Neptunes de Nantes : Brianna Kadiku : « Je ressens quelque chose de spécial en France »
Loin d’être une néophyte, la centrale américaine ne découvre pas l’Hexagone, pour avoir lancé sa carrière au sein du Paris Saint-Cloud. Si elle a construit son expérience à travers l’Europe et sort d’un round dense au sein de l’historique club omnisports du FC Porto, son afect pour la France ne s’est jamais démenti.
Elle a traversé l'océan Atlantique et parcouru de nombreuses terres du Vieux continent. Globe-trotter de l’Europe, Brianna Kadiku, 27 ans, avoue dans un immense sourire que ce n'était pas le plan lorsqu'elle a quitté les États-Unis (Memphis Tigers 2016-18 puis Oklahoma University 2018-20), afin de lancer sa carrière de volleyeuse professionnelle. « Au moment où je suis partie, il n'y avait pas encore de Ligue pro aux USA (ndlr : c’est désormais le cas depuis deux saisons afin de préparer au mieux les JO de 2028 à Los Angeles) », rappelle la centrale d’1,89m. « Et c'est vrai que pour pratiquer notre sport et en faire notre métier, il fallait s'exiler : c'est comme ça que je me suis retrouvée à Paris. Et tout cela n'a fait que conforter mon envie de découvrir les championnats européens. »
La Grèce, l'Allemagne et la saison dernière le Portugal : la rayonnante centrale nantaise a pourtant fait le choix de rejoindre de nouveau l'Hexagone afin de poursuivre sa carrière, même s'il s'agissait de Deuxième division. « Après Porto, j'ai eu pas mal de propositions et pour en avoir longuement discuté avec mon agent, j'étais quand même très arrêtée sur le fait de retrouver la France. Ce sont vraiment les objectifs de ce club de Nantes qui m'ont fait me décider, car je sentais que c'était vraiment la meilleure option pour moi, que ce soit d'un point de vue volleyball ou environnement de vie. »
« On sent à quel point nos fans sont impliqués »
Car la native de Dallas a les yeux qui s'illuminent lorsqu'il s'agit de parler de la France. « C'est assez fou parce que même quand je me suis retrouvée dans d'autres pays, j'ai eu l'occasion de revenir plusieurs fois en France. Et à chaque fois, c'est ce sentiment qui persistait : je me disais : « Qu'est-ce que je suis bien là-bas ! » Je ressens un truc spécial (sourire). C'est un ensemble de choses dans l'atmosphère qu'il peut y avoir dans les salles, mais également à l'extérieur. Et je dois avouer qu'à Nantes, c'est encore renforcé. Le public est vraiment incroyable ici. D'avoir une salle qui affiche complet alors que nous sommes en Deuxième division, que le club a connu des moments extraordinaires et de très très haut niveau, c'est quelque chose qui m'étonne à chaque fois, reconnaît l’Étasunienne. Et ce n'est pas seulement d'ailleurs au moment des matchs, car on sent à quel point nos fans sont impliqués, nous suivent et nous soutiennent. Et sentir ça même dans les instants où nous ne gagnons pas, c'est vraiment quelque chose d'unique et très précieux. Ce soutien incroyable va être une force jusqu'à la fin de la saison pour réussir notre pari. »
« je deviens une meilleure joueuse depuis mon arrivée »
Le challenge de retrouver la Première division, Brianna Kadiku le prend très au sérieux. Et elle l'avoue d'elle-même, parfois un peu trop, oubliant à quel point c'est une équipe extrêmement jeune à qui les rênes de ce défi ont été confiés. « Je suis admirative de la capacité de notre capitaine Léna Chameaux à toujours être capable de trouver les bons mots, de remettre tout le monde dans le bon sens, même lorsque la frustration est forte comme par exemple, dernièrement, face à Rennes. Alors bien évidemment, on a dû faire face à certains moments où la déception a été très grande, je pense en particulier à la défaite à Valenciennes. Mais la jeunesse et la fraîcheur du groupe permettent aussi de ne pas traîner le poids de la déception trop longtemps, reconnait celle qui a beaucoup appris depuis son arrivée. Nous travaillons vraiment dur toute la semaine ensemble avec Sylvain (Quinquis) et cela ne fait que confirmer que j'ai fait le bon choix car je sais que je deviens une meilleure joueuse depuis mon arrivée. Plus complète. Mais au-delà de ça, je sais aussi que je deviens une meilleure personne. Parfois je m'apprête à dire quelque chose et je me dis : « Bri, elles n'ont pas l'expérience, elles sont plus jeunes que toi. Souviens-toi toi aussi de ce que c'est. » Je pense avoir tout simplement vraiment gagné en empathie et donc être devenue une meilleure personne. »
Gaëlle Louis
