Ligue 2 : FC Nantes – Clermont : Grégory Poirier : « On doit d'abord réapprendre à gagner les matchs »

Sur une mauvaise série, le FC Nantes a une nouvelle opportunité de lancer sa saison contre Clermont. Dans une situation similaire à l’opposition contre Dunkerque, l’entraineur nantais veut avant tout s’appuyer sur le contenu des matchs contre Saint-Etienne et Reims, malgré le manque de résultats.

Oct 29, 2026 - 15:46
Ligue 2 : FC Nantes – Clermont : Grégory Poirier : « On doit d'abord réapprendre à gagner les matchs »
@Thibault Marchand

Le match contre Clermont apparaît encore comme un virage important de la saison…

Oui, on fait tous le parallèle avec le match de Dunkerque. Il pouvait nous servir de bascule. On n'a pas été au rendez-vous et aujourd'hui, on doit tirer les enseignements. On doit progresser dans ce genre de match. On ne doit plus passer à côté de ce genre de rendez-vous, ne plus laisser aucun détail au hasard ou à l'inconnu. Il faut tout mettre du bon côté : l'approche mentale, l'état d'esprit de chacun, ce qu'on met en place tactiquement. Il faut toujours se remettre en question quelle que soit l'adversité. Il faut prendre des points, surtout quand c'est un adversaire à notre portée. On fait un super match à Saint Étienne contre une équipe avec une grosse réussite. Nous, on en manque. Quand vous voulez provoquer les choses et changer de dynamique, soit vous en faites une fatalité, soit vous essayez de continuer de progresser. Vous allez chercher un peu plus chez chaque joueur, dans le staff aussi. On a bien parlé avec les joueurs sur la prestation de Saint-Étienne. On peut être mécontent du résultat, mais on peut s'appuyer sur beaucoup de choses. Dans le contenu, ce qu’on a fait contre Saint-Étienne et Reims, on doit reproduire ce genre de performance dans la constance. A ce moment-là, ça s’inversera.

Après Dunkerque, on avait parlé d’une équipe qui s'était peut-être vu trop belle. Après une belle performance à Saint-Étienne, comment faire en sorte que ça ne se reproduise pas ?

Les joueurs doivent avoir conscience de tout. Chaque joueur se prépare individuellement mais parfois il n’est pas assez collectif. Il faut qu’on ait une prise de conscience des fragilités mentale, les combattre. On doit se servir de ce match contre Dunkerque, être prêt. On a fait une super semaine. On doit être au rendez-vous demain, de la première à la dernière minute avec un investissement sans faille comme contre Saint-Étienne et on sera récompensé. Dans l'organisation, on a fait un très bon match avec une configuration particulière, contre une équipe à qui il ne fallait pas donner beaucoup d'espace. Il y aura une autre vérité demain, une autre adversité, que ça soit sur l'aspect physique, athlétique, technique ou même en termes de confiance. On doit avoir la bonne approche, que ça soit sur l'aspect mental et tactique, que nos joueurs apprennent plus vite à appréhender les contextes et l'adversité. Demain, Clermont va jouer sur les transitions, sur les coups de pied arrêtés. A la perte du ballon, il ne faudra pas faire comme après avoir mis le but contre Dunkerque. Tous ces moments délicats doivent nous servir. On aurait pu faire mieux dans plein de choses mais aujourd'hui, on a l'équipe pour gagner ce genre de match. Je pense qu'on mérite mieux par rapport à nos 3 derniers matchs. On doit faire mieux en termes de résultats et mettre tous les détails du bon côté pour faire basculer les matchs. Si on gagne un match, après, on pourra parler d'enchaîner. On doit d'abord réapprendre à gagner les matchs, réapprendre à tenir les scores. Ça prend du temps et on en a eu très peu mais on a les armes pour changer les choses.

Être Nantes, une institution qui descend en Ligue 2, ça met une pression supplémentaire sur l'équipe ?

Quand vous avez été habitué à la Ligue 1, c'est très difficile de se remettre en question. Saint-Étienne a eu une saison très difficile après la chute la saison passée. On est en train de subir ça dans un contexte mathématique où l'équipe a très peu gagné depuis longtemps. Il faut le combattre. C’est difficile de passer d’oppositions face à Marseille et le PSG à des équipes de Ligue 2. Le travail est ici. On doit remettre les couverts face à une adversité différente, dans un grand club historique qui a été habitué encore récemment à gagner des compétitions comme la Coupe de France. C'est un travail au quotidien. Certains joueurs doivent retrouver leur passion mais ils sont déjà dans le bon processus. Les récompenses ne se font pas toujours dans la bonne temporalité. Si on est constant dans la durée, on va changer cette dynamique.

Clermont est la seule équipe de Ligue 2 à n'avoir pas encore gagné depuis le début de la saison, Ça vous une pression supplémentaire ?

Dans l'approche, il y a quelque chose de particulier. On doit gagner ce match-là et en même temps ne pas laisser d'espace à l'adversaire qui va jouer sur ça. On peut penser que Clermont n’est pas dans une bonne dynamique, mais quand vous jouez contre Nantes, à l'image de Dunkerque, les joueurs sont transformés. Je ne m'attends même pas à ce que Clermont nous donne quelque chose. On ne doit compter que sur nous. On doit être prêt à ce que Clermont soit transformé, individuellement ou collectivement.

Clermont joue beaucoup sur les transitions. Comment pourriez-vous décrire cette équipe ?

C'est une équipe qui a un point de fixation pour faire remonter le bloc tactiquement avec des excentrés pieds opposés qui sont bons dans la percussion. Il va falloir être très bon dans cette capacité à ne pas donner d’espaces, à être bon à la perte du ballon. A part Dunkerque, on a été beaucoup mieux dans l’assise défensive mais il faut aussi développer l'aspect offensif et l'animation pour poser des problèmes à l'adversaire. On doit finir nos situations. Le regret que j’ai contre Saint-Étienne, c'est qu'on n’a pas cadré. On a eu des grosses occasions. Il faut aussi avoir cette ambition dans le jeu pour amener du danger et emmener le public avec nous. C'est un cercle vertueux à aller chercher. Si on a un bon contrôle sur le match et qu’on a cette efficacité dans les zones de vérité, on fera basculer le match.

Vous changez souvent les joueurs titulaires. Avez-vous un Onze idéal en tête ?

Quand vous êtes coach, vous voulez de la continuité. Dans certaines lignes, j’ai un effectif large. Il y a une gestion d'effectif. Les résultats sont, dans l'immédiat, le plus important. Il y a parfois eu de la continuité. Entre Reims et Dunkerque, il n’y a eu qu’un changement. J’essaie de trouver à chaque fois le meilleur effectif en faisant face aux imprévus. L'idéal, c'est d'avoir une très bonne animation et que chaque joueur qui l’intègre nous aide. Je veux aussi de la continuité parce que la performance demande du rythme. Je dois aussi juger des performances et quand on est défaillant, on doit trouver des solutions. J'ai eu peu de matchs de préparations. Il m’a fallu vite trouver les bonnes options.

Vous avez parlé de cette difficulté à concrétiser vos actions. Vous avez parfois aussi de la difficulté à faire des différences, notamment par le dribble ou la vitesse. Est-ce qu’il ne vous manque pas un joueur de percussion dans votre effectif que vous pourriez par exemple aller chercher chez les jeunes où il y a ce genre de profil ?

Il va falloir aller chercher beaucoup de choses. Je dois aussi développer les joueurs que j'ai. En fonction des joueurs absents et des places que je peux avoir à chaque fois, j'ai fait venir des jeunes. Je suis d’accord qu’il nous manque un peu de percussion dans les uns contre uns, même si Antoine Joujou est capable de le faire. Ça demande aussi des espaces. On n'en a pas toujours eu par rapport à l'adversité. La vitesse et la percussion sont des aspects qu'on doit améliorer, par le jeu en créant des situations de face à face. Je pense qu'on a été bon dans l'utilisation du ballon, dans le jeu combiné, mais on doit progresser dans la percussion. Des joueurs comme Ignatius Ganago, Killian Corredor ou Antoine Joujou doivent nous apporter ça. Balthazar Pierret est aussi capable de le faire au milieu. Il faut savoir casser des lignes par la percussion, surtout sur les côtés avec nos pistons.

Ça veut dire qu'il faut être capable d'ouvrir des espaces pour ces joueurs-là, afin qu'ils prennent la profondeur…

Oui, pour trouver des porteurs non cadrés, trouver des décalages par des supériorités. Les percussions, c'est faire en sorte que nos joueurs se retrouvent en face à face. Pour cela, on doit avoir la capacité de trouver des décalages.