FC Nantes : Fabien Centonze : « J'ai joué le maintien plus d'une fois. Je connais cette situation »

Pilier du système d’Ahmed Kantari avant son renvoi, le piston-latéral sort d’une longue période délicate. Blessures, mises à l’écart du groupe, envoi en prêt, le joueur de 30 ans revient sur son regain de forme et son caractère décisif depuis son retour dans le onze nantais.

Mar 24, 2026 - 09:08
FC Nantes : Fabien Centonze : « J'ai joué le maintien plus d'une fois. Je connais cette situation »
@Thibault Marchand

Tu as très peu joué sur la première partie de saison avant de devenir le facteur X du club depuis l’arrivée d’Ahmed Kantari. C’est une preuve d’abnégation de ta part ?

Peu importe les situations auxquelles je suis confronté, je ne lâche rien. Je suis reconnaissant du métier que je fais. Je suis très heureux, même si parfois c'est compliqué. Je me lève le matin pour m'entraîner, pour faire des matchs et pas pour rester sur le côté. Ne pas jouer, c'est quelque chose qui me frustre. Ça m'a donné aussi énormément de force. Je suis content d'avoir retrouvé les terrains avec ce petit brin de réussite qui me manquait sur les dernières années. J'étais convaincu de pouvoir aider l’équipe en début de saison mais aujourd'hui je peux le faire.

Vis-tu ta meilleure période depuis ton arrivée à Nantes en 2022 ?

Statistiquement, oui. J'ai pris du plaisir à jouer dès la première année avec le parcours en Coupe de France jusqu’à la finale, et les rencontres en Europa League. Ce sont des moments que j'ai énormément appréciés. La différence, c'est que je n’étais pas décisif devant les buts.

Qu’est-ce qui t’a permis de changer de statut de cette manière ?

Je me suis dit que le jour où j’aurais une seconde chance de jouer, je n’aurais plus rien à perdre. C'est ce que j'ai fait quand j'ai démarré à Angers et ça m'a réussi. Aborder les matchs sous cet angle peut être un plus pour l'équipe. Les joueurs qui ont joué toute la saison peuvent être un peu usés. Ce n'était pas mon cas. J'étais frais. Dans une situation compliquée comme la nôtre, c’était bénéfique.

Ahmed Kantari t’a directement fait confiance. Ça aide à se relancer ?

Forcément. Le coach a dû faire des choix forts dès le début : me faire démarrer à Angers alors qu'il est arrivé la veille, sans connaître mon état physique et mental. C'était un pari. Je me devais de lui rendre cette confiance.

Comment as-tu vécu ces longs mois sans jouer ?

Ne pas jouer, ça arrive. Si un coach ou un staff estime que tu n’es pas performant, tu ne joues pas, c'est normal. Le plus frustrant, c’est de se sentir prêt, capable d’aider l'équipe et de ne pas pouvoir mais je n'ai rien lâché. Le football va très vite, dans un sens comme dans l'autre. Aujourd'hui, j'ai retrouvé le plaisir du terrain.

Ton corps te laisse tranquille. C’est un soulagement ?

Oui, pour l’instant ! Le staff gère très bien cet aspect. Ils connaissent mon passé. On est assez prudents. On a trouvé un équilibre qui nous convient pour que j’enchaîne les matchs.

Tu as marqué 4 buts depuis le début de la saison, sans compter le CSC provoqué face au Havre. Tu aimes te projeter vers l’avant ?

C'est toujours plaisant de marquer des buts quand on n’est pas attaquant. Ce n’est pas l’objectif premier pour un latéral mais je les savoure quand ils permettent à l’équipe de prendre des points ou des victoires.

Tu évolues au poste de piston depuis que tu joues davantage. C’est un poste qui t’est familier ?

Oui, en catégorie jeune, j'étais milieu excentré ou attaquant. Je sais me retrouver devant le but. Au début de ma carrière professionnelle, j’ai été replacé un peu plus bas. J’ai déjà joué dans un système à 5 avec Frédéric Antonetti à Metz et avec Philippe Montagnier à Lens. Je l’adore parce qu'il me permet de défendre mais aussi de pouvoir attaquer. Ça rajoute du monde dans la surface. Les buts que j'ai marqués ne sont pas les plus beaux mais ils ont été permis car un joueur traînait au deuxième poteau. Ce système peut nous sortir de quelques situations.

On t’a souvent donné une image de joueur au mental défaillant. As-tu eu l’impression de subir cela dans les choix des coachs de te faire peu jouer ?

Des matchs charnières, j'en ai disputé un paquet dans ma carrière. J'ai joué le maintien plus d'une fois. Je connais cette situation. Je suis peut-être un des seuls à pouvoir l'aborder différemment avec l'expérience. Le mental n'a rien à voir là-dedans. Si j'avais un mental défaillant, je ne serais jamais revenu de ce qui s'est passé. J'ai suivi ma ligne de conduite, mes valeurs. Aujourd'hui, je suis en pleine forme.

Propos recueillis par Thibault Marchand