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Avec leurs 8 étoiles brodées fièrement autour du blason du club, les maillots nantais avaient en d’autres temps matière à impressionner n’importe quelle équipe de l'hexagone. Mais les étoiles ne sont plus*. La glorieuse époque est révolue.  Le maillot jaune de la saison 2020-201 signé Macron (ce n’est pas une blague) ne fait plus peur qu’à lui-même. Pour les jeunes supporters du FC Nantes "Le jeu à la nantaise" n’est plus qu’un mythe lointain raconté jadis au coin du feu par le grand-père supporter. Ou une boite de Pandore dont on ne trouve plus les clés. Le FC Nantes ne fait plus les gros titres. Ou seulement dans l’extra-sportif. De quoi être frustré et très fâché.

 

20 ans d’un parcours sportif erratique

20 ans ont passé. 20 ans depuis le dernier titre en 2001. 20 ans sous le régime SAOS (Société A Objet Sportif). Dont 13  (un nombre porte malheur ?) sous l’ère Kita avec un bilan des plus médiocres : un meilleur classement qui plafonne à la 7ème place (saison 2016-2017) et sur les 8 saisons passées en ligue 1, un classement moyen à la 12éme place. Sans oublier les 4+1 longues années passées en ligue 2 : la 1ére descente en 2007 et la 2de en 2009- heureusement suivies -merci Derzoum- par d’heureuses remontées. Rajoutez à cela l’absence depuis 20 ans des joueurs nantais dans l'équipe de France, une intégration chaotique des jeunes du formation et une consommation indigeste d’entraineurs. 20 en 20 ans et un petit dernier (ou plutôt un ancien - la notion d’ancienneté dans le club étant toute relative-) dont le bail ne devrait pas durer au-delà d’1 mois -l’intéressé -Patrick Collot- n’ayant pas le diplôme requis pour entrainer à ce niveau-là. Et comprenez alors le ras le bol d’un public nantais habitué à un autre niveau et à du jeu.

Un cru 2020-2021 qui avance masqué

Avec seulement 3 victoires en 15 matches, 17 buts inscrits pour 26 concédés et une série de 6 matches sans victoire, les chiffres ne parlent pour l’équipe nantaise. Une 15éme place avec seulement 1 point d’avance sur la zone rouge. Une ambiance électrique dans les vestiaires après le match contre Lille après les 6 minutes de trou noir. C’eut été contre Caen et on aurait parlé de trou normand. 6 minutes à boire une belle tasse. Avec de l’aveu du coach intérimaire « un manque de caractère, un manque de leaders et d'aboyeurs sur le terrain ». Une fébrilité certainement pas étrangère aux résultats et à la perte de confiance -jamais clamée haut et fort mais murmurée par certains joueurs-  dans le système de jeu proposé par Christian Gourcuff. Pas facile dans ce contexte pour de jeunes joueurs et pour l’équipe de gagner en confiance. Une équipe qu’il ne s’agit pourtant pas de crucifier. Et qui de toute évidence ne peut que nous proposer de meilleures choses, comme elle l’a fait de façon trop sporadique lors de certains matches. Et plus récemment contre Lille, avec sur le plan défensif 84 minutes intéressantes.

La gouvernance Kitanesque a cassé la confiance des supporters

Difficile de dire quel pourcentage de supporters du FC Nantes soutient encore le Président KITA. Mais la cassure entre le riche propriétaire polonais et les groupes de supporters ne date pas d’aujourd’hui. Depuis 2009 et la dernière relégation, la gestion de l’homme d’affaires est fortement remise en cause par une partie des supporters mais aussi par des anciens du club à l’instar de Da Rocha et Suaudeau pour ne citer qu’eux, constatant le climat de décadence du club.

Année après année, échec après échec, la confiance s’est érodée et transformée en véritable tension. Une tension qui a monté d’intensité ces derniers jours avec une semaine avant le match Nantes Lille, l’appel de la Brigade Loire à manifester. Un appel relayé -c’est dire l’exaspération - par la très active et pondérée association Activ Nantes Sport appelant ses membres à participer à un mouvement pacifique et statique pour défendre les valeurs de l’institution du FC Nantes. Des valeurs mises à mal en autre avec le projet de délocalisation du centre d’entrainement de la Jonelière, les relations difficiles avec la Ville de Nantes.

Et davantage encore avec les informations révélées par Mediapart et Mediacités au sujet du contentieux entre Waldemar Kita et le fisc français (15 millions d’euros n’auraient pas été déclarés). Des révélations à prendre avec beaucoup de prudence évidemment, le président nantais n’étant à l’heure actuelle ni mis en examen et encore moins condamné. Mais autant d’événements susceptibles de fragiliser un club considéré par les nantais comme « un patrimoine commun » et alors que le foot français traverse sa pire crise depuis des lustres avec des pertes financières importantes liées aux conséquences du COVID et à la faillite de MEDIAPRO.

De la passion : oui. De la haine et de la violence : non.

Pour autant, et si la frustration et la déception sont partagées par tous, certains comportements individuels dépassent les limites de l’acceptable. Sur les réseaux sociaux notamment, où des individus ne méritant pas le nom de supporters et ne respectant ni les valeurs du club, ni les valeurs du sport en général déversent leur haine et leur bêtise. Des messages blessants, des injures sur les joueurs mais aussi sur du personnel administratif. Et autant d'actes qui ne ramèneront pas la sérénité dans le club et encore moins autour des joueurs. Il n’y avait qu’à regarder et écouter Abdoulaye Touré hier en conférence de presse pour se rendre compte de la pression et de l'accablement du joueur. Pendant ce temps-là, la page facebook du FC Nantes était inondée de commentaires consternants. Le FC Nantes ne mérite sans doute pas cette triste gouvernance, mais elle ne mérite pas non plus ces pseudos supporters. Allez Nantes. 

* Les 8 étoiles ont disparu des maillots du FC Nantes flanqué du nouveau logo