Stade Nantais : Fabien Malaboeuf : « On nous prévient toujours qu'après des grandes blessures, il faut 6 mois, 1 an pour retrouver son vrai niveau »
La reprise 2025 a eu une saveur particulière pour l’arrière nantais. Après deux ruptures des ligaments croisés au même genou ces deux dernières saisons, Fabien Malaboeuf a cultivé la patience afin de retrouver tout son potentiel et s’exprimer, enfin, en Nationale 2.
Deux fois la même blessure, de façon très rapprochée : il y a eu un moment en octobre 2024, où l’on se dit que l’on ne va jamais être tranquille ?
Oui… Tu te dis « Pourquoi moi ? Pourquoi encore et si rapprochées ? Pourquoi le même genou, qu'est-ce qui s'est mal passé dans la première opération ? » Si bien que tu remets tout en cause. J'ai passé une semaine un peu tout seul, un peu triste, en pensant à tout ça. Ma chance a été d’être très bien entouré par ma famille, par mes proches, par les gars ici au rugby. Cela fait longtemps que je suis dans ce club (24 ans, il est arrivé à 16 ans de Saint-Herblain) et on m'a énormément soutenu. Je me suis dit que de toute façon, je ne pouvais rien y changer.
« Retrouver un petit peu de ce jeu à l'instinct »
Vous plaisantiez en disant connaître le chemin qu'il fallait parcourir pour revenir…
J'ai senti une vraie prise de maturité, me rendant compte que les délais sont une chose, mais que ton corps fait la loi (rire) ! J'ai pris davantage le temps, j'ai écouté mon corps sur ce qu'il me disait, ce qui m’a permis de mieux à ressentir et décrire aussi au kiné, au médecin qui m'entouraient, mes sensations. J'ai eu la chance d'aller à Capbreton sur trois semaines, ce que je n'avais pas fait la première fois. Je me sens en pleine position de mes moyens, c’était plus mentalement, qu’il me fallait reprendre confiance, me dire que ce qui faisait ma force, c'est de jouer libéré. Retrouver un petit peu ça : ce jeu « à l'instinct.
Avec un rythme que vous n’aviez pas eu depuis 2023 ! Comment avez-vous abordé cette rentrée 2025 ? Votre retour sur le terrain était attendu...
Très bien, parce que la prépa, pouvoir jouer, tu l'abordes comme un gamin qui peut jouer et qui peut enfin faire ce qu'il aime (sourire) ! Une fois que l’on revient dans les clous sur tous les fondamentaux, c'est bien plus profond que ça. C'est vrai que ça je n'avais pas forcément envisagé cette période (sourire). On nous prévient toujours qu'après des grandes blessures, il faut 6 mois, 1 an pour retrouver son vrai niveau. On ne veut pas y croire, tout va bien aux entraînements, mais quand les matchs reprennent, il faut reprendre le rythme, l'intensité du match et ça a été un peu dur pour moi.
L’envie d’aller vite avec la frustration d’avoir à peine goûté à la Nationale 2 !
6 matchs ! Mais j’ai eu le temps de constater que c'est vrai qu'en Fédérale 1, avec l'effectif qu'on avait, ce n'était pas plus facile, mais on pouvait se reposer un peu plus sur nos acquis, avec l'énorme pack qu'on avait, et derrière ça roulait bien aussi. Là, il y a une marge qui est beaucoup plus restreinte. Il faut vraiment à tous les entraînements élever l'exigence, bosser plus individuellement et il y a eu un gros gap à passer.
« Se sentir soutenu est un vrai coup de booster, une pression positive »
Il y a une forte volonté d'aller chercher plus que ce que vous avez montré depuis septembre ?
Clairement. A savoir montrer le visage de la fin d'année dernière, qui est honnêtement plus positif, et vraiment trouver une dynamique à rythme de croisière où on arrive à avoir un effectif complet, à s'entraîner au complet : c'est un bonheur de faire de pouvoir changer les mecs, d’avoir cette émulation à côté de toi.
La dynamique s’est heureusement relancée avant cette trêve hivernale…
C'est vrai qu'on a eu la chance de bien finir 2025, de partir en vacances sur trois victoires, la tête un peu plus libérée, parce que le début de saison a été plus compliqué que prévu. On se doit vraiment de continuer là-dessus, s'appuyer sur tout ce qu'on a fait. Et faire mieux.
Le club et le staff mettent tout en moyen pour que ça marche, avec une structuration dont vous avez pu constater les avancées…
C'est un vrai plus ! Même si les six premiers mois n'ont pas été au rendez-vous des attentes et que le staff a été clair là-dessus, tout le club nous assure que l’on reste dans nos ambitions parce qu'on en est capables et parce qu'ils ont confiance en nous. Le savoir, se sentir soutenu est un vrai coup de booster, une pression positive. Et c’est également ce que j’ai pu vivre de façon individuelle avec mes blessures. La deuxième fois, c'était mon dernier contrat… Alors lorsque l’on te dit que tu n'auras pas besoin de changer de club, mais te concentrer sur ta remise sur pied et que tu vas avoir l’opportunité de prouver de nouveau ce que tu vaux sur le terrain, cela fait plus qu’aider. Tu as envie de donner encore plus et prouver que l’on a eu raison de te faire confiance.
Recueilli par Gaëlle Louis
