FC Nantes : L’heure du sprint final et fatal
La situation est critique pour le FC Nantes. Entre gestion de l’effectif, attaquants en berne, et progrès défensifs à poursuivre, le travail à réaliser pour le maintien est colossale. Mais avec un mois de mars calme avant de disputer 5 rencontres en avril, le moment est idéal pour que les Canaris lancent leurs dernières cartes dans la bataille.
Un mercato hivernal en dessous des attentes ?
1 mois après la fermeture du mercato hivernal, force est de constater que la plupart des recrues déçoivent. Si Mohamed Kaba et Ali Youssif surnagent dans une équipe en souffrance, les autres arrivées ne convainquent pas. Dernier à débarquer sur les bords de l’Erdre, Abakar Sylla pourrait bien avoir déjà joué ses dernières minutes en Jaunes et Verts. L’Ivoirien aura connu une entrée en jeu contre Lyon, une première mi-temps où il a causé au moins un but contre Monaco et c’est tout. Sorti du groupe depuis le 13 février, le secteur défensif fourni ne devrait pas lui donner de place. Ibrahima Sissoko a eu sa chance. Titularisé pour ses 3 premières sorties sans convaincre, le Malien n’a disputé que 33 minutes depuis janvier avant de faire un tour en tribune contre Angers. Le milieu ne semble pas à la hauteur de la mission maintien. L’arrivée de Frédéric Guilbert interroge toujours. Arrivé hors de forme sans avoir joué le moindre match cette saison, le latéral a connu ses premiers pas sur le terrain contre Angers. Evoluant à une position occupée par Fabien Centonze et Kelvin Amian, le couloir droit semble être bouché pour lui. La belle histoire aurait pu être celle de Rémy Cabella. Buteur sur pénalty pour sa première à Marseille avant d’enchainer 5 titularisations, le milieu offensif n’a joué que 30 minutes en 3 matchs depuis, sans que son apport sur le terrain soit visible. Discret dans un collectif qui ne parvient pas à construire beaucoup d’occasions, son apport est minimisé. Dernière relative déception en la personne de Deiver Machado. Orphelin d’un latéral gauche offensif et puissant, les Canaris pensaient avoir trouver le bon élément avec le Colombien. Titulaire dès qu’il est disponible, le joueur de 32 ans n’apporte pas autant qu’espéré. Sa vitesse et son impact physique ont fait du bien un moment mais il semble presque déjà en bout de course, rapidement épuisé sur le terrain.
Sortir les bons éléments d’un groupe fourni
Avec 7 arrivées pour 5 départs, le mercato hivernal a renforcé l’effectif nantais quantitativement. Si Ahmed Kantari se satisfaisait d’une « qualité d’entrainement améliorée » avec ces apports et le retour des blessés, force est de constater que le Marocain n’a pas su faire de choix. Avec 28 joueurs utilisés en 10 rencontres de Ligue 1, 30 en ajoutant les rencontres de coupe de France, l’équipe du FC Nantes a perdu en lisibilité et les joueurs n’enchainent pas. Louis Leroux trouvait du positif à cet aspect après la défaite face à Angers en mars : « On est 25, 30 à pouvoir postuler dans le groupe le weekend. C'est important qu'on se pousse les uns les autres pour pouvoir donner le meilleur de nous-mêmes sur le terrain ». Si la qualité à La Jonelière s’améliore, les résultats ne suivent pas.
Des jeunes sous-exploités ?
La pression était peut-être trop forte sur les joueurs formés à La Jonelière en début de saison. Avec un projet annoncé comme « centré autour des jeunes », les jeunes nantais ont été lâché dans le grand bain rapidement mais si certains se sont imposés comme des solutions viables, leur utilisation depuis quelques mois est à questionner. Titulaire sur 18 des 19 premières journées de Ligue 1 et courtisé par Chelsea au mercato hivernal avec une offre à près de 30 millions d’euros, Tylel Tati n’est plus apparu sur le terrain depuis la défaite 4-1 face à Nice le 25 janvier. Sorti du groupe à 4 reprises sur les 6 rencontres suivantes, même Uros Radakovic lui a été préféré sur la feuille de match contre Angers. Un déclassement soudain qui interroge. Herba Guirassy, a lui aussi été rétrogradé dans la hiérarchie. Pas titularisé en Ligue 1 sous les rennes d’Ahmed Kantari, l’ailier a pourtant vu Yassine Benhattab et Mayckel Lahdo, des concurrents à son poste, quitter le club cet hiver sans recrues. Bien que manquant encore d’efficacité, le joueur de 19 ans semble être l’un des seuls éléments capables de débloquer des situations offensives mais Ignatius Ganago est privilégié. Pour Bahmed Deuff, la donne est simple. Dans le groupe professionnel entre octobre et janvier, le milieu de terrain est retourné jouer avec la réserve depuis la défaite face à Nice en championnat. Seuls 2 joueurs formés au club ont continué à jouer. Malgré une rencontre en tribune contre Monaco, Louis Leroux est redevenu titulaire au milieu de terrain sur les 3 matchs qui ont suivi. Au final, c’est Dehmaine Tabibou, utilisé lors de 21 rencontres en Ligue 1, qui a disputé le plus de matchs parmi ces joueurs. Récemment replacé en tant que piston après avoir été sorti du groupe contre Angers et le Paris FC, le joueur de 20 ans est parvenu à se refaire une place dans le groupe.
Une efficacité offensive à (re)trouver
C’est le défaut principal du FC Nantes cette saison. 3e pire attaque du championnat avec 22 buts, devant Le Havre et Auxerre, les Canaris pèchent à la finition. Avec seulement 9 réalisations en 10 rencontres sous les rennes d’Ahmed Kantari, les Canaris ne savent plus faire trembler les filets adverses. La faute à un manque d’efficacité pour Frédéric Guilbert après la défaite 1-0 face à Angers : « On a eu des occasions mais on ne les a pas mis au fond. C'est le lot des équipes qui jouent le maintien ». Pour Johann Lepenant, c’était davantage un problème à la création avant ce nouveau revers : « On doit faire mieux avec le ballon, être plus dangereux et inquiéter plus l’adversaire ». La réalité penche plutôt pour le milieu. Equipe avec le moins de tirs cadrés (69) et le taux le plus faible (27%) du championnat, les Canaris ont un problème de mire. Symbole du marasme offensif, contre Angers, le FC Nantes a tiré 13 fois aux cages pour seulement 2 tirs cadrés, le premier intervenant à 20 minutes du terme.
S’appuyer sur les progrès défensifs
Malgré tout, de l’autre côté du terrain, il y a du mieux. Avec 2 buts encaissés sur corner en 3 matchs et aucun dans le jeu depuis le 13 février, les Canaris ont affiché une solidarité défensive qu’on n’avait pas vu depuis longtemps. Une tendance confirmée par Louis Leroux malgré la défaite face aux Angevins : « On sent qu'on est plus solide défensivement, mais on doit éviter nos petites erreurs pour ne pas prendre de buts ». Si le travail paie, la contribution d’Ali Youssif depuis son arrivée est à remarquer. Titulaire dans le centre de la défense, le Libyen mêle une bonne lecture du jeu et des interventions anticipées pour renforcer l’arrière garde des Canaris.
Le sprint final démarre maintenant
« On n'est pas résigné, il y a 9 matchs, 27 points à prendre. On va se battre jusqu'au bout. Chaque match sera important. On sait qu'on peut le faire ». Optimiste, la déclaration de Louis Leroux après le revers contre Angers n’en est pas moins véridique. A l’aube du dernier quart du championnat, la situation n’est, comptablement, pas entérinée. Désormais, les Canaris ne vont d’disputer qu’une rencontre en 1 mois avec la réception de Strasbourg le 22 mars avant une trêve internationale. Si la reprogrammation du déplacement au Parc des Princes face au PSG impliquera de jouer 3 fois en une semaine en avril, elle laisse du temps pour remobiliser les troupes. Au retour des 2 semaines de pause après la réception des Alsaciens, les Nantais disputeront les 2 rencontres les plus importantes de leur saison avec les déplacements à Metz, le 5 avril et Auxerre, le 11 avril. Avec 5 rencontres en un mois, les résultats d’avril devraient déterminer le positionnement des Canaris en fin de saison. Alors que le FC Nantes joue 3 concurrents européens sur les 4 dernières journées (Rennes, Lens, Marseille), c’est maintenant que les Canaris doivent prendre des points pour se donner de l’air

