HBC Nantes : Pierre Le Meur, l’agent double dose du centre de formation

Devenu par la force des choses l’assistant de Dimitri Fleurance, propulsé numéro 1 sur le banc en l’absence de Grégory Cojean, le responsable de la formation nantaise a appris lui aussi de cette expérience inédite en Première division.

Feb 24, 2026 - 11:21
Feb 16, 2026 - 12:55
HBC Nantes : Pierre Le Meur, l’agent double dose du centre de formation
@Gaëlle Louis

Depuis octobre, on vous retrouve non seulement auprès du centre de formation mais également des pros. Quel est le premier bilan de cette véritable course relai ?

Le positif a été de pouvoir mieux comprendre l'environnement dans lequel je dois amener mes jeunes joueurs du centre de formation. Le haut niveau, ce sont les détails, et là je suis engagé dedans au quotidien. Le négatif, ou du moins ce qui est le plus compliqué à gérer, c'est bien sûr la charge de travail. Le confort dans l'accompagnement des jeunes, et le fait que je suis moins dans l'anticipation pour eux. On va dire que mes 24 heures sont bien occupées. Alors fatalement, il y a cette petite culpabilité contre laquelle je dois lutter. Maintenant, en combinant les deux, le bilan est de me poser la question, comment je vais utiliser cela dans le futur ?

 

Comment ont réagi les joueurs face à cette nouvelle organisation, Grégory Cojean ayant été victime d'une commotion cérébrale mi-septembre et devant composer avec un bourdonnement insupportable à la tête, incompatible avec une présence sur le banc les jours de match…

Ils sont tous conscients de la situation. Soit on se morfond, soit on développe la qualité de trouver des solutions. Et mine de rien, c'est là que l'on voit vraiment émerger ceux qui se préparent vraiment à vouloir embrasser une carrière professionnelle. Et c'est ceux qui vont au bout avec des belles capacités d'adaptation qui y arriveront. Le rôle d'assistant à oreillette est un peu particulier, j'ai vraiment mis du temps à trouver mon rythme. Alors on adapte la communication au mieux. Mon objectif c'était d'aider l'équipe, d'aider Dimitri à performer. Mais également Greg à conserver sa place dans le groupe.

 

Comment s'est trouvé l'équilibre, justement ?

J'ai vraiment l'exemple de cette fin de match au PSG, avec une bascule stratégique qui nous permet d'aller chercher un nul. Greg’ était en hauteur et avait donc la lucidité de sa vision, mais aussi de ne pas être plongé dans la fournaise du bord de terrain. Moi je passais les infos et je suis très content que ce match-là arrivait en fin d'année. Car on avait l'expérience pour nous, cela aurait été beaucoup moins simple de trouver le bon équilibre 3 ou 4 matchs après la mise en place du dispositif. On a fait beaucoup de feedback. Ce n’est vraiment pas simple de ne pas perdre le fil. Et de mon côté, il fallait que j'accepte de vivre un match avec un rôle et des fonctions complètement différentes de celles qui sont les miennes. Pour ensuite changer rapidement de casquette, puisque le samedi je retournais avec le centre de formation et la N1.

 

« Être capable de les écouter et de comprendre »

 

Vous n’avez pas eu de soucis à faire confiance et à déléguer ?

Non, car je me suis dit que c'était la meilleure leçon d'autonomie possible, pour les éducateurs en place comme pour les joueurs. Et on constate rapidement que c'est là qu'il se passe des choses, que cela m’a appris sur moi-même et cela m'a questionné. Finalement, on met en lumière des éléments que naturellement, seul, je n'aurais pas activés. Certains des jeunes aussi ont été beaucoup dans cette alternance, puisqu'il y a eu des blessures, et passer d'un match avec les pros en Ligue des Champions à l'autre bout de l'Europe pour un retour à la N1 masculine le week-end, mais également jongler pour les polistes avec encore un autre type de demandes et d'entraînement. Le pire aurait été de minimiser. Ce n'est pas trouver des excuses, mais c'est être capable de les écouter et de comprendre en effet que parfois, ils dépensent beaucoup d'énergie également à trouver les bons curseurs.

 

Et c'est justement ce qui est compliqué aujourd'hui avec votre équipe de National 1…

Pour moi, le dernier étage de la performance, c'est trouver la régularité et la stabilité tout le temps. On est sur des dynamiques beaucoup trop émotives. Lorsqu'on est dans un temps fort, cela peut être dévastateur, mais en contrepartie, les temps faibles nous font prendre des éclats très rapidement. Ces deltas énormes sont très compliqués à réduire. Ce serait mentir de dire qu'aujourd'hui, malgré tant de journées jouées, j'ai une visibilité sur les matchs à venir. Ce qui pourrait faire la différence, même eux ne le savent pas (rire).

 

Recueilli par G.L.

Gaëlle Louis #Journaliste sportive - Asus ascendant Canon - dress code : chasuble fluo et badge plastique en collier #handball #basket #gymnastique (Insta : glphotographies)