FC Nantes : Ahmed Kantari : « Il faudra être beaucoup plus costaud mentalement et agressif »
À deux jours d’un déplacement capital à Lorient, le coach du FC Nantes, Ahmed Kantari, se projette après la lourde défaite concédée face à Nice (4-1). Entre retours dans le groupe, arrivée de Frédéric Guilbert et lutte pour le maintien, l’entraîneur nantais livre une analyse lucide.
Ces nombreux retours (Leroux, Centonze, Coquelin) dans le groupe sont-ils une bonne nouvelle avant ce match crucial ?
Oui, clairement. C’est très appréciable. Cela nous redonne de la concurrence, des options, et surtout la possibilité de faire des choix. Ces dernières semaines, avec beaucoup d’absents, on était très limités.
Frédéric Guilbert vient tout juste d’arriver. Comment allez-vous l’intégrer ?
On va y aller progressivement. Il n’a pas joué depuis six mois, donc il doit passer par une phase de réathlétisation. Même s’il a beaucoup d’envie et d’expérience, il faut que le corps soit prêt pour répondre aux exigences d’un match de Ligue 1.
Pourquoi son profil correspondait-il à vos besoins ?
On avait besoin de renforcer notre défense. Frédéric connaît la Ligue 1, il est expérimenté et polyvalent. Il peut évoluer dans une défense à quatre ou à cinq, en latéral, piston ou dans l’axe. Dans notre situation, ce sont des critères très importants.
Comment avez-vous abordé la reprise après la lourde défaite face à Nice ?
Comme toujours, avec un retour vidéo et des échanges. On a cherché à comprendre pourquoi les choses se sont mal passées, pour éviter de reproduire les mêmes erreurs. Être mené 3-0 aussi rapidement à domicile, ce sont des scénarios qu’on ne peut plus revivre.
Qu’est-ce qui vous a le plus marqué dans ce match ?
Le manque d’agressivité, surtout après le premier quart d’heure. Défensive, bien sûr, mais aussi offensive. Un match de football, c’est comme un combat : on peut prendre des coups, mais on doit aussi en donner. Là, on n’en a pas donné assez.
Vous évoquez également un problème de confiance…
Oui. Beaucoup de pertes de balle viennent d’hésitations, d’un manque de prise d’initiative. Quand un joueur est déterminé dans ce qu’il fait, il se trompe moins. L’engagement amène la confiance, et la confiance réduit les erreurs.
Mentalement, faut-il se préparer à une lutte jusqu’au bout pour le maintien ?
Oui, très clairement. Il faut se préparer à ce que les quinze derniers matchs soient très compliqués, peut-être jusqu’à la dernière journée, voire un barrage. Ceux qui resteront les plus solides mentalement et les plus droits sur leur ligne directrice s’en sortiront.
L’arrivée de plusieurs recrues peut-elle apporter un nouveau souffle ?
C'est sur, notamment sur le plan mental. Les nouveaux joueurs amènent de la fraîcheur, un nouvel élan. Quand il y a une accumulation de résultats négatifs, ça pèse. Ce sang neuf peut aider à relancer une dynamique.
Comment abordez-vous ce déplacement à Lorient, une équipe en pleine confiance ?
Avec beaucoup d’envie d’aller chercher des points. Lorient reste sur une très bonne série, c’est une équipe compacte, difficile à bouger, avec de la qualité offensive et de bonnes transitions. On s’attend à un match très difficile.
Le fait de jouer à l’extérieur peut-il paradoxalement être un avantage ?
Peut-être, oui. Il y a parfois moins de pression à l’extérieur, moins cette envie de trop bien faire. À domicile, cela peut inhiber. À l’extérieur, les joueurs peuvent parfois se libérer davantage.
Un mot pour les supporters, après ce qui s’est passé à La Beaujoire ?
J’ai du mal à comprendre que jouer devant 30 000 personnes puisse être une pression négative. C’est une chance énorme. Ce public doit être une force. Ce qu’on a montré récemment ne les honore pas, et il faut absolument inverser ça.
