FC Nantes : Ahmed Kantari : « Il faut garder la tête froide »
Lors d’un remake de la victoire en finale de Coupe de France 2021-2022 ce dimanche, le coach de 40 ans va vivre sa première en tant que coach principal à La Beaujoire. Le Marocain a aussi tenu à calmer le jeu après la victoire face à l’Olympique de Marseille, rappelant que la course était encore longue. Interrogé sur sa proximité avec Antoine Kombouaré, le coach nantais a reconnu l’influence qu’il a sur lui en souhaitant se détacher de cette image pour créer sa propre histoire.
Quelle analyse faire du match à Marseille avec un peu de recul. Le scénario est un peu bizarre…
Vous avez raison. Quand on joue contre une équipe à 10, ce n'est pas facile de s'adapter. Ça l'est encore plus quand on joue contre une équipe à 9. Paradoxalement, on a presque été plus en difficulté lorsqu'on s'est retrouvé face à une équipe à 9 que lorsqu'on était à 11 contre 11. Il y a 2 analyses à faire sur le match. En égalité numérique, il y a eu des choses intéressantes dans l'animation défensive, dans l’envie de se projeter et dans l'utilisation du ballon. Quand on a commencé à être en supériorité numérique, ça demande une adaptation plus mentale pour les joueurs, afin d’exploiter les espaces différemment. Les joueurs doivent être prêts mentalement) faire face à tout type de scénario.
Avec ce contexte, on relativise le résultat ?
Il faut garder la tête froide quoi qu'il arrive. Aujourd'hui, on est très content parce qu'on a pris 3 points dans notre course au maintien, mais ça ne reste que 3 points. Le lendemain matin, on est retourné au boulot parce qu'on est toujours barragiste et que dans cette mission commando, on doit continuer à travailler très fort. Les matchs seront difficiles. Certains scénarios seront défavorables. Il faudra quand même répondre présent à ce moment-là.
Après la victoire face au PFC, on avait senti une euphorie avant que le club chute. Est-ce qu'il y a besoin de tempérer après ce match de Marseille ?
Non, le lendemain matin, les joueurs travaillaient au décrassage. Ils ont eu leurs jours de repos mardi. Puis, on a réattaqué mercredi, même sous la neige, dans des conditions difficiles. Quand on est focus dans le travail, on n'a pas le temps de s'éparpiller et de partir dans l'euphorie. C’est le message qu'on a voulu transmettre avec le staff. Je ne crois pas au miracle. Bien sûr que les dynamiques sont faites pour s'entretenir, c'est important. Ce qui est important, c'est le travail. Je n’ai pas senti d'euphorie de la part de qui que ce soit.
La Coupe pourrait permettre d’entretenir cette euphorie…
Tous les matchs sont importants. Le match de Concarneau l’était. On aborde tous les matchs de la même manière pour proposer du contenu, mettre en difficulté notre adversaire, qui est un adversaire de Ligue 1. On a la chance de jouer une équipe de première division. On pourrait dire le contraire en coupe. Je suis content parce qu’on va se frotter à des joueurs de top qualité de notre championnat. On n’a pas le droit d'être à 1% de moins pour exister dans ce match.
Ce sera votre première en tant qu'entraîneur numéro un à la Beaujoire ce dimanche. Qu'est-ce que ça représente pour vous ?
Le premier mot qui me vient, c'est de la fierté. C’est un honneur pour moi d'entraîner le FC Nantes et de venir sur ce banc mythique à La Beaujoire. Des grands entraîneurs sont passés avant moi. J'ai eu la chance de découvrir ce stade au club l'an dernier. J’ai pris une claque quand je suis arrivé à la Beaujoire. Je me rappelle mon premier match contre Monaco. Voir ce public, la brigade Loire, c'était assez impressionnant.
Le stade ne sera pas plein dimanche. Reconquérir le public, ça fait partie des objectifs ?
Antoine Kombouaré avait dit une phrase qui m’a marquée : « On joue le maintien mais le public joue la Ligue des Champions ». Le public nantais est irréprochable depuis des années. On ne peut pas promettre de gagner tous les matchs, ni de bien jouer parce qu'il y a un adversaire en face, mais on doit s'atteler à avoir un engagement maximum pour eux. C'est ce que tout supporter attend. Mais si on l’a déjà, le public va pouvoir se reconnaître dans l'équipe.
En parlant d'Antoine Kombouaré, est-ce que vous trouvez caricatural qu'on parle de vous comme un clone, comme un Kombouaré 2.0 ?
La comparaison est flatteuse pour moi. Je ne me comparerais même pas à lui parce que c'est l’un des entraîneurs qui a entraîné le plus de clubs en Ligue 1, avec une longévité impressionnante sur le banc. C’est ce qu’on voit de l'extérieur. J’ai eu la chance de le connaître en tant que joueur et dans son staff. C'était un exemple pour moi. Au-delà de l'entraîneur, l'homme aussi, dans son intégrité, sa manière de gérer les choses. Je vais faire mon chemin. J'ai envie d'être Ahmed Kantari. Bien sûr que je suis influencé par tous les entraîneurs que j'ai connus. Antoine Kombouaré est à un niveau très élevé dans mon influence parce que j'ai passé beaucoup de temps avec lui : à la formation au PSG, au Racing Club de Lens, ici à Nantes. D'autres entraîneurs m'ont influencé. Il faut s'appuyer sur ce vécu-là mais il faut être soi-même parce que c’est la seule manière de s’épanouir.
