensives, offensives. On a travaillé les complémentarités entre les joueurs. J'ai insisté sur le fait qu’on devait tous défendre pour améliorer la récupération du ballon. Tout le monde a fait beaucoup d'efforts. On a travaillé le pressing au milieu, un pressing très bas avec un développement du jeu plus rapide et efficace. Je veux que mon équipe marque plus de buts.
Y a-t-il des leaders qui ressortent dans le groupe ?
Anthony Lopes reste capitaine grâce à son expérience. Il fait partie des joueurs qui sont toujours présents. Rémy Cabella n’est pas toujours titulaire mais il est très positif. J'ai besoin de quelques garçons avec ce discours positif qui sont exemplaires dans leur implication pour être leader. Certains ont encore une forme de timidité. Je suis obligé de bousculer certaines personnes afin qu’ils communiquent un petit peu plus. Je suis impatient de voir cette équipe en match.
Que pensez-vous de l’équipe de Strasbourg ?
C'est une très belle équipe, bien organisée, avec de la qualité. Ils ont beaucoup joué et sont peut-être fatigués. On sait comment ils vont jouer, qui va jouer. J’espère que les supporters soutiendront l’équipe parce qu’on en a besoin.
Sur ce que vous avez observé depuis 15 jours, vous êtes rassuré sur la qualité du groupe ?
Il y a des joueurs intéressants, qui doivent se battre pour éviter la relégation. J'aurais aimé avoir 3 mois pour préparer cette mission. On travaille tactiquement, sur des gestes simples, sur le pressing. Je leur ai montré le meilleur pressing du monde, celui que fait Dembélé. C'est impressionnant. Le sacrifice que fait le meilleur joueur du monde pour l'équipe. Ça permet à son club d’être champion d’Europe.
Est-ce que vous tenez le rythme ?
Pour maintenir le FC Nantes, je vais tout donner. Tout le monde s’est demandé si je pouvais tenir le rythme. Jusqu'à maintenant, ça va. Les joueurs m'ont chambré, j'ai fait 30 pompes devant eux. Ils ont bien travaillé. On verra dimanche soir le résultat de ces 2 semaines.

