fbpx

Arrivée en 2018 à Nantes afin de travailler, notamment, au développement d’une nouvelle notoriété autour du Nantes Basket Hermine, l’ancienne internationale tricolore (202 sélections), désormais General Manager du NBH, regarde l’horizon avec prudence certes, mais aussi ambitions. Entretien. 

Ces derniers mois, l’activité a été réduite à néant sportivement… mais pas dans les bureaux !
"On se réadapte (sourire). Nous vivons une situation inconfortable, avec beaucoup d’incertitudes… Mais on ose être optimistes car il faut l’être, même très impactés. Évidemment, on ne peut pas toujours tout anticiper, mais on se doit de préparer une saison quoi qu’il arrive, retour à la normale ou pas. Nous attaquons tout juste l’été, les calendriers n’ont pas encore été votés, mais ce sera fait très rapidement par la Ligue Nationale de Basket. On pourra alors avoir des perspectives, planifier une stratégie, notamment concernant la billetterie."

On imagine toutefois votre frustration après l’arrêt brutal de la Pro B 2019-2020, alors que le NBH venait de soulever le premier trophée de son histoire…
"Le coup d’arrêt ne fut pas que sportif, car on avait produit beaucoup d’efforts à tous les étages. On a commencé à voir se concrétiser un message qui s’est construit progressivement, différemment. Il y a beaucoup de points à pérenniser, en particulier dans le remplissage de la salle. Dans ce registre, on gardera toujours en tête ce double intérêt « Basket-Evénementiel » nantais, car nous pensons foncièrement que cela peut très bien fonctionner en termes de synergies. Le basket est un sport spectaculaire, le public est très friand de ce genre d’ambiance. Les matches de Noël et du Carnaval ont par exemple été de francs succès. On n’oublie pas également que 2021 sera l’année des 130 ans de la création du club, un anniversaire que l’on se doit de fêter. Nous allons, aussi, continuer de tenter de faire plaisir à nos licenciés Basket du département, afin de se faire le meilleur représentant possible de tous ces clubs du 44, comité toujours sur le podium national."

« Les clubs sont sains en France … mais personne n’est à l’abri de rien »

illustre nbh

 

Qu’en est-il de la situation avec vos partenaires privés ?
"Nous avons toujours voulu garder le contact, car ce sont avant tout des hommes et des femmes avec qui nous partageons beaucoup et nous étions soucieux pour leur avenir. On sait à quel point le relationnel est fort, en particulier dans le partenariat sportif... On peut noter une reprise progressive depuis la fin mai, avec notamment le retour de nos partenaires engagés contractuellement, et qui ont fait montre d’un véritable soutien. On sait aussi que certaines entreprises ne pourront pas être à la même hauteur d’engagement, ou ne pourront même pas repartir pour l’instant à nos côtés. Ces partenaires subissent, ce n’est jamais un choix : cette crise a été violente pour tout le monde et nous en avons parfaitement conscience. En tout cas, ce qui est clair, c’est que la reprise sera un vrai signal et on ressent une attente très forte à tous les niveaux."

« Le projet du club trouve son écho dans ce groupe »

Quel regard portez-vous sur l’état actuel des clubs de Jeep Elite et de Pro B ?
"Le fait que la Ligue ait imposé une structuration des clubs professionnels va entrainer une certaine stabilité. Il y a eu un gros accompagnement et je pense que la majeure partie des clubs ont été prudents. On verra sur un plus long terme comment les recrutements ont été gérés financièrement, comment les partenariats vont pouvoir suivre également. À chaque fois, dans son discours, la LNB a réalisé un appel à la prudence, à la méfiance. Très honnêtement, je ne pense pas qu’il existe aujourd’hui en France des dirigeants « fous furieux », les clubs sont sains en France … mais personne n’est à l’abri de rien."

Le NBH affichera à la rentrée un effectif quasi inchangé, en conservant des joueurs cadres dans la division… qui ont pourtant dû être sollicités !
"La sensation d’inachevé a été extrêmement prégnante et nous sommes incroyablement heureux d’avoir eu la possibilité de garder nos joueurs. Derrière cette politique, il y a l’autre côté du miroir, celle du business dans un sport universel où le marché devient très compliqué avec la surenchère. Pouvoir garder nos gars, cela voulait dire renforcer cette identification chère au public, mais également continuer à écrire l’histoire ensemble. Le projet du club trouve son écho chez ces garçons, qui en plus d’être de grands professionnels, ont eu envie de continuer une aventure qui mérite de nouveaux chapitres…"