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Les fantômes des années passées planeraient-ils de nouveau au-dessus du boulevard des Anglais ? Alors que sportivement tous les voyants brillaient au vert, les Eléphants affichant un visage séduisant lors de l’exercice écoulé et clamant leur envie d’accéder rapidement en Pro D2 sous la direction de Vincent Etcheto, le Stade Nantais est en proie à des soucis d’ordre financier. Et après une menace de rétrogradation, les dernières heures ont été encore animées, le futur repreneur faisant état publiquement d’un déficit dans les caisses… d’un million d’euros !
Dans la foulée, par voie de communiqué, le club a tenu à clarifier la situation. Explications.

Il y a de cela quelques semaines seulement, à l'aube du printemps, Jean-Marc Allègre et ses collaborateurs présentaient avec conviction et force l'ambition de voir dans un futur proche un club de rugby professionnel à Nantes. Un voisin vannetais espérant avec impatience des derbies de l'Ouest, des représentants de l'ovalie « made in France » confirmant que cette Cité des ducs se devait d'avoir un représentant à terme dans l'élite rugbystique : tous les indicateurs invitaient à l’optimisme.
Des arguments porteurs, à même de séduire Vincent Etcheto, ancien stratège bordelais voyant lui aussi un avenir en Pro D2 rapidement pour le Stade Nantais et s'engageant peu de temps après en tant que manager général, en remplacement d’Emmanuel Patte.

Ciel bleu donc à l’horizon dans le ciel nantais… jusqu’à ce mois de mai. La semaine passée déjà, première douche froide, une menace de rétrogradation en Fédérale 3 s’invitant dans les débats ! La FFR, constatant un déficit de trésorerie, venait de refuser l'engagement de Georges Souvent et sa troupe en Fédérale 1, les chiffres évoqués portant sur 30 000 euros. Problème : si dans la foulée, le club s’était voulu rassurant, un nouveau coup de théâtre s’est joué ces dernières heures.
Sur l’antenne de Télénantes, une intervention du potentiel sauveur... et candidat à la future présidence du club, Philippe Saulnier, est venue noircir la réalité : « Il y a un déficit dans la trésorerie de 250 000 € mais aussi une dette de 750 000 €. Il ne faut pas parler de 30 000 €, c’est d’un million d’euros de déficit dont il s’agit… Si demain nous étions rétrogradés en Fédérale 3, avec un million d’euros de dettes, le club ne s’en relèverait pas. » Un constat brutal, qui met en péril l’avenir du club ambassadeur de l’ovalie dans la métropole.

 

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Au lendemain de cette prise de parole, le Stade Nantais a de nouveau réagi par voie de communiqué, tenant à apporter des précisions aux chiffres annoncés et à les replacer dans leur contexte. « Si l’association terminera bien l’exercice 2019/2020 avec un déficit de trésorerie – la somme annoncée de 250 000 € étant l’hypothèse la plus pessimiste – il sera totalement résorbé par l’arrivée de nouveaux actionnaires créant la SAS Stade Nantais. En effet, 600 000 € ont d’ores et déjà été provisionnés et le club espère bien, lors d’un second tour de table, dépasser le cap des 750 000 €. De quoi largement combler le déficit actuel et se donner de la marge pour les saisons à venir ! »

Démission du bureau directeur, Philippe Saulnier en première ligne

Les dirigeants tiennent également à préciser que les montants « additionnels », ne peuvent pas être assimilés à de simples dettes, mais à des emprunts.
« Le club a fait construire deux espaces lors de la saison 2016/2017 : le premier est l’Espace Brennus 1917, accueillant les partenaires lors des rencontres à domicile. Le second espace est la salle de musculation et de préparation physique. L’ensemble représente une superficie d’environ 600 m2. Il permet au club d’accueillir davantage de partenaires, indispensables à l’évolution du club, et d’offrir aux joueurs de meilleures conditions d’entraînement. Le club s’est également équipé d’un car pour transporter l’équipe première et de trois minibus pour les équipes de jeunes.

Ne faisons pas l’amalgame entre pertes et investissements à long terme : construire ces espaces a permis au Stade Nantais d’agrandir sa maison, ces infrastructures étant une étape indispensable dans le long chemin le menant vers le rugby professionnel. Ces emprunts ne mettent pas en péril le club et leur remboursement est rigoureusement suivi. La restructuration de cette dette est également envisagée pour les saisons futures. »

Si les difficultés financières sont avérées, elles n’ont jamais été niées. Face à cet imbroglio, le Bureau directeur a décidé de démissionner, à commencer par l’ex-président Jean-Marc Allègre. Une démission « non pas motivée par la situation financière mais par la volonté de laisser la place à une nouvelle équipe dirigeante », précise le club du boulevard des Anglais. Dans la mission sauvetage qui se présente, Philippe Saulnier devrait être le nouvel homme fort de l’organigramme. Epaulé par trois autres actionnaires, il compte apporter 600 000 € de capital. Avec un message : « On veut être dans la transparence et on ne dépensera pas plus qu’on ne le peut. »

Oui, les prochaines semaines risquent d’être mouvementées sur le boulevard des Anglais.