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Abdel Sylla, heureux pionnier

Premier joueur de l’histoire des Seychelles à passer professionnel de basket, le pivot du NBH Abdel Sylla doit son début de carrière à une rencontre déterminante. La suite, il l’a construite loin de son île. Qui n’a jamais cessé de faire battre son cœur.

Le nombre d’habitants de Roubaix est de 95 000. C’est aussi la population totale des Seychelles, archipel paradisiaque proche des côtes Est de l’Afrique. À l’évocation des îles de l’Océan indien, on pense rarement à un playground, une piste d’athlétisme ou un stade. Plutôt à une plage de sable fin. Mais c’est bien là qu’a débuté la saga d’Abdel Kader Sylla, le pivot du Nantes Basket Hermine, dont les origines font rêver. « Quand je dis que suis seychellois, je sais que la première image qui vient en tête, pour mon interlocuteur, c’est celle-là. C’est la destination ultime des lunes de miel… (Sourire) Ce n’est pas le premier endroit auquel on pense pour dénicher de nouveaux talents sportifs. »

Le sport professionnel reste une utopie aux Seychelles, au grand regret d’Abdel. C’est aussi la raison pour laquelle il a endossé – avec fierté, cela va de soi – un rôle d’ambassadeur de son pays en Europe. À chaque retour sur sa terre natale, il s’emploie à faire ce qu’il peut, à son niveau, pour développer et promouvoir la pratique sportive. Il mène des actions pour mettre en avant la formation. Certains jeunes Seychellois rêvent de s’épanouir de la même façon que lui et il considère que son rôle, c’est aussi de les aider à suivre la même voie, s’ils le peuvent.

« C’est vrai qu’à terme, j’aimerais aider à structurer le sport aux Seychelles. De nombreux jeunes ont les qualités pour s’exprimer au haut niveau. Il faut leur donner un coup de pouce. Aujourd’hui, nous sommes deux Seychellois à nous produire en France : Rodney Ken-Ah-Kong, le volleyeur de Nice, et moi. Chez nous, tout reste à un niveau amateur. Il y a de vrais potentiels mais on n’imagine pas qu’ils puissent progresser et évoluer parmi les meilleurs. Il y a un message à faire passer auprès d’eux et de leurs familles, avant même d’aborder le volet formation. »

Quand on lui demande s’il a une idée de ce qu’aurait été sa vie sans le basket professionnel, le pivot de 30 ans sourit. Et replonge 15 ans en arrière. « Laborantin, je pense. Du moins, je me dirigeais vers ce genre d’études. Mais au fond de moi, j’ai toujours cru que je pourrais devenir basket professionnel. C’était mon envie et mon souhait premier. » Son tempérament de battant et ses qualités évidentes, balle en main, auraient pu rester en sourdine, dans son club d’origine comme avec la sélection nationale des Seychelles, dont son frère Amadou porte également le maillot. Mais par chance, il avait tapé dans l’œil d’un membre de la FFBB alors CTR (conseiller technique régional) à La Réunion, lors des Jeux des îles de l’Océan indien en 2007.

« Honnêtement, je ne sais même pas s’il m’avait vu jouer en match… Apparemment, il m’a repéré à l’échauffement, s’amuse Abdel Sylla en évoquant cette première prise de contact avec Daniel Martinou. Nancy recherchait un grand gabarit pour compléter son équipe, avec un profil centre de formation. Il faut croire que je répondais aux critères. »

 

Ses parents ne voulaient pas qu’il parte

Quelques mois après, les 2,05 m du jeune de 17 ans étaient dans l’avion, direction la Lorraine. Après moult discussions avec ses parents. « Quand je suis rentré à la maison pour leur dire que je voulais partir en France, la réponse a été simple. C’était non !, lance-t-il dans un grand éclat de rire. Pour mes parents, c’était une hérésie de vouloir faire du basket une activité professionnelle. Ce n’était pas un vrai métier. Et je les comprends car ce n’est pas quelque chose que l’on a intégré dans notre pays. Chez nous, le sport reste un loisir, même si on est doué. Mon père a été le premier à valider le projet. Je crois que ma mère ne voulait pas voir partir son fils, le petit dernier… »

C’est une arrivée épique qu’a vécue au mois de novembre 2007 un garçon habitué à une météo tropicale toute l’année. Il est passé de 34° à 2 ! « S’il y a une chose à retenir de mes premiers moments en France, c’est le froid. Je n’avais pas de parka, il faisait gris… Je suis retourné aux Seychelles durant la trêve de Noël et je ne voulais plus repartir ! (Rires) Mon père m’a pris entre quatre yeux et m’a fait comprendre que lorsqu’on se lance dans un projet, on va jusqu’au bout. »

Aujourd’hui, il ne regrette évidemment pas d’avoir écouté ce précieux conseil. Les quatorze dernières années lui ont permis de vivre des moments intenses. Il y a eu, notamment, une année 2011 plein soleil avec le SLUC Nancy (vainqueur et MVP du Trophée du Futur en Espoirs, champion de France de Pro A). Et puis les campagnes d’Euroleague. Abdel Sylla a goûté à l’excellence made in France et il espère connaître autant d’émotions avec le Nantes Basket Hermine, où il est arrivé en 2019. « J’ai évolué au sein de grosses structures et franchement, il y a tout ce qu’il faut, ici à Nantes, pour connaître la même destinée. Le club est vraiment solide, bien structuré. À nous de faire le boulot sur le terrain. Si on veut se détacher, ce mois d’avril va être déterminant. »

Avec un calendrier terriblement exigeant (voir par ailleurs), le NBH devra pouvoir compter sur toutes ses forces. Et dans la peinture, Abdel Sylla est là pour faire entendre sa voix.

 

Abdel Sylla en bref

Né le 10 avril 1990 à Mahé (Seychelles)
Taille : 2,05 m
Poids : 114 kg
Poste : Pivot
Au club depuis 2019

Un calendrier musclé pour la Pro B

En raison de la crise liée à la Covid-19, le terme de la saison régulière est fixé au 15 juin 2021. Ainsi en a décidé l’assemblée générale de la LNB. Et trouver des dates pour caser toutes les rencontres en retard est un véritable casse-tête… Le calendrier est malgré tout arrêté pour les journées jusqu’au 7 mai. Le Nantes Basket Hermine et ses 17 rivaux de Pro B termineront l’exercice 2020-21 sans playoffs et très vraisemblablement à huis clos, sauf ralentissement extrême de la pandémie d’ici la mi-juin. À la fin de la saison régulière, les deux premiers du championnat monteront en Jeep Élite. Les deux derniers prendront l’ascenseur pour la Nationale 1.
Si d’aventure, la campagne 2020-21 n’allait pas à son terme, la LNB devrait statuer et privilégier un modèle garantissant l’équité sportive tout en préservant la santé économique des clubs. Elle pourrait alors s’appuyer sur les règles énoncées par sa « commission ranking ». La LNB a retenu plusieurs principes. Le classement serait établi en s’appuyant à 90 % sur des critères sportifs et à 10 % sur le label décerné par la Ligue.
Le club de Loire-Atlantique (9e) pointe à l’heure actuelle à la 9e place de ce ranking Pro B alors que les Skarks d’Antibes (17es) figurent en pole position. Les résultats sportifs seront calculés en fonction des performances des quatre dernières années (points attribués de manière dégressive en championnat, playoffs, Leaders Cup et Coupe de France). L’année en cours sera prise en compte.